Mavel, Jean

Biographie


Né vers 1786 à Novacelles (Puy-de-Dôme). Géomètre. Il eut les cinq doigts de la main écrasés, le 29 juillet pendant l’attaque du Louvre. « Privé de sa place de géomètre par suite d’une longue et pénible maladie », sans emploi, sans argent, il sollicita une place de garde-chasse dans les forêts de la Couronne et un secours immédiat. Le député du Puy-de-Dôme, Favart de Langlade, et celui de l’Allier, Victor de Tracy, le recommandèrent à la bienveillance du gouvernement. N’ayant pas réussi à faire valoir ses droits, il déposa un dossier à la Commission des Réclamants ([ancien] IVe arrondissement), sise 10, rue Bourg-Labbé puis 6, rue Dalayrac, afin d’obtenir la Croix de Juillet et un secours. On trouve dans son dossier la reproduction de la lettre suivante qu’il avait adressée à un journal (dont le nom n’est pas précisé) : « C’est à votre patriote journal que je viens m’adresser, comme tant d’autres blessés de Juillet dont les droits ont été méconnus. Malgré le rapport qu’a fait au ministre de l’Intérieur le général Fabvier (voir Fabvier, Charles, Nicolas) pour justifier les travaux de la Commission dont il est le président, il n’en n’est pas moins vrai que des gens qui ont bien mérité de la patrie ont été à dessein exclus des récompenses nationales. Il serait très aisé de réfuter une grande portion de ce prétendu rapport malgré toutes les précautions qu’on a prises pour le faire paraître véridique. Aujourd’hui je ne veux pas aller plus loin. J’aurais de grands abus à signaler mais je ne veux parler, afin d’être plus bref, que de ce qui me regarde. Je me suis battu en juillet et j’ai été blessé au Louvre. Mes pièces ont été déposées à la Commission dans le mois de septembre 1830. J’ai vu plusieurs fois M. Delanoix (voir Delanoy), commissaire du (ancien) IVe arrondissement, ainsi que son secrétaire pour que mes droits ne fussent pas oubliés. Ils m’ont toujours dit de rester tranquilles, que l’on m’écrirait à mon domicile. Cependant, ne voyant rien venir, accablé de misère, je me suis présenté chez eux pour obtenir des secours des blessés de leur arrondissement. Disposant des deniers de la souscription nationale, ils crurent me faire une grâce en me donnant trois francs [je n’ai pas trouvé la trace de ce secours de trois francs dans les listes de secours donnés par la mairie du (ancien) 4e arrondissement, N.D.A.]. Voilà, M. le rédacteur, tout ce que j’ai eu de mon commissaire. Nulle part je n’ai obtenu autre chose. Voyant que j’étais trompé comme tant d’autres qui ont plus de droits que ceux qui ont disposé des deniers de la souscription nationale, j’ai fait toute démarche possible pour obtenir mes papiers de la Commission. Jamais on n’a voulu me les donner, crainte que je dévoilasse au public la mauvaise foi de ceux qui les retiennent pour mettre obstacle à l’obtention de mes droits. J’ai encore une pièce qui me reste dans les mains, signée de M. de Tracy et de plusieurs autres députés. Je vous la confie, M. le rédacteur, connaissant votre zèle à dévoiler l’injuste et l’arbitraire quelle que part qu’ils se rencontrent. J’espère, qu’en donnant publicité à ma lettre, M. Fabvier, président de la Commission, M. Delanoix et M. Saint-Firmin (voir Mianné Saint-Firmin, Jules, François) (qui m’a plusieurs fois fait mettre à la porte lorsque j’allais réclamer mes papiers) répondront à ma lettre. J’ai l’honneur, etc. » Il demeurait 12, rue du Rocher en juillet 1830 ; 88, rue Saint-Germain-l’Auxerrois en 1831. Archives de la préfecture de police AA 402.

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