Mercier, Charles, Joseph, Tranquille
Biographie
Né le 30 novembre 1808 (ou le 1er décembre 1808 sur les listes – peu fiables – de la mairie in Archives de Paris VD6 3 et aussi in Archives nationales F/1dIII/39) à Moulte (Somme). Marchand de papier ou papetier. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) IIIe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IIIe arrondissement. Il reçut, à titre de blessé de la 1re classe, une indemnité définitive de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. Il fit trois mois de prison avant d’être relaxé, pour l’insurrection de juin 1832. Le texte de l’ordonnance rendue le 2 août 1832 était ainsi rédigé : « Mercier paraît n’avoir été arrêté le 6 juin dernier près de la place des Victoires que par méprise ; il se trouvait là en habit de garde national, armé d’un fusil et d’un sabre, coiffé d’un chapeau rond sur lequel était placée une inscription portant les mots Gardes nationales volontaires Parisiens ; il avait à sa boutonnière un ruban tricolore. Au moment même de son arrestation, il a expliqué que l’uniforme qu’il portait appartenait à M. Deharemboure, marchand papetier rue Saint-Denis, son maître, et qu’il se rendait au point de réunion de la légion à laquelle il avait appartenu, pour concourir, en qualité de volontaire, à la répression du désordre. Ces explications auxquelles on ne pouvait tout d’abord ajouter foi, ont été confirmées par l’instruction ; il a été établi que Mercier est un honnête garçon et qu’il n’avait pas d’intention criminelle. » En 1848 cependant devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février, il se fit un titre de ses trois mois de prison et expliquait : « […] Je n’ai cessé de combattre, notamment le 6 juin 1832 […] et jusqu’à ce jour mes opinions et mes actions ont prouvé que je n’avais jamais varié. » En 1838, le préfet de police le disait avoir été, par suite de mauvaises affaires, obligé de vendre son établissement au profit de ses créanciers, marié, père de trois enfants et ajoutait : « Sa conduite est bonne sous tous les rapports. » Il reçut un secours de cinquante francs en 1838. En 1840, il sollicita dans ces termes un secours auprès du ministre de l’Intérieur : « Souffrez que, dans la fâcheuse position où je me trouve, je vienne solliciter quelques secours de l’administration que vous dirigez. Après avoir été établi marchand papetier à Paris, où j’étais fournisseur du ministère de la Guerre et de ses dépendances, j’ai été obligé par suite de pertes considérables dans le commerce, de vendre mon fonds, pour faire honneur à mes engagements ; mais mon successeur ayant fait faillite, plusieurs billets que j’avais souscrits sont restés en souffrance, des poursuites rigoureuses ont été exercées contre moi, tous mes meubles ont été vendus et je suis actuellement détenu dans la Maison rue de Clichy, 65. Si j’étais seul, monsieur le ministre, je me garderais bien de rien demander, je me soumettrais à ma destinée ; mais j’ai une femme et deux enfants en bas âge ; ils souffrent, ils sont livrés dans cette saison rigoureuse de l’hiver à toutes sortes de privations. Je dois penser à eux. » En 1840 il était garde national à la 4e compagnie du 4e bataillon de la VIIe légion. Il reçut un secours de quarante francs en 1840, de cinquante francs en 1841. En 1842, il était imprimeur et les renseignements de police rapportaient sur son compte : « Jouit d’une très bonne réputation. Il vit en travaillant. » Il reçut un secours de vingt-cinq francs en 1842, de quarante francs en 1843, de vingt-cinq francs en 1844, de la même somme en 1845, en 1846 et en 1847. Il déposa un dossier devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février, sollicitant une place d gardien ans un château national ; il était alors marié et père de deux enfants. En 1849, il était malade du choléra, devait un terme de loyer et sollicita un secours ; il reçut un secours de quarante francs. En 1850, selon les mêmes sources de police « courtier en papiers, fait très peu d’affaires en ce moment et son gain ne dépasse pas un franc par jour. Il n’a que cette ressource pour élever ses deux enfants, âgés de douze et treize ans, et sa position est très nécessiteuse. […] Sa conduite et sa moralité sont exemptes de reproche. » Il reçut un secours de cinquante francs en 1850, à titre de médaillé de Juillet, et de soixante francs en 1851. En 1852, il sollicita de nouveau, se préparait à s’embarquer pour la Californie et demandait la faveur d’être envoyé à San Francisco par l’entremise du consul de France. Il reçut deux secours de soixante francs en 1853, à titre de médaillé de Juillet. En 1854, nouvelle demande ; ayant un fils sous les drapeaux comme caporal au 3e de ligne, 1er bataillon, 3e compagnie, au camp de Boulogne et désigné pour la guerre d’Orient, il désirait, « n’ayant que lui pour [s’]attacher à la vie », le suivre et s’occuper dans l’expédition. Il reçut un secours de cinquante francs en 1854, de quarante francs en 1855, de la même somme en 1856 et en 1857. En 1858, il était courtier en papeterie, ses gains étaient minimes, sa femme était malade, et, toujours selon les mêmes sources, « il jouit d’une bonne réputation et il paraît d’autant plus digne d’intérêt que ses deux fils qui sont sous les drapeaux ne peuvent lui venir en aide ». Il reçut un secours de quarante francs en 1858, de trente francs en 1859, de la même somme 1860, en 1861 et en 1862. Il demeurait 6, rue Montmartre en 1831 ; 10, rue Saint-Martin en 1838 ; 3, rue de Jérusalem en 1842 ; 13, rue Geoffroy-Langevin en 1848 et 1849 ; 4, quai des Orfèvres puis 50, rue de Bondy ou 80, rue de Bondy en 1849 ; aux environs de la rue Saint-Germain-l’Auxerrois en 1850 ; 80, rue de Bondy en 1851-1853 ; 1, passage de l’Entrepôt-des-Marais en 1854 ; 4, rue Saint-Séverin en 1857-1858 ; 6, même rue en 1859 ; 26, rue de Bièvres de 1860 à 1862. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la Ire classe du IIIe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 70 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la médaille de Juillet du (ancien) IIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) IIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/66 ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) IIIe arrondissement, blessés de 1re classe ; Archives nationales F/15/3884, Commission des récompenses nationales, détenus politiques 3e catégorie, indemnités ; Archives de la préfecture de police AA 369, Etat nominatif des décorés, blessés, combattants de Juillet 1830 et des veuves de décorés ou médaillés qui ont formé des demandes de secours et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, minute 84, idem Proposition d’accorder à cent quarante décorés, blessés et veuves de Juillet domiciliés dans le département de la Seine des secours s’élevant à la somme de 6.980 francs, minutes 94 à 99, idem, Proposition, en date du 30 juin 1851, d’accorder à onze décorés, médaillés, blessés et veuve d’un médaillé de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à la somme de 690 francs, ladite somme imputable sur le chapitre 26 du budget de l’Intérieur, exercice 1851, minutes 191-192, idem Proposition d’accorder à trente-six décorés et veuves de décorés de Juillet 1830 des secours s’élevant ensemble à 1.620 francs, minutes 278-279, en date du 7 mars 1853.