Mauviel, François, Aimé
Biographie
Né le 16 prairial an XII à Brest (Finistère), fils de Mauviel, Martin, Marie, commis de marine, fait prisonnier par les Anglais à Flissingue, le 12 septembre 1809, décédé prisonnier en Angleterre, et de Marchal, Josèphe, Adélaïde, (elle-même fille de Marchal, Jean-Baptiste et de Ronsanton, Marie, Joseph, Adélaïde, son épouse), décédée le 21 novembre 1819 à Trozon (Finistère). Gainier-garnisseur, il travaillait chez Obré, 25, rue Saint-Jacques-de-la-Boucherie, près la place du Châtelet. Le 28 juillet, il sortit de chez son employeur, armé d’un sabre, pour aller combattre. Vers 17 heures, il combattait sur la place de l’hôtel de ville au coin de la rue du Mouton aux côtés de son ami Bouchey, quand une charge des Suisses les obligèrent à se retirer. Dans leur retraite, vers le milieu de la rue du Mouton, il fut atteint d’une balle reçue dans le côté droit et tomba mort sur le sol. Bouchey eut à peine le temps de ramasser la casquette de Mauviel, qui avait été transpercée par une balle, et continua sa fuite. Le dossier d’examen des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIIe arrondissement. Le 20 avril 1831, devant le juge de paix du (ancien) XIIe arrondissement, comparurent : Obré, Jean-Marie, né vers 1806, gainier-garnisseur, demeurant 25, rue Saint-Jacques-de-la-Boucherie ; Lucas, François, Constant, né vers 1803, gainier-garnisseur, demeurant 27, rue Phelippeaux ; Grognet, Jean-Louis, ouvrier cordonnier, demeurant 43, rue Copeau ; Thiellaut, Louis, Adrien, né vers 1811, ouvrier gainier, demeurant 6, rue du Foin-Saint-Jacques. Ils attestèrent avoir parfaitement connu Mauviel, François, Aimé et « avoir entendu dire qu’il avait combattu dans les journées de Juillet et qu’il y avait succombé ; que depuis ces journées ils ne l’ont pas vu reparaître soit dans les ateliers où il travaillait habituellement soit à son domicile ». Le 13 août 1830, devant le commissaire de police du quartier du Jardin-du-Roi, comparut Bouhey, Pierre, Célestin (voir ce nom), garçon boulanger, demeurant 11, rue des Mauvais-Garçons, quartier de la Monnaie. Il déclara que « le 28 juillet 1830 vers 5 heures ou 5 heures et demie du soir, combattant sur la place de l’Hôtel de ville, au coin de la rue du Mouton, à côté du nommé François, Aimé Mauviel, plus connu sous le nom de François, ouvrier gainier, son ami, avec lequel il avait quitté le matin la place de l’Ecole-de-Médecine, une charge fut exécutée par les soldats suisses ; que le déclarant fut obligé de se retirer ainsi que Mauviel ; que dans la retraite, vers le milieu de la rue du Mouton, ce dernier fut atteint par une balle dans le côté droit et tomba sur le côté gauche ; qu’il ne fit aucun mouvement ; que le comparant ramassa à côté de Mauviel sa casquette qui avait été atteinte par une balle ; qu’il fut alors obligé d’abandonner ledit Mauviel ». Comparut ensuite Douchet, Joseph (voir ce nom), ouvrier cordonnier, né vers 1804, demeurant 16, rue du Four-Saint-Germain. Il déclara que « le mercredi 28 juillet 1830, il quitta, le matin, la place de l’Ecole-de-Médecine avec le nommé François, Aimé Mauviel, ouvrier gainier, le nommé Bouhey et le nommé Legris, beau-frère de ce dernier, pour se rendre sur la place de l’Hôtel de ville, où ils combattirent les soldats suisses. Se trouvant au coin de la rue du Mouton, une charge fut exécutée par ces militaires ; que le comparant et ses camarades furent contraints de se retirer mais que vers le milieu de la rue du Mouton Mauviel tomba, paraissant blessé ; qu’il l’aperçut étendu sur le côté gauche, ne faisant aucun mouvement mais qu’il ignore absolument à quel endroit du corps il a été atteint par la balle ; qu’étant obligé de continuer de se retirer il ignore ce qu’est devenu alors ledit Mauviel ». Mauviel demeurait avec sa grand-mère, Ronsanton, Marie, Joseph, Adélaïde, veuve Marchal, née le 23 juin 1766 à Brest (elle-même fille de Ronsanton, André, perruquier, et de Bolleville, Marie, Joseph), demeurant 43, rue Copeau. Le 24 août 1831, devant le maire du (ancien) XIIe arrondissement, comparurent : Lebas, Claude, Nicolas, agent comptable du bureau de charité du (ancien) XIIe arrondissement, demeurant 96, rue de la Harpe ; Friou, Nicolas, Marie, employé de l’administration des hospices, demeurant 32, rue des Fossés-Saint-Victor. Ils attestèrent que Mauviel, François, Aimé « disparu de chez lui le 28 juillet et présumé tué à l’attaque de l’Hôtel de ville, où il a été vu armé par plusieurs camarades, était le seul et unique soutien de dame Adélaïde Rousanton, veuve Marchal, son aïeule maternelle, âgée de soixante-cinq ans ». Elle reçut un secours de quinze francs, le 25 février 1831, un secours de vingt francs, le 31 mai 1831, à la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Elle fut pensionnée (où est-elle sur les journaux ?) et il lui fut accordée par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Un jugement, en date du 9 septembre 1831, confirma son décès, après qu’un précédent, en date du 1er juillet 1831, eut refusé de le faire. Dans le dossier apparaît aussi la trace d’un mariage d’une demoiselle Mauviel avec Thiellard, prononcé le 18 novembre 1826 à la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Le nom de Mauviel (F.-A. Mauviel) est inscrit sur la colonne de Juillet, place de la Bastille, et sur les tables du Panthéon. Il demeurait 43, rue Copeau, chez sa grand-mère ; sa grand-mère, toujours 43, rue Copeau en 1831. Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du XIIe arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 111 ; Archives de Paris VD6 623 n° 8, (ancien) XIIe arrondissement, liste des personnes tuées dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, ou mortes par suite de blessures reçues dans lesdites journées (sous le nom de Marchal, François) ; Archives de Paris VK3 22, relevé des quittances remises à M. le pair de France, préfet de la Seine, par M. Delestre, délégué de la Commission des récompenses nationales, à l’appui des paiements faits aux blessés de Juillet, veuves et orphelins, depuis le 2 février 1831 jusqu’au 31 mai inclusivement ; Archives de Paris VK3 36, liste de veuves, d’orphelins, d’ascendants de citoyens tués en juillet 1830 (ancien) XIIe arrondissement (une liste de morts de cet arrondissement) ; Archives nationales F/1dIII/33 Commission des récompenses nationales, deuxième état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet avec indication du champ de bataille où ils ont été frappés (201 citoyens) (ancien XIIe arrondissement) ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, (ancien) XIIe arrondissement, état des sommes payées aux ascendants pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) XIIe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 ; Archives nationales F/1dIII/38 B, Commission des récompenses nationales, Ascendants des citoyens tués dans les journées de Juillet (29 ascendants) ; Archives nationales F/1dIII/46 in dossier Bourdy; Archives nationales F/1dIII/53 in dossier Desportes, Léon, Sever; Archives nationales F/1dIII/66 ; Archives nationales F/1dIII/82, état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet, aussi liste des victimes de Juillet 1830, colonne de Juillet et aussi liste générale des citoyens morts dans les journées de juillet 1830, en combattant pour les libertés publiques et dont les noms sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet et aussi Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) XIIe arrondissement, ascendants ; Bulletin des lois, IXe série, tome 21, n° 746, Paris, imprimerie royale, février 1841, p. 83, liste générale des citoyens morts ou blessés mortellement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, en combattant pour la défense des lois et des libertés publiques, les noms de ces citoyens sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (et aussi Archives de Paris D1K1 138, qui contient les mêmes informations puisqu’il s’agit de ce même numéro du Bulletin des lois) ; Colonne de Juillet, liste officielle et par ordre alphabétique des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de juillet 1830, Paris, chez Vve Demoraine et Boucquin, 1841.