Menoret, Ambroise

Biographie


Né le 6 décembre 1799 à Linx ou Lima (sans doute sagirait-il de Linas ?) (Seine-et-Oise). Charpentier. La chronique de l’époque relatait ainsi sa participation aux journées de Juillet : « M. Menoret, chef d’atelier chez M. Bellu, charpentier, rue du Faubourg-du-Temple, se rendait le 28 juillet matin au théâtre du Gymnase, pour les travaux de reconstruction intérieure. Déjà témoin la veille des charges de cavalerie exécutées sur les boulevards, et exaspéré par la fusillade dont il entendait le bruit, il se mit à la tête de quelques personnes réunies à la porte Saint-Denis, et s’élança sur le corps de garde Bonne-Nouvelle, dont il désarma le factionnaire. Vingt hommes environ de la troupe de ligne composaient le poste, qui se rendit facilement. Le chef seul fit quelque résistance. Un brave, arrêté le matin, dans un rassemblement, recouvra sa liberté. M. A. Menoret, à la tête des ouvriers, se rendit alors à Belleville, où il fit arborer les couleurs nationales. On se transporta au théâtre : les armes furent livrées. On ne désarma pas le poste de la barrière, parce que les soldats (du 5e de ligne) fraternisèrent. Ce qui s’était passé le matin sur le boulevard de Bonne-Nouvelle, le désarmement du poste, et la démolition du corps de garde qui s’en était suivie, attirèrent les troupes de ce côté. Le canon grondait, et la fusillade s’était vivement engagée avec les habitants des rues et des faubourgs Saint-Denis et Saint-Martin qui commencèrent alors leur glorieuse résistance. M. Menoret, pour empêcher la réunion des troupes qui débouchaient par la rue Saint-Antoine, avec celles qui occupaient les boulevards du Nord jusqu’à la porte Saint-Martin, conçut l’idée de former des barricades. Il courut aussitôt à son atelier, rue du Faubourg-du-Temple, pour prendre les outils qui lui étaient nécessaires ; et, suivi de quelques hommes, vint au bas du boulevard du Temple commencer l’abattage des arbres, qu’il continua jusque vers les six heures du soir. Nos tirailleurs s’avancèrent de ce côté. Pendant la soirée et toute la nuit, M. Menoret fit activer la construction des barricades ; son exemple fut suivi par tout le monde ; les boulevards furent immédiatement obstrués et ne permirent plus aux troupes de tenir contre les nombreuses embuscades qui s’y étaient formées ; et, dès le matin du 29, l’armée royale se trouva refoulée sur le seul boulevard de la Madeleine, où elle resta jusqu’à après trois heures de l’après-midi. » On peut lire dans le manuscrit de Victor Crochon le récit suivant de sa participation aux combats de Juillet : « Ce fut M. Ambroise Menoret, charpentier (décoré de la médaille de Juillet) qui conçut l’heureuse idée d’intercepter les communications des troupes royales, en sciant les arbres pour en former d’immenses barricades. Il se munit à son atelier, situé faubourg du Temple, des outils nécessaires, et, suivi de quelques hommes, vint au bas du boulevard du même nom, commencer l’abattage des arbres, qu’il continua jusque vers les 6 heures du soir. Des tirailleurs s’étant avancés de ce côté, un des travailleurs, nommé Dauphiné, fut tué d’une balle qui lui fracassa la tête. M. Menoret, quittant alors la hache, s’avança jusqu’à la porte Saint-Martin et essaya de parlementer avec la garde royale mais ce fut inutilement, les têtes étaient montées. Les soldats d’un côté, les habitants de l’autre se battaient avec acharnement et déjà il n’y avait plus d’arrangement possible. M. Menoret, citoyen laborieux et modeste s’est rangé depuis dans les rangs de la garde nationale. » Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) Ve arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie de l’ancien Ve arrondissement. Il signa, le 14 octobre 1830, le certificat suivant en faveur de Brieu, Jean : « Nous, soussignés, attestons et certifions que le sieur Jean Brieu, compagnon charpentier, né à Lussac (Dordogne), était avec nous à l’abattage des arbres le 28 juillet. Il a été blessé à côté de nous à 6 heures du soir à la porte Saint-Martin et a été atteint d’une balle à la main gauche, qui l’a privé pendant deux mois de ses travaux habituels. » Le National du 10 avril 1831, dans une liste de souscripteurs pour un projet « des associations nationales pour la défense du territoire et l’exclusion de la dynastie déchue », indiquait Minoret, A., demeurant bien 13, rue des Marais-du-Temple comme « soldat des trois jours, grenadier de la Ve légion ». Il demeurait 13, rue des Marais-du-Temple en 1830-1831. Le Constitutionnel, 18 août 1830 ; Histoire de la révolution des 27, 28 et 29 juillet 1830, Fayot, tome premier, Paris, Hocquart jeune éditeur, 1830, p. 158-160 ; Histoire de la révolution de 1830 et des nouvelles barricades, par F. Rossignol et J. Pharaon, Paris, chez Vimont, Levavasseur et Urbain-Canel, 1830, p. 307 ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VD6 277 couverture du dossier de Cohin, Jules, Louis ; Le National du 10 avril 1831 (sous le nom de Minoret, A.) ; Archives de Paris VD6 334, liste des médaillés de Juillet du (ancien) Ve arrondissement ; Bibliothèque historique de la Ville de Paris, manuscrits, 8-ms-1025, ouvrage de Victor Crochon, f° 419 ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) Ve arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/47 in dossier Brieux, Jean.

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