Mayesky, François
Biographie
Né vers 1795 à Varsovie (Pologne). Loueur de voitures. Le 17 août 1830, il adressait la lettre suivante au général Lafayette : « François Mayeski […] a l’honneur de vous exposer que le 31 juillet dernier, il eut l’avantage d’accompagner à Boulogne et au pont de Saint-Cloud M. Blaque, lieutenant d’ordonnance, chargé de porter les affiches tendant à faire reconnaître le nouveau gouvernement. Il revint à Paris avec le parlementaire d’un pas si précipité que son cheval en a tellement souffert qu’il n’est plus en état de servir. Ayant reçu l’ordre de se rendre à Saint-Cloud pour y maintenir la tranquillité, il fut obligé d’en prendre un autre. Pour quoi l’exposant n’ayant à lui appartenant que deux chevaux, qu’il utilise et qui sont ses seuls moyens d’existence, solliciterait de votre bonté une indemnité pour la perte qu’il a éprouvée dans le cheval qui ne peut plus faire de service. Ce n’est point en récompense des services et de son dévouement à la cause nationale qu’il sollicite cette indemnité mais seulement un acte de justice, qu’il désire lui être rendu à cause de ses faibles moyens. Il a l’honneur, etc. » Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants ([ancien] Xe arrondissement), sise 10, rue Bourg-Labbé, puis 6, rue Dalayrac, afin d’obtenir la Croix de Juillet. Il fut introduit dans la Commission sur présentation de Matis (voir Matis, Jean, Sébastien). Le 30 décembre 1831, il adressait à la Commission la note suivante relative à la conduite qu’il avait tenue pendant les événements de Juillet : « Le 27, il se trouva rue Croix-des-Petits-Champs, où il fit comme tant d’autres ; il combattit depuis 6 heures du soir à six heures et demie. Le 28, il s’est trouvé rue de Richelieu, rue de Rohan et rue du Mouton et s’est battu de cette dernière rue sur la Grève pour la conquérir. Il passa ensuite la Seine au Pont-Neuf, sans armes, allant chercher à son domicile un pistolet, où il fit feu sur un aide de camp de Marmont, qui allait au galop chercher de l’artillerie au château pour renforcer les troupes royalistes de la Grève et après ce coup de pistolet les Suisses ont ouvert la grille et ont fait un feu de peloton sur le pont, où plusieurs furent blessés. Ensuite Mayesky se reploya sur la rue de Seine, se munit d’un fusil et fit feu comme les autres jusqu’à 4 ou 5 heures du soir. Le 29, il s’est trouvé à 6 heures du matin près Saint-Germain-l’Auxerrois, sur le quai et fit feu sur les Suisses qui étaient enfermés dans le château, ce qui dura jusqu’à 8 heures, qu’on est entré de ce côté dans le château après avoir forcé les grilles. » Il signa la lettre envoyée, le 20 mai 1832, par Matis (voir Matis, Jean, Sébastien), délégué par les réclamants de Juillet du (ancien) Xe arrondissement (voir Benard de Courtigis pour la Commission des réclamants), au ministre de l’Intérieur. Cette lettre reprenait certaines des réclamations que formulèrent des combattants de Juillet sur les répartitions qui furent faites des décorations, pensions et secours après la révolution. Elle présentait aussi les signataires, à la différence de beaucoup d’autres réclamants, comme des soutiens indéfectibles au trône de Louis-Philippe. Cette lettre était ainsi rédigée (la rédaction hasardeuse est respectée, N.D.A.) : « Les combattants de Juillet du (ancien) Xe arrondissement ont l’honneur de vous exposer que n’ayant point reçu de réponse à leur mémoire adressé unanimement par les membres de la Chambre des députés à M. le ministre de l’Intérieur (votre prédécesseur) (voir Benard de Courtigis sur l’envoi de la pétition de la Commission des réclamants à la Chambre des députés et son adoption à l’unanimité par celle-ci, N.D.A.), qui avait pour objet le mérite de leur réclamation appuyée par le droit qu’ils ont dans la loi sur les récompenses nationales, protestent avec le sentiment de l’indignation contre l’infâme conduite des intrigants, qui se précipitent dans toutes les révolutions où ils ne trouvent leur avenir que dans le meurtre et le pillage. Ils ne doutent pas que les ennemis de l’ordre et de la paix sont les causes immédiates du silence de l’autorité, qui s’est trouvée offensée que dans le travail qui lui a été présenté les noms de quelques-uns de ces vagabonds s’y trouvent insérés, comme ayant bravement combattu dans les trois jours. Les vrais combattants de Juillet éprouvent le besoin, monsieur le ministre, de repousser de leurs rangs ces perturbateurs et, par cette épuration, il ne sera présenté à l’autorité que les noms des combattants du (ancien) Xe arrondissement dont l’homogénéité de leurs principes et leurs opinions seront une garantie de leur dévouement pour le roi des Français. En conséquence, nous avons nommé et nommons M. Matis, rue Traverse n° 9, faubourg Saint-Germain, notre commissaire, afin de suivre devant l’autorité le mérite de nos réclamations, son attachement invariable au gouvernement et ses louables opinions étant bien connues, c’est à ces titres qu’il a toute notre confiance et qu’il mérite celle du gouvernement, que nous le prions de ne recevoir au bas de la présente que les signatures des combattants qui professent les opinions susmentionnées, comme étant à même par ses investigations pleines de jugement et de sagacité de pouvoir séparer l’ivraie du bon grain. D’après cette épuration, nous vous supplions, M. le ministre, de vouloir bien ordonner que tous les dossiers des signataires de la présente soient déposés entre les mains de M. le maire du (ancien) Xe arrondissement, où un commissaire nommé par le gouvernement appréciera tous les services que nous avons rendus qui ont été méconnus par la Commission des récompenses nationales, soit par erreur ou par omission. Ce préjudice a augmenté l’infortune des gens qui méritaient des secours viagers et l’affliction des autres de ce que la loi avait reconnu des catégories, dont on a fait un déplorable abus, les décorés de la médaille qui demandent la croix justifient par leurs dossiers qu’ils ont été plus longtemps exposés au feu de l’ennemi et blessés plus gravement dans la même affaire que ceux qui ont obtenu la croix. Nous demeurons dans la conviction la plus profonde, monsieur le ministre, que la Croix de Juillet ne peut être honorable que lorsqu’elle sera portée par le roi des Français et que son éclat ne peut être durable que lorsqu’elle sera donnée par son auguste main, qui daignera recevoir nos serments de fidélité, de courage et de dévouement qui entoureront le trône impérissable. » L’apostille suivante était placée au début de la lettre : « Les combattants de Juillet du (ancien) Xe arrondissement, interprètes fidèles de leurs compagnons d’armes des autres arrondissements, qui comme eux combattirent franchement pour la Charte et le principe constitutionnel, désirent ardemment que Louis-Philippe, roi des Français qu’ils ont porté de leurs vœux sur le trône national, veuille bien daigner accepter l’ordre de la Croix de Juillet, qui ne peut avoir de mérite et d’éclat que sur la poitrine de l’auguste personne de Sa Majesté. » Il demeurait 23, quai Malaquais en 1830 ; 11, rue Saint-Dominique en 1831-1832. Archives nationales F/1dIII/82, lettre en date du 20 mai 1832 envoyée par Matis ; Archives de la préfecture de police AA 402.