Millon ou Milon, Joseph, Alphonse

Biographie


Né le 17 novembre 1788 à Paris, fils de Milon, André, Eugène et de Stoklet, Marie, Geneviève. Ancien adjudant du 66e régiment de ligne sous l’Empire, devenu facteur de pianos. Il eut les deux os de la jambe fracturés par une balle, le 28 juillet rue de Tracy. Transporté à l’hôpital Saint-Louis, il mourut des suites de sa blessure, le 16 août suivant. Quelques jours avant de mourir, La France nouvelle, nouveau journal de Paris, en date du 19 août, relatait ainsi sa participation à l’enterrement de deux victimes des combats de Juillet : « Aujourd’hui, quatre convois ont porté au cimetière de l’Est les dépouilles mortelles de quelques-uns des braves tués dans les mémorables journées de juillet ; ces précieux restes ont été exhumés, par mesure sanitaire, de l’église Saint-Eustache et d’autres lieux de la cité. Arrivés au champ du repos, les deux premiers convois sont conduits à la fosse commune, lorsque M. Joseph Millon, autrefois l’un des adjudants sous-officiers du 1er bataillon du 66e régiment d’infanterie de ligne, licencié sur les bords de la Loire, propose et fait voter par acclamation une souscription consacrée à l’achat d’un terrain destiné à conserver les restes si dignes d’une pareille distinction. Un drapeau tricolore est planté sur la tombe qui les possède. Nous aimons à croire que l’autorité, qui a pu ne pas être instruite à temps de cette translation peut-être précipitée, fera ériger un monument convenable à toutes les nobles victimes de la cause de la liberté. Au reste, des personnes qui se disent bien instruites, nous assurent que la chapelle prétendue expiatoire élevée sur l’emplacement de l’ancien opéra, rue Richelieu, réunira sous peu de temps tous ces objets de notre culte et de nos regrets. » Il avait reçu un secours de quatre-vingt-dix francs en août 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel (mais un total de trois cent dix francs inscrit comme ayant été versé par la commission du Constitutionnel, sur un certificat de lhôpital Saint-Louis), un secours de vingt francs, le 10 août 1830, un secours de vingt francs, le 14 août 1830, un secours de dix francs, le 7 septembre 1830 à la mairie du (ancien) IIIe arrondissement. Le Constitutionnel du 20 août 1830 rapporte sur la cérémonie de ses obsèques les circonstances suivantes : « Chaque jour la terre de nos cimetières reçoit quelques-uns des héros de juillet, qui, après de longues souffrances, succombent à leurs blessures, mais jusqu’ici l’administration paraît n’avoir prescrit aucune mesure pour que le lieu où sont déposés ces restes honorables, porte un signe qui les signale et les rappelle à la reconnaissance de leurs concitoyens. Joseph Milon, adjudant du 66e régiment de ligne, qui fut licencié à l’armée de la Loire, mort à la suite des blessures reçues dans la journée du 28, avait été porté au cimetière du Père-Lachaise, et, selon l’usage, on se disposait à descendre ce glorieux cadavre sans la fosse commune. Une généreuse indignation a éclaté parmi les assistants. Une collecte a été faite, et les cinquante francs exigés ont été aussitôt déposés pour obtenir que le corps de Milon ne fût pas jeté dans cette grande voierie, et obtînt un lit à part dans le champ de l’éternel repos. Dans la même journée, cet exemple d’incurie ou d’avarice d’un côté, et de générosité de l’autre a été deux fois renouvelé. » Sa famille reçut un secours de soixante francs et un autre de cent soixante francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IIIe arrondissement. Le 10 février 1831, devant le juge de paix du (ancien) IIIe arrondissement, comparurent : Simon, Jean-Pierre, facteur de pianos, demeurant 12, rue des Récollets ; Thiveau, Edouard, clerc d’avoué, demeurant 3, rue des Petites-Ecuries. Ils attestèrent que Milon, Joseph, Alphonse avait « été blessé le 28 juillet par une balle reçue à la jambe, qu’il a été transporté de suite à l’hôpital Saint-Louis, qu’il est resté jusqu’au espace laissé en blanc dans loriginal, jour où il est mort de cette blessure ». Il laissait une orpheline (deux enfants sur les listes du Constitutionnel), Marie, Adèle, née le 22 janvier 1817 (par erreur le 23 janvier 1817 in Archives nationales F/1dIII/38 B ; le 22 janvier 1816 in Archives de Paris VD6 360 n° 5, II, Etat nominatif des enfants des citoyens tués en juillet 1830) à Paris. Il était sans doute veuf et concubin puisquon trouve sur les listes de la mairie in Archives de Paris VD6 360 n° 5, II, Liste des veuves par suite des journées de juillet 1830, linformation que la veuve Milon, demeurant 20, rue du Vertbois, laissée seule avec trois enfants, navait en fait aucun droit : « Madame Simon vivait avec le sieur Milon. Na aucun droit. Madame veuve Milon est morte avant les événements. Lui écrire, son dossier nexiste pas aux récompenses. » Dautre part la veuve Milon, demeurant 20, rue du Vertbois, est inscrite pour un secours de cinquante francs (payé à sa fille) le 17 août 1830, un secours de vingt francs, le 20 août 1830 (payé à M. Riblet même maison) à la mairie du (ancien) VIe arrondissement in Archives de Paris VD6 360 n° 5, mairie du (ancien) VIe arrondissement, III, Enregistrement des bons délivrés par MM. les membres de la Commission des blessés, contenant autorisation de délivrer des secours aux veuves, orphelins et blessés, sur le fonds de dix mille francs reçu à cet effet de la préfecture par M. Caius, maire du (ancien) VIe arrondissement et sur les souscriptions déposées entre les mains de M. Grondard, trésorier. Marie, Adèle reçut un secours de cinquante francs le 20 octobre 1830, un secours de vingt-cinq francs le 19 novembre 1830, un secours de cinquante francs le 3 janvier 1831, un secours de dix francs et quarante centimes le 15 avril 1831, puis fut pensionnée de sept cents francs (sous le nom de Milon sur les listes du Bulletin des lois et sur celles du Moniteur universel) et se vit accorder (sous le nom de Milon, Marie, Adèle), par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Le conseil de famille des orphelins était composé de l’aïeule Stoclet veuve Milon, et de Pagnist, Jean, peintre-vitrier, subrogé-tuteur, demeurant 55, rue du Faubourg-Poissonnière en 1831. Elle reçut trois cents francs pour ses frais de trousseau en 1832 et était alors en pension à Verneuil (Eure). Cette même année, la Commission de surveillance spéciale des orphelins et orphelines de Juillet rapportait au sujet de la mère, qu’elle méritait « la confiance du comité » et que l’enfant était aussi placée sous la surveillance morale du maire de Verneuil. Le 29 juin 1816 à la mairie du (ancien) IIIe arrondissement de Paris, il avait épousé Pagnest, Marie, Jeanne, Sophie, née le 12 janvier 1785 à Paris ; sur l’acte de mariage, Milon, Joseph, Alphonse (sic) est indiqué comme fils majeur mais sans nouvelles de ses parents ; Pagnest, Marie, Jeanne, Sophie est indiquée comme fille de Pagnest, Nicolas, Antoine, vitrier, et de Dubarque, Marie, Jeanne, son épouse, et comme étant veuve de Ribelet, Guillaume, décédé à Leipzig, le 15 décembre 1813. Millon ou Milon, Joseph, Alphonse était le parent de Milon, Augustin, Casimir, Henry (voir ce nom), médaillé de Juillet. Il demeurait 20, rue Bleue puis 46, rue du Faubourg-Poissonnière en 1816 ; 3, rue des Petites-Ecuries en 1830 ; sa veuve, même adresse en 1831. Le nom de Millon (J.-A. Millon) est inscrit sur la colonne de Juillet, place de la Bastille, et sur les tables du Panthéon. La France nouvelle, nouveau journal de Paris, 19 août 1830 ; Premier état, arrêté le 19 août 1830, des secours distribués par Le Constitutionnel ; Deuxième état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Liste des morts, des blessés, des veuves et des orphelins, 2e édition, Paris, chez A. Barbier, imprimeur, rue des Marais S.-C., 17, 1830, p. 35 ; Journées des 27, 28 et 29 juillet, liste des morts, des blessés, des veuves, des orphelins, Paris, A. Boulland, 1830, p. 39 ; Révolution mémorable des journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, Cousin d’Avalon, Paris, Stahl, imprimeur-libraire, quai des Augustins, n° 9, p. 57-58 ; Liste n° 5, des orphelins de Juillet, ou considérés comme tels, pensionnés de deux cent cinquante francs jusqu’à l’âge de sept ans puis élevés aux frais de l’Etat jusqu’à dix-huit ans, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Orphelins de Juillet, ou considérés comme tels, pensionnés de deux cent cinquante francs jusqu’à l’âge de sept ans puis élevés aux frais de l’Etat jusqu’à dix-huit ans, Le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusquau 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 97 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du IIIe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 96 ; Archives de Paris VD3 1-2 in dossier Commission des récompenses nationales, (ancien) IIIe arrondissement, état des veuves ayant droit à une pension, avec enfant ou sans enfant, idem état des sommes payées par MM. les commissaires ci-après désignés aux combattants et blessés de juillet 1830 du (ancien) IIIe arrondissement, idem Etat des paiements faits par M. Ternaux, commissaire délégué des récompenses nationales pour le (ancien) IIIe arrondissement, aux veuves, ascendants et blessés dudit arrondissement, années 1830-1831 (M. Ternaux n’a pris les paiements que le 13 octobre 1830) ; Archives de Paris VD 4 13 pièce 3671, Etat, par arrondissement et par âge, des orphelins et orphelines de Juillet, Etat général des tuteurs et subrogés-tuteurs des orphelins et orphelines de Juillet (on trouve le même document dans Archives de Paris VK3 23) (on trouve le même document dans Archives de Paris VK3 23) ; Ministère du Commerce et des Travaux publics, Rapport au roi sur lexécution de la loi du 13 décembre 1830, relative aux récompenses nationales, et de lordonnance du roi du 25 août 1831, concernant les orphelins et orphelines de Juillet à la charge de lEtat, (qu’on peut trouver par exemple dans Archives de Paris VD6 92), p. 32-33 ; Archives de Paris VD6 360 n° 5, II, Liste des veuves par suite des journées de juillet 1830, idem Etat nominatif des enfants au-dessus de sept ans des citoyens tués en juillet 1830 ; Archives de Paris, VD6 631 n° 1 in dossier Milon, Augustin, Casimir, Henry ; Archives nationales F/1dIII/34, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux orphelins pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) IIIe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 ; Archives nationales F/1dIII/38 B, orphelines du (ancien) IIIe arrondissement et état des orphelins de victimes de Juillet dont les noms et dates de naissance n’ont pas été inscrits conformément à leurs actes de naissance ; Archives nationales F/1dIII/40 (année 1833, IIIe arrondissement, orphelins et orphelines de Juillet, tableau n° 1 indiquant leur âge, la profession à laquelle ils se destinent, l’établissement public ou privé dans lequel ils sont placés) ; Archives nationales F/1dIII/67 ; Archives nationales F/1dIII/82, Comité des pensions, liste de présence, liste des orphelins aussi état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet, aussi liste des victimes de Juillet 1830, colonne de Juillet et aussi liste générale des citoyens morts dans les journées de juillet 1830, en combattant pour les libertés publiques et dont les noms sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (sous le nom de Millon, Joseph, Alphonse) et aussi Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) IIIe arrondissement, orphelins et aussi Commission des récompenses nationales, état des orphelins de victimes de Juillet, dont il paraît que les noms et dates de naissance n’ont pas été inscrits conformément à leurs actes de naissance ; Archives nationales F/15/2553 orphelins de Juillet, (ancien) IVe arrondissement (sous le nom de Millon) et (ancien) IIIe arrondissement (sous le nom de Milon) ; Archives nationales F/15/2557-2559, un cahier intitulé Noms des tuteurs et subrogés-tuteurs des orphelins pensionnés ; Bulletin des lois, IXe série, tome 21, n° 746, Paris, imprimerie royale, février 1841, p. 84 (sous le nom de Millon, Joseph, Alphonse), liste générale des citoyens morts ou blessés mortellement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, en combattant pour la défense des lois et des libertés publiques, les noms de ces citoyens sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (et aussi Archives de Paris D1K1 138, qui contient les mêmes informations puisqu’il s’agit de ce même numéro du Bulletin des lois) ; Colonne de Juillet, liste officielle et par ordre alphabétique des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de juillet 1830, Paris, chez Vve Demoraine et Boucquin, 1841.

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