Michalet madame, née Malmberg, Rosalie, Louise, Marie
Biographie
Née le 25 novembre 1799 à Paris. Epouse de Michalet, Guillaume, Martin (voir ce nom). On trouve dans l’Ambulance de la rue de Grenelle-Saint-Honoré, n° 29, et souscription pour les blessés de la journée du 29 juillet. Rapport du secrétaire, présenté à la commission de l’ambulance et soumis à l’autorité municipale, la relation suivante de la conduite des époux Michalet : « M. Michalet […] rendit les plus grands services en disposant la belle salle de Tivoli d’hiver pour recevoir les blessés et leur faire passer la nuit à couvert. Plus de cent cinquante blessés ont été reçus et soignés dans cette ambulance. […] Le surlendemain, 31 juillet, M. Michalet a distribué des soupes grasses, du bouilli, du pain et du vin aux blessés et aux ouvriers sans ouvrage. J’ai moi-même fait et posé dans tout le quartier des affiches pour annoncer cette distribution, qui fut continuée pendant six jours, et qui doit lui avoir, avec les frais de l’ambulance, causé une dépense d’au moins quatre cents francs. Cette distribution a été faite avec tous les égards dus à des hommes qui se sont conduits d’une manière si glorieuse et si honorable : des tables ont été dressées, des sièges donnés, et tout s’est passé convenablement. […] Mme Michalet, […] après s’être exposée aux balles, pour se rendre à la cour des Fontaines, où elle demeure, à son autre local, a constamment, pendant trente-six heures, pansé et soigné les blessés, et n’a, pour ainsi dire, pris aucun repos tant qu’il en est resté chez elle. Nous avons appris qu’elle leur a ensuite porté et qu’elle leur porte encore des bouillons et des rafraîchissements dans les hospices où ils se trouvent. » Elle reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Dans une lettre qu’ils adressèrent à la Commission des Réclamants, sise 10, rue Bourg-Labbé puis 6, rue Dalayrac, en juillet 1831, afin d’obtenir lune récompense honorifique, Guesde, Pierre, Mathieu, Henri (voir ce nom) et Fleury, Jacques (voir ce nom) donnaient les indications suivantes sur la conduite des époux Michalet : « Les sieurs Pierre, Mathieu, Henri Guesde, Jean-Jacques Fleury et Augustin, Télémaque Fortin, tous trois locataires au rez-de-chaussée de la maison sise rue de Grenelle-Saint-Honoré n° 47, exposent que ce sont bien eux qui, le 29 juillet dernier dès 4 heures du matin, ont établi dans la cour de leur maison et jusque dans leur domicile une ambulance pour y recevoir les blessés, quels qu’ils fussent, des deux précédentes journées et ceux que les événements de la journée qui commençait sous des auspices si sanglants présageaient devoir amener nécessairement, entreprise dans laquelle ils ont été encouragés par les conseils et les lumières de M. le docteur Gendrin, aussi locataire de la même maison, qui lui-même a été assisté dans ses travaux par MM. Brunet, Dubois et Bernard, tous trois aussi médecins. Le nombre des blessés qui arriva dans cette ambulance devint si considérable que les sieurs Guesde, Fleury et Fortin ne virent d’autre moyen que de se servir de la salle de la Redoute, dit le Tivoli d’hiver, dépendant de la maison du n° 45 dans laquelle ils s’introduisirent en fracturant la porte anciennement condamnée qui communique de leur maison à celle n° 45, dont M. et Mme Michalet, qui ont été décorés, sont principaux locataires. Ne demeurant point dans cette maison ce n’est que vers les 3 à 4 heures de l’après-midi que Mme Michalet arriva. Elle fut d’abord surprise de voir que l’on s’était introduit dans son établissement au moyen d’effraction mais, appréciant le cas d’urgence, elle approuva la conduite des soussignés et elle-même s’adjoignit à leurs soins et à toute leur sollicitude pour les blessés. Ce qui concerne cette dame a été dit dans le rapport qu’a fait M. Setier sur l’ambulance du n° 29 mais comme il n’était point chargé d’en faire un sur celle du n° 47 (la nôtre), où il est entré près de deux cents blessés, la conduite des réclamants est restée inconnue et conséquemment ils n’ont point obtenu la même récompense, c’est-à-dire la décoration qu’ont reçue M. et Mme Michalet et beaucoup de personnes qui ont dirigé et administré l’ambulance du n° 29. Les soussignés ont eu tort sans doute de n’avoir pas réclamé en temps utile mais n’en ont pas moins le même mérite et de plus d’avoir eu la première idée qu’ils ont mise à exécution de former l’ambulance dont est question dès 4 heures du matin, d’y avoir apporté tous les soins dont ils étaient capables et d’avoir mis sans réserve leur maison et leur cave à la disposition des blessés, auxquels ils ont prodigué tous les soins que réclamait leur position. Ils ne se sont pas contentés d’écrire mais ils ont aussi, en toute hâte, fait imprimer des affiches à leurs frais qu’ils ont été eux-mêmes placarder dans tout le quartier et aux approches du Palais-Royal, sous les balles qui sifflaient de toute part, pour faire connaître l’ambulance qu’ils venaient d’établir. Ils ont en outre fait une collecte et une énorme quantité de ligne, sur l’autorisation de M. le préfet de la Seine a été dirigée dans les hôpitaux ; les objets alimentaires distribués aux malades et l’argent versé dans la caisse de la mairie du (ancien) IVe arrondissement, ainsi qu’il appert de l’état ci-joint ; une quantité immense d’offrandes de toute espèce est arrivée les jours suivants mais les commissaires de l’ambulance du n° 29 étant resté en permanence et d’ailleurs croyant qu’il valait mieux centraliser ces dons sur un seul point, les soussignés ont scrupuleusement et soigneusement adressé les donateurs à l’ambulance n° 29. Voilà, messieurs, ce que les réclamants ont cru devoir vous mettre sous les yeux pour vous engager à les comprendre dans la liste supplémentaire des personnes qui ont droit à la décoration de Juillet et qu’ils croient, sous tous les rapports, avoir méritée tant pas leur conduite des trois mémorables journées que par les vœux qu’ils ont manifestés pour la belle cause qui a si glorieusement triomphé. » Sa médaille lui fut délivrée le 30 juin, et son brevet le 15 novembre 1831. Elle demeurait 1 bis, cour des Fontaines en 1830 ; 29, rue de Grenelle-Saint-Honoré en 1831. Ambulance de la rue de Grenelle-Saint-Honoré, n° 29, et souscription pour les blessés de la journée du 29 juillet. Rapport du secrétaire, présenté à la commission de l’ambulance et soumis à l’autorité municipale, imprimerie de Sétier, s.d., p. 5-6 ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris Vbis1K4 2, Département de la Seine, IVe arrondissement, contrôle nominatif des citoyens décorés de la médaille de Juillet, 1831 ; Archives de Paris VD6 278 ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, liste supplémentaire des citoyens proposés pour la médaille IVe arrondissement ; Archives de la préfecture de police AA 391 in dossier Guesde, Pierre, Mathieu, Henri et Fleury, Jacques.