Megevand, Jean-Baptiste

Biographie


Militaire en retraite, pensionné. Il participa, sa décoration de la Légion d’honneur (il nest pas dans la base Eléonore) à la boutonnière, le 28 juillet à la prise du poste qu’occupait la gendarmerie à la halle, puis aux combats qui eurent lieu à la pointe Saint-Eustache contre les Suisses qui occupaient l’hôtel de ville ; il fut tué d’un coup de feu, rue de la Tixeranderie au coin de la rue du Mouton. Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IXe arrondissement et par celle de la mairie du (ancien) Xe arrondissement puisque la veuve y est pensionnée. De très nombreux certificats établissaient sa disparition depuis les combats de Juillet. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, Théobald Mahé, propriétaire et électeur de Morlaix, département du Finistère, demeurant à Paris, rue de l’Ouest n° 26, affirme et certifie avoir vu tomber mort à mes côtés, rue de la Tixéranderie, en face celle du Mouton, dans la journée du 28 juillet, un homme décoré, qui a été atteint d’un coup de feu en combattant contre les Suisses qui occupaient le poste de l’Hôtel de ville. Je déclare avoir pris dans la poche de cet homme deux certificats dont il était porteur et les avoir remis au limonadier de la place du Palais-de-Justice n° 6. » Signé, le 24 septembre 1830 : Mahé, Théobald (voir ce nom). Le deuxième certificat, ainsi rédigé, en date du 22 septembre 1830 : « Les soussignés affirment et déclarent que, se trouvant réunis le 28 juillet dernier place du Palais de justice n° 6, chez le sieur Gonnet, ils ont vu entrer vers les 8 heures du soir un homme blessé au bras gauche, qui, s’étant adressé au sieur Gonnet, lui a remis deux certificats délivrés à un sieur Megevand, l’un par la maison de roulage Audry de Puyraveau et André Gallot, l’autre par l’Imprimerie royale, déclarant qu’il avait pris ces papiers dans la poche d’un homme tombé mort à côté de lui. Les soussignés, préoccupés alors par les mouvements qui se succédaient, surtout au point qu’ils occupaient, n’ont par retenu le nom de l’individu, détenteur de ces papiers, seulement ils se rappellent très bien qu’il était porteur d’une carte d’électeur de la Bretagne, qu’il a montrée comme pour justifier de ses bonnes intentions, en s’emparant des papiers de l’homme frappé de mort à ses côtés. Ces papiers ont été déposés à la mairie du (ancien) IXe arrondissement par le sieur Gonnet et par suite remis à l’épouse du sieur Megevand, qui n’ayant pas entendu parler de son mari depuis le 28 juillet n’a malheureusement n’a pu que trop supposer qu’il avait succombé victime des sanglants événements de cette journée. La déclaration désintéressée de l’individu blessé, qui a remis les papiers du sieur Megevand au sieur Gonnet, fait de cette supposition une certitude. » Signé : Dantonville, agent de l’ordre des avocats, demeurant 9, cour de la Sainte-Chapelle ; Terron, chef de bureau au palais de justice, demeurant 9, cour de la Sainte-Chapelle ; Le Baigue, huissier-audiencier de la cour royale, demeurant 25, rue Vieille-du-Temple ; Laisney, greffier au tribunal de première instance de la Seine ; Berault, C., étudiant en droit ; Richardet, A., employé dans une maison de banque ; Leytaud, avocat ; Jaillon, Ch., employé à la maison Levillain J., G. et fils ; Lebaigue A. fils ; Gonnet. Suivait l’apostille suivante : « Je recommande à M. George Lafayette la veuve d’un brave, mort pour notre sainte cause et qui d’après tout ce qui m’est dit, mérite l’intérêt de la Commission. » Signé, le 23 septembre 1830 : Sebire (voir Sebire, François, Auguste ?). Le troisième certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, Jean, Elléonard Michaud, marchand épicier quincaillier, rue Saint-Dominique n° 48 et propriétaire de la maison rue Saint-Dominique n° 19, quartier des Invalides, certifie tant en mon nom qu’au nom de Mme veuve Durier ma portière, que le sieur Megevand, locataire d’une chambre et cabinet au troisième sur le devant, n’a pas été vu par nous ni les locataires de ladite maison depuis le 26 juillet dernier. » Signé, le 11 août 1830 : Michaud, Jean, Elléonard, demeurant 48, rue Saint-Dominique. Le quatrième certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, avoir l’habitude de voir presque chaque jour le sieur Megevand, l’avoir perdu totalement de vue depuis le 28 juillet, où je l’ai perdu dans la mêlée qui a eu lieu à la pointe Saint-Eustache. » Signé, le 10 août 1830 : Dutailloux. Le cinquième certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, certifie n’avoir vu M. Megevand depuis le 28 juillet et qu’il s’est transporté à Saint-Eustache, où l’on se battait. » Signé, le 10 août 1830 : Mouton, demeurant 2, rue Bellefond. Le sixième certificat, ainsi rédigé : « Je certifie n’avoir pas vu M. Megevand, ancien militaire retraité, depuis le 28 juillet. » Signé, le 12 août 1830 : Roger, militaire en retraite. Le septième certificat, ainsi rédigé : « Dans le plus fort de l’action à la pointe Saint-Eustache, j’ai perdu le sieur Megevand de vue. » Signé, le 12 août 1830 : Collin, J. (voir ce nom). Le huitième certificat, ainsi rédigé : « Je déclare que depuis le 28 juillet jusqu’à ce jour je n’ai pas vu M. Megevand, qui venait habituellement chez moi. » Signé, le 12 août 1830 : Coste, marchand de vin, demeurant 36, rue Notre-Dame-des-Victoires. Le neuvième certificat, ainsi rédigé : « Je déclare qu’ayant l’habitude de voir souvent le sieur Megevand, je l’ai perdu de vue depuis le 27 juillet et qu’il m’est parvenu qu’il était au fort de la mêlée à la pointe Saint-Eustache. » Signé, le 12 août 1830 : Bouillon. Le dixième certificat, ainsi rédigé : « Je déclare que le sieur Megevand, que je connaissais depuis longtemps comme un bon militaire tout dévoué à la patrie n’a plus paru chez moi, où il venait d’habitude, depuis le 28 juillet, époque à laquelle il se présenta tour à tour dans toutes les actions où le feu était le plus vif, encourageant tous ceux qui l’entouraient. Sa disparition m’attriste sensiblement parce que ce brave homme est père de famille et laisse une veuve dans la plus grande tristesse. Signé, le 12 août 1830 : Planty de Gray. Le onzième certificat, ainsi rédigé : « Je connais particulièrement le sieur Megevand, mon ami, et il m’est douloureux de l’avoir perdu de vue depuis la liberté reconquise. » Signé, le 11 août 1830 : Augustin. Le douzième certificat, ainsi rédigé : « M. Megevand me fréquentait tous les jours ; depuis les mémorables journées où l’étendard tricolore a recommencé à briller aux yeux de tous les vrais Français je n’ai pas eu le plaisir de le revoir. » Signé, le 12 août 1830 : Pailly. Le treizième certificat, ainsi rédigé : « Je certifie que le 28 juillet j’ai vu le sieur Megevant se porter avec nous au poste qu’occupait la gendarmerie à la halle. Je l’ai perdu de vue après nous eûmes pris ce poste. Depuis cette époque je n’ai plus rencontré ce brave. J’en suis d’autant plus peiné que j’avais l’habitude de le voir et que sa disparition laisse sa famille dans une fâcheuse position. » Signé, le 12 août 1830 : Fravier, H. (voir ce nom), ancien officier et garde national à la Xe légion. Le quatorzième certificat, ainsi rédigé : « Ayant connu, de même que M. Planty le sieur Megevand et sa famille, je partage son dire, ne l’ayant pas revu depuis les événements qui viennent de se passer. » Signé, le 12 août 1830 : Evard, ancien officier de gendarmerie réformé. Le quinzième certificat, ainsi rédigé : « Je certifie avoir connu le sieur Megevant, ancien militaire retraité, comme un honnête homme ; que depuis le 27 juillet dernier je l’ai perdu de vue et que j’ai appris par des personnes dignes de foi qu’il a été victime des affreux événements. » Signé, le 12 août 1830 : Fravier père, employé, demeurant 9, rue de Verneuil. Le seizième certificat, ainsi rédigé : « Depuis dix ans, je connaissais Megevand comme un fort honnête homme et comme un ancien militaire couvert d’honorables blessures. J’avais l’habitude de le voir deux ou trois fois par semaine et depuis le 26 juillet dernier je ne l’ai plus revu. J’ai entendu dire que dans la journée du 29 il avait disparu à la pointe Saint-Eustache, en combattant les ennemis de nos libertés. » Signé, le 12 août 1830 : Dupin (voir Dupin, Mathieu, Auguste, François), ancien élève en droit, demeurant 22, rue de Verneuil. Le dix-septième certificat, ainsi rédigé : « Je déclare qu’ayant l’habitude de voir Megevand je ne l’ai plus revu depuis le 25 juillet dernier. » Signé, le 12 août 1830 : Loraux, demeurant 22, rue de Verneuil. Le dix-huitième certificat, ainsi rédigé : « Je certifie connaître le sieur Megevand et l’avoir employé plusieurs années en qualité d’homme de confiance et pour un honnête homme. Depuis le 26 juillet dernier nous ne l’avons pas revu. Nous avons appris depuis par des gens notables qu’il s’était trouvé dans la mêlée qu’il y avait eu à la pointe Saint-Eustache. » Signé, le 13 août 1830 : Devaux, demeurant 8, rue de la Comète, quartier des Invalides. « Je certifie comme M. Devaux le présent véritable. » Signé, le 13 août 1830 : Laurians, demeurant 7, rue de la Comète. Le 25 avril 1831, devant le juge de paix du (ancien) Xe arrondissement, comparurent : Arnoult, Re..., Joseph, orfèvre, demeurant 8, rue de la Comète au Gros-Caillou ; Loraux, Pierre, Joseph, marchand de vin, demeurant 22, rue de Verneuil ; Naudin, Jacques, peintre en bâtiment, demeurant 9, rue du Dragon. Ils attestèrent savoir que Megevand, Jean (sic), avait « été tué le 28 juillet 1830 d’un coup de feu, en combattant rue du Mouton ». Il laissait une veuve, Cantais, Marie, Rose, née le 27 ventôse an V (17 mars 1797) à Saint-Gilles-Laneuville (Seine-Maritime), fille de Cantais, Louis, Pierre et de Caumont, Marie, Françoise, son épouse. Elle était journalière ou marchande de linge, fut pensionnée de cinq cents francs (sur la comptabilité de la Commission du [ancien] Xe arrondissement, elle était indiquée comme ayant reçu trois cent cinquante francs de la Commission de la mairie du [ancien] IXe arrondissement) (sous le nom de veuve Megevent, née Cantais, Marie, Rose in Archives nationales F/1dIII/36) et il lui fut aussi accordé, par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une indemnité définitive à titre de cas exceptionnel, et une inscription de rentes, puisqu’elle apparaît sur deux listes (sous le nom de veuve Megevant et veuve Megevent, née Cantais, Marie, Rose). Ils s’étaient mariés à la mairie du (ancien) Xe arrondissement. Il demeurait 19, rue Saint-Dominique au Gros Caillou (une chambre et un cabinet au 3e étage sur la rue) ; sa veuve 6, rue des Marmousets en 1830-1831 mais deux fois 18, rue Saint-Dominique au Gros Caillou in Archives nationales F/1dIII/36 et une autre fois dans la même référence bien 6, rue des Marmousets ; 18, rue Saint-Dominique au Gros Caillou in Archives nationales F/1dIII/38 B. Le nom de Megevend (J. Megevend) est inscrit sur la colonne de Juillet, place de la Bastille, et sur les tables du Panthéon. Liste n° 4, des veuves de victimes de Juillet, pensionnées annuellement de cinq cents francs, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Veuves de victimes de Juillet, qui ont obtenu une pension annuelle et viagère de cinq cents francs, Le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des cas exceptionnels du IXe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives p. 83, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du Xe arrondissement, p. 108, liste nominative du IXe arrondissement des cas exceptionnels au nom desquels il a été déposé diverses sommes à la caisse de la préfecture du département de la Seine pour y être réclamées par qui de droit, avant le 1er janvier 1834, terme de la déchéance, p. 117, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusquau 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 24 ; Archives de Paris VD6 559 n° 1, mairie du (ancien) Xe arrondissement, Etat nominatif des veuves dont les bulletins individuels ont été remis le 4 octobre 1831 au bureau de la souscription nationale à la préfecture de la Seine, idem Citoyens dont les noms sont inscrits au Panthéon ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux veuves pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831, par la mairie du (ancien) IXe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 et état des sommes payées aux veuves pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831, par la mairie du (ancien) Xe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées à la mairie du (ancien) IXe arrondissement jusqu’au 15 mars 1831, aux blessés, non blessés, veuves, orphelins, ascendants et sous-lieutenants, par suite des journées des 27, 28 et 29 juillet 1830 ; Archives nationales F/1dIII/38 B, Commission des récompenses nationales, état des veuves des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet (dossier de cinq états et 260 veuves) ; Archives nationales F/1dIII/66 ; Archives nationales F/1dIII/82, état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet, aussi liste des victimes de Juillet 1830, colonne de Juillet et aussi liste générale des citoyens morts dans les journées de juillet 1830, en combattant pour les libertés publiques et dont les noms sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (sous le nom de Megevend, Jean) aussi Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) IXe arrondissement, cas exceptionnels (sous le nom de veuve Megevent), et aussi Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) Xe arrondissement, veuves et aussi même référence liste nominative des personnes pour lesquelles il a été déposé diverses sommes à la caisse de la préfecture du département de la Seine pour y être réclamées par qui de droit jusqu’au 31 décembre 1833, (ancien) IXe arrondissement, cas exceptionnels (sous le nom de Mégevand) ; Bulletin des lois, IXe série, tome 21, n° 746, Paris, imprimerie royale, février 1841, p. 83 (sous le nom de Mégévend, Jean), liste générale des citoyens morts ou blessés mortellement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, en combattant pour la défense des lois et des libertés publiques, les noms de ces citoyens sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (et aussi Archives de Paris D1K1 138, qui contient les mêmes informations puisqu’il s’agit de ce même numéro du Bulletin des lois) ; Colonne de Juillet, liste officielle et par ordre alphabétique des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de juillet 1830, Paris, chez Vve Demoraine et Boucquin, 1841.

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