Michel, Antoine, François

Biographie


Né le 25 janvier 1786 à Paris. Tailleur. Il comparut, le 12 octobre 1831, devant le juge de paix du (ancien) Xe arrondissement, pour attester avoir connu Brigand, Jean, et fit la déposition suivante : « Le sieur Michel déclare avoir vu ledit Brigand rue Saint-Honoré en face la rue de Richelieu, frappé par plusieurs gardes royaux à coups de crosses de fusil, le 28 juillet 1830 dans la matinée. Il était armé. » Il déposa un dossier devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février, et qui nous donne de nombreuses indications biographiques et aussi sur sa participation à la révolution de Juillet. Le 26 octobre 1848, il adressa en effet la lettre suivante à la Commission : « Je sollicite un bureau de tabac dans une localité où constamment il a existé depuis de longues années. C’est seulement depuis quinze ans que la barrière de l’Ecole se voit priver du bureau, à la proximité des classes laborieuses. J’habite depuis plusieurs années le boulevard de Lowendal, 21. Je crois, citoyen ministre, aujourd’hui avoir les titres suffisants au droit et à la bienveillance de votre administration. Jeune en 1814, j’ai empêché la poudrière de Grenelle de sauter. C’est par mon énergie que me doivent la vie plusieurs milliers de citoyens. En 1830, j’ai pris la part la plus active à la révolution et si je n’ai pas eu de récompense honorifique c’est par le refus formel que j’ai fait à la Commission. Je suis resté l’homme du pays (sic). Ensuite, en 1832, pour mes opinions politiques j’ai vu mon établissement illisible par la police. A la suite des affaires de juin 1832, j’ai donné mon concours aux hommes de la lutte républicaine habitant du quartier des Invalides. Tailleur, avec un magasin florissant, le titre de républicain fut ma ruine complète. 1848 arriva. Plût à Dieu que les réparations arrivent car les vieux soldats de la liberté ont fait leur devoir. Je suis le seul garde national qu’on a vu à la Chambre des députés lors de la visite de la duchesse d’Orléans. Sachant allier humanité et ce que l’on doit au malheur, j’ai quitté la Chambre pour rejoindre les combattants. C’est en présence de tous ces faits, attestés par des titres authentiques que le citoyen Michel demande avenue de Lowendal un débit de tabac, utile dans cet endroit […]. » Il joignait plusieurs certificats à sa demande. Le premier certificat, ainsi rédigé, à en-tête de la Chambre des députés des départements : « Le trésorier archiviste de la Chambre des députés, ancien chef de bataillon de la Xe légion de la garde nationale de Paris, certifie que dans la nuit du 29 mars 1814, commandant en qualité de lieutenant le poste de la barrière de l’Ecole militaire, il reçut l’avis que des malveillants avaient formé le projet de faire sauter la poudrière de Grenelle, où un rassemblement s’était porté ; que, dans ce moment critique, il demanda un homme de bonne volonté pour se rendre sur les lieux et remettre ensuite un rapport à l’état-major établi au palais Bourbon ; que M. Michel, Antoine, François, chasseur de sa compagnie, voyant quelque hésitation parmi ses camarades, s’empressa de se présenter et exécuta la mission qui lui a été donnée, avec tout le zèle, le courage et l’intelligence qu’on pouvait désirer, les poudres ont été mouillées et l’explosion a été rendue impossible par les soins des officiers du génie. » Signé, le 12 mars 1831 : Douscet, chef de bataillon ; Rougelot, chef de bataillon. Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « Les soussignés certifient que le sieur Michel, Antoine, François s’est présenté en uniforme et en armes dès le 29 juillet au poste de la Boucherie des Invalides au Gros Caillou ; qu’il y a fait un service assidu pendant plusieurs jours et a contribué de tous ses efforts au maintien de l’ordre public. » Signé, le 12 mars 1831 : Boch, capitaine ; Lambert, lieutenant ; Tetu (voir sans doute Tetu, Jean, François, Joseph ?), capitaine. Le troisième certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, certifie que le citoyen Michel, Antoine, François, nommé sergent après la révolution de 1830 et aujourd’hui garde national de la 2e compagnie du 1er bataillon de la Xe légion, a fait preuve de patriotisme dans les journées de février dernier, en se présentant à la séance de l’ex-Chambre des députés, d’où il n’est sorti qu’après que la république fut proclamée ; je certifie en outre que, sur ma réquisition, il s’est porté au ministère de l’Intérieur, que l’on disait menacé, et qu’il ne l’a quitté qu’après s’être assuré que sa présence n’était plus utile. » Signé, le 9 mai 1848 : Ramond, chef du 1er bataillon de la XIe légion. Il fut recommandé par la Commission pour obtenir un bureau de tabac avenue de Lowendal. Il était sergent de voltigeurs au 1er bataillon de la Xe légion de la garde nationale en 1831. Il était marié et père d’un enfant en 1848. Il demeurait 23, rue Saint-Dominique dans le faubourg Saint-Germain en 1831 ; 21, avenue de Lowendal en 1848. Archives de la préfecture de police AA 403.

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