Micheau, Georges, François

Biographie


Né le 23 avril 1771 (mais le 23 avril 1762 sur le registre quil signe in Archives de Paris VK3 27 et in Archives de Paris VK3 25 dans une liste de citoyens qui ont mérité la croix, liste qui est corrigée à la main) à Rambouillet (Seine-et-Oise). Maître couvreur (mais propriétaire à louverture de son dossier in Archives de Paris VK3 48, bien couvreur en 1833 in Archives de Paris VD6 91, liasse n° 5 et in Archives de Paris VK3 25 dans une liste de citoyens qui ont mérité la croix, liste qui est corrigée à la main ; couvreur aussi in Archives de Paris VK3 25 sur la liste quil signe du nom de Michau). Le 8 novembre 1830, dans une lettre adressée à la Commission des récompenses nationales, il relata ainsi sa participation aux combats de Juillet : « […] Il s’est battu avec beaucoup de distinction. Il faisait partie des citoyens qui ont pris [le quartier de] la Pologne. C’est lui qui fit abattre le mur de la caserne de la Pépinière, ainsi que couper la porte de ladite caserne. Il était le seul habillé en garde national et a partout occupé les positions les plus critiques dans tout le temps du danger. Il fut déjà blessé d’un coup de feu qui l’a privé de l’usage de la main droite le 14 juillet 1789. Dans tous les temps, il a fait preuve de son patriotisme et jamais il n’en a reçu aucune récompense. C’est ce qu’il vient solliciter de votre justice […]. » Sa lettre était suivie de plusieurs apostilles. La première : « J’ai ouï dire que le pétitionnaire s’est battu avec courage dans les journées de Juillet. » Signé : baron de La Tour. La deuxième : « Le pétitionnaire est l’un des chasseurs les plus braves et les plus zélés de la 3e compagnie du 3e bataillon Ire légion. Les faits énoncés dans la pétition pourraient être attestés par plus de deux cents signatures et la faveur qu’il réclame serait vue avec plaisir par tous les habitants de son quartier. » Signé : Alfred de Montebello, capitaine de la 3e compagnie. La troisième : « La conduite du père Michau a été si brillante et si publique dans les journées qu’il n’y a pas un seul habitant du quartier qui ne la connaisse et ne la cite avec orgueil et je désire même qu’il soit fait enquête à ce sujet, bien sûr que cette enquête tournerait toute à l’avantage de cet étonnant vieillard. » Signé : le colonel de la Ire légion, de Marmir illisible. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) Ier arrondissement. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) Ier arrondissement. Il signa (bien du nom de Michau), le 29 septembre 1830, le certificat suivant en faveur de Lepagnol, Charles, Théodore : « Nous, soussignés, Michaud père et fils, propriétaires demeurant à Paris, rue du Rocher, n° 32, Léon Berne, employé aux Menus-Plaisirs et Lecœur, marchand de vin, demeurant rue Saint-Lazare, tous gardes nationaux de la Ire légion. Certifions et attestons que le sieur Théodore Lepagnol, actuellement sergent de la 3e compagnie du 3e bataillon de la Ire légion, se trouvait le 28 juillet dernier à combattre avec nous dans les rues Saint-Honoré et Richelieu, se mit à la tête de plusieurs individus, en prit le commandement et nous dirigea sur l’arcade Colbert, à l’effet de s’emparer du poste occupé par des Suisses, ce qu’il fit avec autant d’intrépidité que de courage. Arrivé auprès du corps de garde, s’empara du fusil du factionnaire et à l’instant ordonna d’entrer dans le corps de garde, ce qui fut exécuté avec la promptitude de l’éclair. Cela fait, il dirigea les hommes qu’il commandait sur les Petits-Pères et fit sonner le tocsin, et nous conduisit au combat dans la rue Saint-Honoré, auprès du Palais-Royal, où nous continuâmes jusqu’au soir à combattre ; encore ne cessa-t-il de combattre que parce que ses forces l’abandonnèrent par suite d’un coup de lance qui l’avait atteint à l’épaule gauche. » Il comparut, le 1er mars 1831, devant le juge de paix de la mairie du (ancien) Ier arrondissement, pour attester (il signe Michau) avoir parfaitement connu Bourdillat, Jean, Charles, Alphonse et « savoir qu’il a été atteint d’un coup de feu dans l’épaule gauche le 29 juillet lors de l’attaque des écuries de l’ex-roi Charles X, rue du Faubourg-du-Roule, qu’ayant été transporté de suite à l’hôpital Beaujon pour y être traité, il y est décédé le 23 août dernier ». Au moment de décerner les décorations, une contestation s’engagea entre certains décorés de Juillet et l’administration ; celle-ci en effet imposa une prestation de serment de fidélité au roi, à la charte et aux lois, qui n’avait pas été prévue initialement. Certains décorés protestèrent contre une telle mesure, plusieurs refusèrent d’aller retirer la décoration, d’autres au contraire la soutinrent. Parmi eux, Micheau, qui signa la Déclaration des citoyens du (ancien) Ier arrondissement, désignés pour la décoration de Juillet, en date du 12 mai 1831 et rédigée comme suit : « Le serment exigé par l’ordonnance du 30 avril dernier est devenu l’objet d’une polémique affligeante, dont le résultat a été de faire naître des doutes pénibles sur les véritables intentions des braves désignés pour la décoration de Juillet. Etre fidèle au roi des Français, garder obéissance à la charte sont des obligations communes à tous les citoyens, s’en affranchir serait un crime : telle est l’opinion des soussignés, qui considèrent comme un devoir de faire la déclaration suivante. L’amour de la patrie, le besoin de résister à l’oppression nous a spontanément fait prendre les armes, ainsi qu’à une foule de généreux citoyens, qui sans illisible et sans s’être concertés ont tous concouru au même but pendant les trois mémorables journées de Juillet. La hache du bourreau nous menaçait tous également ; si nous eussions succombé, elle se fut appesantie sur nos têtes, il fallait vaincre ou mourir. La cause sacrée de la patrie a triomphé mais en plein jour, au brûlant soleil de Juillet, sans avoir jamais conspiré dans l’ombre. Charles X et ses ministres ont été les seuls conspirateurs. Le roi citoyen veut aujourd’hui nous remettre lui-même le signe d’honneur que la nation nous a décerné comme récompense nationale. Nous le recevrons avec reconnaissance des mains royales du chef de l’Etat et nous lui prêterons serment ainsi qu’à la charte. Mais nous ne voudrions pas porter cette honorable décoration si elle devait jamais être considérée comme un signe de ralliement contre l’ordre constitutionnel. Les combattants de Juillet veulent avant tout l’ordre, la paix publique, la liberté et non la licence, la prospérité de la France et la consolidation de toutes nos institutions nationales. Ils se font gloire d’être la légion sacrée de notre jeune royauté et ils en seront toujours les premiers défenseurs parce qu’ils sont convaincus qu’en France maintenant le roi ne veut que ce que veut la loi et que la charte jurée ne cessera jamais d’être une vérité. » (La liste des décorés de la Croix de Juillet du [ancien] Ier arrondissement qui la signèrent était composée de : Godey, Jean-Baptiste ; Truck, Charles, Ferdinand ; Magistel, Antoine, Jean, Louis, Nicolas, Etienne ; Lecocq, Louis, Octave, Amédée ; Guimbal, Guillaume ; Montdidier, François ; Gavier, Louis, Charles ; Boyé, Henri ; Fréchon, Hippolyte, Jean ; Moiton, Alexis ; Blandin, Joseph ; Girard, Jean, Narcisse ; Danse, Charles, Olivier ; Balmet, René ; Lepagnol, Charles, Théodore ; Micheau, George, François ; Poutrait, François, Claude ; Tissandier, Joseph ; Bottet, François, Alexandre ; Viger, Henri, François, Paul ; Bador, Jean, Antoine ; Mocquant, François, Joseph ; Destains, Victor ; Fillias, Pierre, François). Il prêta son serment de décoré de Juillet (il signe bien deux fois Michau, en face de son nom pourtant écrit Micheau), le 16 mai 1831 à la mairie du (ancien) Ier arrondissement. Ce serment était ainsi libellé : « Je jure fidélité au roi des Français, obéissance à la charte constitutionnelle et aux lois du royaume. » Il reçut sa croix le 21 juin 1831, et son brevet le 2 septembre de la même année (il signe bien Michau). En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, en tant que décoré, auprès de la mairie du (ancien) Ier arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Il reçut (sous le nom de Michau, George, François) une somme de vingt-cinq francs, en 1833, à l’occasion des fêtes anniversaires de la révolution de Juillet. Il reçut (sous le nom de Michau, George, François), comme décoré de Juillet, une gratification de huit francs, en juillet 1834, à l’occasion des fêtes anniversaires de la révolution. En 1835, ayant éprouvé beaucoup de pertes, garde national malgré son âge et s’étant distingué par son courage dans les affaires de juin 1832, il sollicita un secours. Le préfet de police donna sur son compte les renseignements suivants : « […] Agé d’environ soixante ans (soit né vers 1775, N.D.A.), marié, sans enfant, exerce la profession de couvreur. Son travail est son unique ressource. On assure qu’il a récemment éprouvé des pertes, qui l’ont réduit à une position extrêmement gênée. Il s’est conduit d’une manière remarquable lors de la révolution de Juillet. Sa réputation est excellente. » Il reçut un secours de cinquante francs. Il reçut (sous le nom de Michau, père, et il signe bien Michau ; le fils étant indiqué comme Simon, Nicolas), comme décoré de Juillet, une gratification de cinq francs et trente centimes, en juillet 1837, à l’occasion des fêtes anniversaires de la révolution. Il demeurait 15, impasse d’Any dans la rue du Rocher en 1830-1837. Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Archives de Paris VD6 91, liasse n° 5, état nominatif des décorés de Juillet qui ont reçu l’indemnité de vingt-cinq francs accordée par décision de M. le préfet de police, contenue dans sa lettre du 26 juillet [1833] ; Archives de Paris VD6 92, Mairie du (ancien) Ier arrondissement, Bordereau des sommes payées aux décorés de la croix et de la médaille de Juillet, non blessés, pour l’indemnité qui leur a été accordée à l’occasion de l’anniversaire des trois jours, par décision de la Commission des récompenses nationales en date du 23 juillet 1831, idem liste des décorations du (ancien) Ier arrondissement ; Archives de Paris VK3 10 ; Archives de Paris VK3 24, département de la Seine, (ancien) Ier arrondissement, contrôle nominatif des citoyens décorés de la Croix de Juillet ; Archives de Paris VK3 25 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) Ier arrondissement, idem même référence Mairie du (ancien) Ier arrondissement, Etat de répartition entre les décorés de Juillet de la somme de trois cent cinquante-neuf francs et quatre-vingt-quinze centimes mise à la disposition du maire du (ancien) Ier arrondissement, le 30 juillet 1834 (sous le nom de Michau, George, François), idem même référence Décorations de Juillet (1837) Mairie du (ancien) Ier arrondissement, Etat nominatif des décorés de Juillet qui ont demandé à recevoir l’indemnité accordée par M. le préfet de la Seine à l’occasion du septième anniversaire de Juillet ; Archives de Paris VK3 27 Mairie du (ancien) Ier arrondissement, décorations de Juillet, registre et certificat de prestation de serment ; Archives de Paris VK3 47 in dossier Lepagnol, Charles, Théodore ; Archives de Paris VK3 48 ; Archives nationales F/1dIII/33 dossier indemnités et récompenses, envoi du 3 décembre 1830 du ministre de l’Intérieur à la Commission des récompenses nationales (sous le nom de Michau, Georges, François) ; Archives nationales F/1dIII/34, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) Ier arrondissement (sous le nom de Micheau, Georges, François) ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) 1er arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/46 in dossier Bourdillat, Jean, Charles, Alphonse ; Archives nationales F/9/1154, secours aux victimes de Juillet 1831-1835 ; Archives nationales F/9/1156 (sous le seul nom de Michaux).

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