Mauroy de, Albert, Louis, Félix, Eugène
Biographie
Né (sous le nom de De Mauroy d’Ablaton) le 21 décembre 1787 à la paroisse Saint-Jacques à Valenciennes (Nord), fils de De Mauroy Dublaton, Claude, France, receveur principal des domaines et bois, et de Basset de Cestra, Isabelle, Marie, Sabine, Jacqueline, son épouse. Lieutenant en second au 5e bataillon des sapeurs le 11 février 1814, lieutenant en second au 1er régiment du génie le 21 août 1814, nommé à l’état-major du génie le 10 mai 1815, nommé au commandement du dépôt des sapeurs du département du Nord, devenu compagnie provisoire de sapeurs de Lille le 11 octobre 1815, au régiment du génie le 1er octobre 1816, admis au traitement de réforme le 1er août 1818. Officier retraité des sapeurs-mineurs du génie. Selon une note rédigée par son corps, Mauroy était un « officier très brave » et fut fait chevalier de la Légion d’honneur du fait de « sa conduite à Soissons […] et par une cruelle blessure qu’il a reçue à cet endroit ». Les circonstances de son attribution de la Légion d’honneur étaient ainsi officiellement rapportées : « A la dernière défense de Soissons, en mars et avril 1814, où deux mille Français, dans une place presque ouverte, forcèrent trente-cinq mille Prussiens, commandés par le général en chef Balow, à lever le siège. Après neuf jours de tranchée ouverte et un mois de blocus, l’ennemi parvint jusqu’au pied du bastion Saint-Jean, se disposant à la faire sauter. Le lieutenant de Mauroy, chargé de faire un retranchement intérieur, travailla à découvert pendant six heures, sous le feu croisé de trois batteries et d’une vive fusillade. Il fut renversé d’une balle, qui lui traversa le bas-ventre et lui fracassa la hanche. Les chefs rendirent compte directement au ministre de la Guerre de sa conduite et demandèrent pour lui la décoration de la Légion d’honneur pour récompense de cette action d’éclat. » Il fut nommé chevalier le 11 avril (1814 ou 1815 ?). Le 19 avril 1815, au moment de l’invasion de la France par les Alliés, il adressa la lettre suivante au ministre de la Guerre : « Je viens de recevoir l’avis de me rendre aux eaux de Bourbonne-les-Bains, pour me guérir du coup de feu que j’ai reçu au travers du corps, sur le haut de la brèche à la dernière défense de Soissons en 1814. Je ne puis, prince, accepter cette offre. Le moment est venu où tout Français qui a du cœur doit vaincre ou mourir et c’est sur le champ de bataille et dans le sang des ennemis de la France que je veux me baigner. Je vous prie, prince, de m’attacher à la nouvelle défense de Soissons, je serai glorieux d’y être blessé, encore (plus) d’y vaincre ou de m’ensevelir avec les ruines de ses murailles. » Il semble n’avoir été inscrit sur les rôles de la Légion d’honneur que le 23 avril 1821. Un article du Constitutionnel, en date du 8 octobre 1826, et le concernant, était ainsi rédigé : « M. de Mauroy, officier de sapeurs du génie en retraite, membre de la Légion d’honneur, vient de recevoir la médaille d’honneur, qui lui a été décernée par la Société d’assurance mutuelle contre l’incendie, pour le dévouement qu’il a montré lors d’un incendie qui a éclaté à Bauregard près Thionville. M. de Mauroy est le même officier qui s’est précipité à Pont-à-Mousson, dans l’endroit le plus profond de la Moselle et a sauvé la vie au sieur Gury, de Pont-à-Mousson, qui était sur le point d’être englouti sous les arches du pont. » Un autre article du Constitutionnel, en date du 1er janvier 1828, le concernant toujours, rapportait à son sujet : « Une seconde médaille, prix de deux belles actions, vient d’être décernée au nom du roi par S.E. le ministre de l’Intérieur à M. de Mauroy, officier du génie en retraite, membre de la Légion d’honneur. Cette médaille lui a été remise avec solennité par M. le maire du (ancien) IIIe arrondissement, délégué à cet effet par M. le préfet de la Seine. M. de Mauroy, dont nous avons déjà eu l’occasion de signaler le courage est l’officier qui, le 29 septembre dernier, s’est offert à une mort presque certaine, en cherchant à secourir cinq personnes tombées en asphyxie dans une cave rue des Bons-Enfants, n° 4. » On trouve dans Procès des ministres de Charles X, nouvelle édition, Paris, chez Lequien fils libraire, 1831, le récit qu’il fit de sa participation aux combats de Juillet, pour le premier jour : « – Savez-vous quand et comment a commencé le combat entre la troupe et les citoyens, dans la journée du mardi 27 juillet ? – R. Le mardi, vers 2 heures et demie ou 3 heures, un détachement de gendarmerie à cheval a débouché par la rue de Chartres, sur la place du Palais-Royal, sabrant tous les citoyens sur son passage. Quelque temps après cette charge, les gendarmes furent assaillis à coups de pierres par le peuple réuni sur la place : j’étais alors près du café de la Régence. La place fut bientôt évacuée : elle resta occupée par deux détachements du 3e régiment de la garde royale, ceux qui composaient le poste du Palais-Royal. En avant des lignes, vers la rue de Valois, se trouvaient deux ou trois soldats et un sergent que ses favoris et ses cheveux roux rendaient assez remarquable. Il couchait sans cesse en joue les personnes qui s’étaient abritées dans les allées ou dans les coins formés par les maisons de la rue Saint-Honoré, du côté de la rue du Coq. Ce sergent finit par lâcher son coup de fusil, sans aucune provocation ; son exemple fut aussitôt imité par les soldats qui étaient à côté de lui ; et immédiatement la troupe se mit en mouvement et fit plusieurs décharges, tant dans la rue de Valois, que dans la rue Croix-des-Petits-Champs. Il paraît certain que plusieurs personnes, parmi lesquelles une femme, ont été tuées. Indigné du spectacle auquel je venais d’assister, j’allai me mettre à la tête de quarante ouvriers imprimeurs, du côté de la rue du Rempart-Saint-Honoré. Armés de pierres, nous attendîmes de pied ferme un détachement de lanciers qui s’avançait par la rue de Rohan : à deux reprises différentes, nous l’assaillîmes à coups de pierres. Un coup de pistolet fut tiré sur moi par l’un de ces lanciers qui s’était détaché de la troupe, et m’avait poursuivi jusque près l’hôtel de la Louisiane. Voilà les faits dont j’ai été témoin le mardi. Je rentrai chez moi afin de faire mes dispositions pour le lendemain. J’ajouterai cependant qu’au moment où la garde royale s’ébranla pour aller exécuter les feux dont je viens de parler, deux pelotons du 5e régiment de ligne débouchèrent sur la place du Palais-Royal. Suivi de plusieurs ouvriers imprimeurs, je me portai sur le front de cette troupe; et, m’adressant à plusieurs officiers et sous-officiers, je les exhortai à ne point tirer sur leurs concitoyens. Plusieurs d’entre eux nous embrassèrent, en protestant qu’ils ne tireraient point : et effectivement aucune démonstration hostile ne fut faite par ces deux pelotons, du moins pendant que je restai sur les lieux. Je n’ai vu ni commissaire de police, ni officier de paix; et aucune sommation légale ni autre n’a été faite, du moins à ma connaissance. » En septembre 1830, il sollicita la croix d’officier de la Légion d’honneur et un grade, mais, ajoutait-il en s’adressant au fils de Lafayette : « La plus grande des récompenses, je l’ai déjà reçue : votre père a daigné me serrer dans ses bras. » Il joignait à sa demande une pièce ainsi rédigée : « Rapport à M. le général en chef Lafayette sur de Mauroy et ses fils. Parmi les intrépides citoyens qui, les premiers, par leur courage héroïque et soutenu, ont fait triompher la cause sacrée de la liberté dans les glorieuses journées des 27, 28 et 29 juillet et ont, les premiers, repoussé une injuste agression et pris les armes contre les lanciers et l’infanterie de l’ex-garde royale, le mardi à 4 heures, nous citerons avec orgueil et nous signalons à la reconnaissance nationale M. de Mauroy, officier de sapeurs du génie, membre de la Légion d’honneur, habitant la rue Saint-Honoré près Saint-Roch, connu par une foule d’actions courageuses et décoré de plusieurs médailles d’honneur, où le burin a inscrit son intrépidité. Nous avons vu cet officier, à la tête d’une poignée de braves, attaquer, le 27 dans l’après-midi, un fort détachement de lanciers qui chargeaient des citoyens dans la rue Saint-Honoré, les attendre de pied ferme, au coin de la rue de Richelieu, les assaillir à coups de briques, n’ayant point d’autres armes. Nous l’avons vu, avec un plaisir mêlé d’effroi, après avoir affronté une mort glorieuse, poursuivre ce même détachement de lanciers, à la tête d’une trentaine d’ouvriers, aux cris de Vive la charte vive la liberté ! Nous avons vu M. de Mauroy construire avec ses compagnons de gloire une première barricade vis-à-vis la rue des Pyramides et prendre sous le feu de la garde royale tout ce qui se trouvait sous sa main pour la former, aidé de ces deux fils, âgés de onze et quatorze ans. Nous l’avons vu en faire construire une deuxième puis une troisième en avant de la première, sous les yeux et le feu de l’ex-garde. Le 29, à 1 heure et demie, nous avons revu M. de Mauroy dans la rue Saint-Honoré, vis-à-vis nos propriétés, et la rue Saint-Nicaise, combattre, habit bas, avec un fusil à deux coups, sous une grêle de balles, et tirant avec un sang-froid admirable contre les trois maisons occupées par le 6e d’infanterie de la garde, chez le chapelier particulièrement. Il a fortement contribué à la prise de la pièce rue de Rohan, en encourageant par son exemple une cinquantaine de citoyens dont beaucoup ont trouvé une mort glorieuse sous nos yeux. M. de Mauroy a continué à se battre, malgré une blessure à la bouche et à faire un feu aussi vif que bien dirigé jusqu’à 3 heures et demie, où il est entré d’assaut dans la maison du chapelier, où étaient retranché un fort détachement du 6e de la garde. Les faits suivants nous ont été rapportés et confirmés par des personnes dignes de foi, qui se sont trouvées le mercredi et le jeudi avec M. de Mauroy à la prise du Louvre et des Tuileries. Le mercredi 28 juillet, M. de Mauroy s’est battu toute la journée, placé en tirailleur entre le Pont-Neuf et le pont des Arts, a fait un feu continuel sur plusieurs régiments qui se trouvaient échelonnés depuis le Louvre jusqu’à la place de Grève. A 2 heures, M. de Mauroy s’est avancé seul de la rue Dauphine sur une compagnie du centre du 15e léger qui barrait le commencement du Pont-Neuf, commandée par un vieux capitaine, et a, par sa fermeté, se trouvant entre les deux détachements de la garde nationale et de la ligne, empêché le sang de couler, cette compagnie n’ayant point tiré sur une douzaine de braves débouchant de la rue Dauphine, ayant à leur tête un officier en retraite. M. de Mauroy s’est battu avec acharnement sur la place de Grève et dans toutes les petites rues qui l’avoisinent, pendant tout l’après-dîner, s’est toujours trouvé à la tête des tirailleurs autour de la place de Grève, principalement dans la rue du Mouton. Jeudi, à la tête d’une quarantaine de citoyens tous dévoués à la mort, il s’est battu sur la place Saint-Germain-l’Auxerrois, vis-à-vis le Louvre, à côté du brave Godey, a fait un feu roulant sur les Suisses, a contribué à la prise d’assaut du Louvre, sur lequel il a marché au cri de la liberté ou la mort, s’est battu ensuite la place du Carrousel avec ses glorieux compagnons de gloire, et est entré avec eux dans les Tuileries, prises d’assaut, en passant par une fenêtre du pavillon Marsan. Le jeune de Mauroy, âgé de 14 ans, soldat en naissant, enfant de troupe dans les sapeurs mineurs, a combattu avec un courage et un sang-froid sans exemple, a reçu une forte contusion à la cuisse droite, et sa capote percée de trois balles. Cet héroïque enfant, bravant tous les dangers, excitait par son intrépidité l’admiration des braves défenseurs de nos droits et de la liberté. Le plus jeune des fils de M. de Mauroy, âgé de treize ans, a travaillé à la construction des barricades dans la rue Saint-Honoré et, à plusieurs reprises, a porté à son père des cartouches, sous le feu du 6e de l’ex-garde. Sa mère et ses sœurs ont travaillé à la construction des barricades dans l’après-dîner du jeudi et passaient les nuits depuis le 27 à faire des doubles cartouches pour son mari et son fils. M. de Mauroy, neveu du général Ferrand, qui a défendu Valenciennes en 93, est le parent du général Reubell ; ce jeune officier, victime depuis douze ans du plus affreux despotisme est digne par ses opinions toutes françaises, de la reconnaissance nationale. M. de Mauroy a arboré le drapeau tricolore à sa fenêtre, le 29 au matin à la pointe du jour, sous les yeux de l’ex-garde royale. » Signé : Godey (voir Godey, Jean-Baptiste), « l’un des combattants à la prise du Louvre », demeurant 1, rue de Chartres ; Chatelain, demeurant 7, rue Saint-Louis-Saint-Honoré ; Potard (voir ce nom), pharmacien, demeurant 6, rue Saint-Louis-Saint-Honoré (voir ce nom ?) ; Chapelain, serrurier et propriétaire, demeurant 265, rue Saint-Honoré ; Tamborin, demeurant 8, rue Saint-Louis-Saint-Honoré ; Piochette, négociant, demeurant 110, rue Saint-Honoré ; Rouillard, Firmin, propriétaire, demeurant 8, rue Saint-Louis-Saint-Honoré ; Leroy, demeurant 6, rue Saint-Louis-Saint-Honoré ; Bailly, demeurant 110, rue Saint-Honoré ; Firmin, demeurant 110, rue Saint-Honoré ; Carobasse, demeurant 110, rue Saint-Honoré ; Lefevre, demeurant 110, rue Saint-Honoré ; Chambronier, demeurant 10, rue Saint-Louis-Saint-Honoré ; Dubuisson, demeurant 6, rue Saint-Louis-Saint-Honoré ; Gourlade, demeurant 275, rue Saint-Honoré ; Piochette, demeurant 275, rue Saint-Honoré ; Faiselle, demeurant 275, rue Saint-Honoré ; Dauval, demeurant 275, rue Saint-Honoré ; Colong (voir Colion ?), serrurier, demeurant passage des Quinze-Vingts ; Macé, Narcisse, demeurant 8, rue Saint-Louis-Saint-Honoré ; Ballatond, demeurant 8, rue Saint-Louis-Saint-Honoré ; Dubuisson fils, demeurant 6, rue Saint-Honoré. Suivaient plusieurs mentions. La première était ainsi rédigée : « Nous, soussignés, combattants à la prise des Tuileries le 29 juillet, certifions avoir remarqué M. de Mauroy, officier de sapeurs du génie, retraité, se battant avec un sang-froid et une intrépidité au-dessus de tout éloge et cherchant à forcer les grilles de la place du Carrousel. Nous l’avons vu ensuite pénétrer dans les appartements du pavillon Marsan, en entrant par une fenêtre dudit pavillon et poursuivant les Suisses jusque dans le jardin des Tuileries. » Signé : Ménage (voir Ménage, Antoine, Pierre), négociant, demeurant 6, rue Marie-Stuart ; Bacheville (voir Bacheville, Barthélemy), capitaine de la Garde impériale ; chevalier Aignelot (voir Aignelot, Jean-Baptiste), chevalier de la Légion d’honneur, chef de bataillon ; Rouillard, Firmin, propriétaire, demeurant 8, rue Saint-Louis-Saint-Honoré ; Reboute, propriétaire, demeurant 10, rue Saint-Louis-Saint-Honoré ; Martel, demeurant 10, rue Saint-Louis-Saint-Honoré. La deuxième : « Je, soussigné, certifie et atteste avoir vu M. de Mauroy, officier de sapeurs du génie, sur la place du Carrousel, cherchant à briser la porte de la grille qui est vis-à-vis le pavillon Marsan, au moment où il venait de recevoir un coup de feu à la figure. Je l’ai vu pénétrer, les armes à la main, dans les appartements dudit pavillon Marsan, où je me suis trouvé avec lui. » Signé : Gavoy, professeur de belles lettres, demeurant 13, rue Neuve-de-Berry. Le troisième : « Nous, soussignés, déclarons avoir vu M. de Mauroy, officier de sapeurs du génie, sur la place de Grève, le 28, se battant avec acharnement au milieu de la mitraille et d’une grêle de balles et criant la liberté ou la mort ! » Signé : Werk ; Mvuk. La quatrième : « Je, soussigné maréchal de camp, certifie que j’ai vu, « Je, soussigné, certifie que j’ai vu M. de Mauroy, officier de sapeurs du génie, dans la rue Saint-Honoré, vis-à-vis la rue de Rohan, jeudi 29, entre 2 et 3 heures, se battant, habit bas, avec tout le courage dont il a fait preuve depuis sa jeunesse ; et je l’ai d’autant plus remarqué que M. de Mauroy est mon parent et que son dévouement à Philippe Ier m’est connu depuis de longues années. » Signé, le 5 août 1830, Reubell, J. La cinquième : « Il est à la connaissance de M. le colonel de cuirassiers Perrot et de plusieurs voisins que M. de Mauroy, dans la soirée du 28, placé près du pont des Arts et de l’Institut de France, faisant face au Louvre, tira plus d’une heure sur les Suisses qui se trouvaient sur les quais en face, près et dans le jardin de l’Infante, et tirant avec une justesse admirable porta la mort dans l’ex-garde royale et tua et blessa plus de trente militaires de tout grade. La sixième : « Nous, soussignés, directeurs et employés des Messageries générales de France, certifions que M. de Mauroy, officier des sapeurs du génie, en retraite, allant monter en diligence le mardi 3 août pour aller arborer le drapeau tricolore à Valenciennes, entendant battre la générale, a refusé de partir et s’est mis sur-le-champ à la tête d’un détachement qui partait pour Rambouillet afin d’activer le départ de Charles X. M. de Mauroy n’est parti que le lendemain à son retour de Rambouillet. » Signé, le 3 août 1830 : Artaud, directeur-comptable au bureau n° 3 des Messageries. La septième : « […] M. de Mauroy, le 4, à son retour de Rambouillet partit pour Valenciennes pour y arborer le drapeau tricolore. Il le fit arborer le long de la route. Arrivé à Valenciennes, il fut le premier citoyen qui l’arbora à sa fenêtre. Il s’élança ensuite sur la porte de la caserne d’infanterie occupée par le 25e de ligne et planta ce noble étendard sur la poutre qui couronne l’édifice, aux acclamations des militaires de ce brave régiment et des nombreux habitants. Il porta dans tous les cœurs l’enthousiasme dont il était pénétré et fit jurer sur le drapeau qu’il tenait à la main les militaires de garde de vivre et de mourir fidèles au duc d’Orléans, notre glorieux souverain. M. de Mauroy, à son retour à Paris, distribua tout son argent, même la dernière médaille qui lui avait été décernée par l’ancien gouvernement pour belles actions aux généreuses victimes du plus noble dévouement à la cause sacrée de la patrie. D’après les rapports parvenus à l’état-major général, il est constant que M. de Mauroy a montré, pendant les événements, un patriotisme et un dévouement sans borne. » Signé : le colonel d’état-major Feisthamel, apostillé par Lafayette, Casimir Perier et Laffitte. La huitième : « A la nouvelle des premiers coups de fusil tirés à Bruxelles pour la cause sacrée de la liberté, M. de Mauroy se mit à la tête d’un fort détachement de volontaires et prit la route de Bruxelles, accompagné de son jeune fils âgé de quatorze ans, enfant de troupe de sapeurs à peine guéri de sa blessure, arriva en Belgique à marche forcée, assista au bombardement et à la prise d’Anvers avec son fils, traversa l’Escaut à la nage, tout habillé l’épée au côté pour attaquer les Hollandais. » A la souscription ouverte dans les bureaux du Constitutionnel, en faveur des blessés, Mauroy offrit sa médaille qui lui avait été décernée pour belles actions, pour être fondue et le produit versé au profit des blessés. Le Constitutionnel, en date du 29 septembre 1830, publiait la lettre suivante que de Mauroy lui avait fait parvenir : « Au rédacteur du Constitutionnel.
”Monsieur,
”J’ai lu avec un sentiment pénible la lettre du comte de Kergolay ; l’appel qu’il fait à la révolte, et ses vœux pour un changement de dynastie seront repoussés avec indignation… Que M. le comte sache que je suis un des premiers Français qui ait proclamé le duc d’Orléans, en entrant dans les Tuileries les armes à la main, et surtout qu’il sache que nous sommes douze cents à Paris qui se sont engagés par un serment solennel à périr jusqu’au dernier plutôt que de voir, pour la quatrième fois, le sol de notre belle France souillé par la présence de Charles X le parjure, et autre prétendu prétendant à la couronne. Que M. le comte de Kergolay apprenne également que ce noble étendard aux couleurs nationales, que d’Orléans a porté, et auquel son sang se mêlerait encore, conduirait nos pas au champ d’honneur, dans le cas d’une injuste agression, et nous verrait mourir pour sa défense.
”J’ai l’honneur d’être, etc.
”de Mauroy, officier des sapeurs du génie, retraité, membre de la Légion d’honneur, 7, rue des Fossés-Montmartre.
”Paris, 28 septembre.
M. de Mauroy va partir, avec un bon nombre de camarades, pour offrir ses services aux Belges. »
Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IIe arrondissement. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IIe arrondissement. Il signa la requête de Godey, Jean-Baptiste, dans laquelle ce dernier sollicitait la décoration de la Légion d’honneur ou un emploi, en récompense de sa participation aux combats de juillet. Il y attestait que Godey, Jean-Baptiste avait combattu à ses côtés à la prise du Louvre avec le plus grand courage, et y était entré un des premiers. En 1831, lieutenant à la 10e compagnie sédentaire, alors éloigné de Paris, il demanda l’envoi de la décoration qu’il avait reçue. Le 12 février 1832, il adressait la lettre suivante, sans doute au général Athalin, aide de camp du roi : « Ma conduite et celle de mes deux fils dans les journées de Juillet, mon dévouement au roi, ma qualité d’ancien officier dans le corps glorieux auquel vous appartenez et mes longues infortunes me donnent l’espoir que vous daignerez accueillir avec bonté la demande ci-jointe et la prière de la remettre au roi lui-même, qui peul peut mettre un terme à la position affreuse dans laquelle je me trouve et que partagent ma femme et quatre jeunes enfants, dont vous serez le généreux bienfaiteur, en les honorant ainsi que moi, de votre puissante recommandation. » Il mourut le 12 janvier 1844. Il demeurait à Metz (Moselle) et 50, rue Saint-Antoine à Paris en 1821 ; 34, rue de la Sourdière en 1830-1831 ; 13, rue Neuve-Saint-Roch en 1831 ; à Carentan (Manche) en 1832. Procès des ministres de Charles X, nouvelle édition, Paris, chez Lequien fils libraire, 1831, p. 48 ; Requête présentée à MM. les membres de la Commission des récompenses nationales, à Paris, le 22 novembre 1831, Godey, Lyon, imprimerie de Boursy ; Le Constitutionnel, 29 septembre 1830 ; Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Archives de Paris VD6 173 n° 1 ; Archives de Paris VK3 45 in dossier Godey, Jean-Baptiste ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) IIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/66 in dossier Demauroy ; Archives nationales AB XIX 15 papiers des Tuileries (trouvés lors de l’envahissement du palais par le peuple en février 1848, N.D.A.), décorés de juillet 1830, citoyens qui ont pris part aux événements de 1830 ; base leonore de la Légion d’honneur, dossier LH/1804/12