Merlin, Marie, Louise, épouse Marie
Biographie
Née vers 1800 (sans doute le 17 germinal an VI à Paris, à moins que ce soit son mari) à Paris. Enlumineuse. Par suite des frayeurs occasionnées par les combats, elle fut admise à l’hospice de Vieillesse femmes comme aliénée, le 4 août 1830. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) IXe arrondissement. Le 16 février 1831, devant le juge de paix du (ancien) IXe arrondissement, comparurent : Beaucourt, Joseph, menuisier, demeurant 18, rue Saint-Antoine ; Gravet, Benjamin, marchand fruitier, demeurant 20, rue Saint-Antoine ; Philippe, Lojis, pâtissier, demeurant 20 bis, rue Saint-Antoine ; Moisset, Jacques, couvreur, demeurant 14, rue du Monceau-Saint-Gervais. Ils attestèrent connaître Merlin, Marie, Louise, épouse Marie depuis plusieurs années et « qu’ils l’ont toujours vu en bonne santé, saine d’esprit et d’entendement ; que le 28 juillet dernier plusieurs balles ayant traversé plusieurs croisées de la maison qu’elle habitait, elle en parut effrayée d’une manière extraordinaire ; que le lendemain 29 elle leur parut atteinte d’une aliénation d’esprit, qui allait toujours croissante ; qu’ils ont su que son mari ne pouvait lui procurer aucun soulagement dans sa position ; il l’avait fait admettre à l’hospice de la vieillesse femmes ; que cependant ils savent qu’elle est toujours dans le même état et que sa situation ne permet pas qu’on passe la visiter, qu’il est à leur parfaite connaissance qu’elle a trois enfants […] qu’ils ont été obligés de placer à l’hospice des orphelins ». Marie, Ambroise était inscrit au livre des pauvres depuis le 3 juin 1829. La Commission des récompenses nationales rejeta la demande de pension présentée, parce que Marie Merlin était toujours vivante et n’avait pas été blessée. Elle était l’épouse de Marie, Ambroise, né le 6 avril 1798 à Paris, journalier, et la mère de Louis, François, né le 15 octobre 1818 à Paris, Marie, Louise, née le 24 janvier 1824 à Paris, Pierre né le 3 août 1829 à Paris. Le mari reçut quatre-vingt-quinze francs de la mairie du (ancien) IXe arrondissement. Il fut accordé à son mari, Marie, Ambroise, par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Marie, Ambroise était maçon ou homme de peine en 1848 et déposa un dossier (on trouve en fait deux dossiers à peu près identiques à son nom) devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février. Il était alors père de trois enfants et marié (sans doute remarié puisqu’il indique que sa femme est décédée des suites des événements de juillet 1830 et qu’en 1848 le plus âgé de ses enfants avait sept ou huit ans). Il avait été blessé d’un coup de sabre à la tête le 5 juin 1832, pendant le soulèvement républicain à l’occasion de l’enterrement du général Lamarque. Il adressa la lettre suivante à la Commission (le texte suivant étant un mélange des lettres contenues dans chacun des deux dossiers, regroupé pour donner le plus d’indications biographiques) : « Le sieur Marie, Ambroise, homme de peine, demeurant à Saint-Mandé, a l’honneur de vous exposer. Premièrement qu’en juillet 1830, dans les journées des 27 et 28 il a combattu pour la cause de la liberté et que c’est à cette occasion que sa femme est tombée folle dans cette même journée, par le saisissement qu’elle a éprouvé et qu’elle en est morte, que les titres constatant ces faits sont à la mairie du (ancien) IXe arrondissement. Deuxièmement qu’il a été également combattant pour la même cause aux journées de juin 1832, notamment le 5 lors de la prise du poste de la place Maubert ; que ce jour-là vers les 5 heures du soir, place Maubert rue de la Bûcherie il a été blessé d’un coup de sabre à la tête par les dragons qui venaient de l’Arsenal au secours du poste et chargèrent le peuple. Troisièmement qu’au 24 février, étant aux barricades dans le faubourg Saint-Antoine, il s’est armé d’un fusil, qu’un garde national lui a remis dans les mains, que par suite ce fusil a été remis à la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement ; que sa profession est celle d’homme de journée dans la fabrique de verrerie de Saint-Mandé, fermée depuis la révolution, qu’il est père de trois enfants, dont l’aîné a huit (sept dans l’autre lettre) ans, qu’aujourd’hui il n’a pour élever sa famille que son travail dans les ateliers nationaux, jusqu’au moment de la réouverture de la fabrique de M. Nocus, son patron. » Sa lettre était apostillée des signatures de : Christ, capitaine de la 2e compagnie de la IVe légion de la garde nationale de banlieue, demeurant à Saint-Mandé ; Carbonnier, avocat, demeurant à Saint-Mandé ; Nocus, demeurant 1, rue du Rendez-Vous à Saint-Mandé ; Adam, demeurant 5, ruelle Pellé ; Tonneau, demeurant 9, rue de Bièvres ou 6, rue de Bièvres ; Turminy, demeurant 173, rue Saint-Denis ; Dubourg, demeurant 9, rue du Rendez-Vous à Saint-Mandé. Le maire de Saint-Mandé, Mongenot, tout en légalisant la signature de Marie, certifiait la véracité des faits contenus dans sa lettre. Il joignait à sa demande le certificat suivant : « Je, soussigné, certifie que le nommé Marie, Ambroise, résidant à Saint-Mandé, boulevard extérieur 23, a été blessé d’un coup de sabre à la tête par les dragons venant au secours du poste de la place Maubert, le 5 juin 1832, et que j’étais présent avec lui au moment de l’action. » Signé, le 6 mars 1848 : Vendenhorit, demeurant 7, rue de la Tigerie ou Latigerie illisible. Le 12 juin 1848, il fit une nouvelle demande de secours. Il fut recommandé par la Commission pour une place de gardien dans un palais national ou d’homme de peine dans un ministère. Elle demeurait 20, rue Saint-Antoine en 1830 ; son mari, 23, bd extérieur à Saint-Mandé en 1848. Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du IXe arrondissement p. 107, liste nominative du IXe arrondissement des cas exceptionnels de veuf et veuves au nom desquelles il a été déposé diverses sommes à la caisse de la préfecture du département de la Seine pour y être réclamées par qui de droit, avant le 1er janvier 1834, terme de la déchéance, p. 116-117 lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832 ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées depuis le 10 mars jusques et y compris le 31 mai 1831 aux veuves du (ancien) IXe arrondissement de Paris (la mention suivante est inscrite en apostille : Rejetée, et les secours qu’il a reçus doivent être portés au compte des orphelins), état des sommes payées aux orphelins pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) IXe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) IXe arrondissement (avec l’apostille suivante : On avait pensé, à tort, que les enfants auraient eu une pension) ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées à la mairie du (ancien) IXe arrondissement jusqu’au 15 mars 1831, aux blessés, non blessés, veuves, orphelins, ascendants et sous-lieutenants, par suite des journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, état de cent cinquante demandes formées en vertu des articles 1er, 2e, 3e, 4e et 11e, de la loi du 13 décembre 1830 et reconnues non fondées ; Archives nationales F/1dIII/65 ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) IXe arrondissement, cas exceptionnels de veufs et aussi même référence liste nominative des personnes pour lesquelles il a été déposé diverses sommes à la caisse de la préfecture du département de la Seine pour y être réclamées par qui de droit jusqu’au 31 décembre 1833, (ancien) IXe arrondissement, cas exceptionnels de veufs ou veuves et cas exceptionnels (sous le nom de Marie, Ambroise) ; Archives de la préfecture de police AA 401.