Millot, Jean-Baptiste
Biographie
Né vers 1783 à Censes (?). Pharmacien en 1830, ou voyageur de commerce. De passage à Paris en juillet 1830, il combattit avec les Parisiens. En 1831, pharmacien à Nancy, il sollicita auprès de la Commission des récompenses nationales la décoration de Juillet : « Je suis arrivé à Paris le 3 juillet ; j’étais descendu aux Etats-Unis ; je pris ensuite une chambre rue Gît-le-Cœur, n° 6, Hôtel de Toulouse, chez M. Lévy. Là, je m’y suis trouvé à l’arrivée des belles journées. Le 27 au soir, je suis sorti et n’ai rentré que le 30 au matin. Comme mon état ne me permettait pas de rester plus longtemps à Paris, je suis parti de la capitale pour me rendre à Reims, dans la maison pour laquelle je voyage, du 20 au 30 octobre. Depuis mon départ de Paris, je me suis trouvé en voyage ce qui m’a ôté le plaisir de faire moi-même les démarches. » Il joignit à sa demande le certificat suivant : « Nous soussignés, certifions qu’il est de notre connaissance que, dans les mémorables journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, le sieur Millot (Jean-Baptiste), pharmacien de Nancy (département de la Meurthe) séjournait à Paris pour affaires, que ce brave citoyen s’est mêlé parmi les généreux défenseurs de la charte et de la liberté, armé d’un fusil et de soixante cartouches, qu’il a saisis sur un soldat de la ligne. Muni de ce trésor et placé en embuscade au coin de la rue du Mouton, place de Grève au moment où les Suisses et les lanciers tiraient sur le peuple, a tiré sur eux trente coups ; au moment où un bruit se fit entendre, il se dérangea de son poste pour diriger ses coups sur un chef, une balle vint percer d’outre en outre son chapeau, son fusil tomba de ses mains, il le ramassa, ni les balles ni la mitraille n’ont pu altérer son courage ; il s’est remis à son poste et a continué à tirer les trente coups qui lui restaient sur les ennemis de notre chère patrie. Le jour suivant, muni de ses armes et d’amples munitions il a coopéré à prendre le Louvre et les Tuileries. Le calme rétabli, il s’est livré à l’honorable service du pansement des malheureux blessés. Les jours ensuite, il est allé à l’expédition de Rambouillet, là où il a distribué des vivres à M. Montellier (voir Monthelier ?), colonel de la garde nationale de Rouen par ordre du général Pajol. » Signé, le 5 août 1830 : Sizar illisible ; Miton ; Petitdidier ; Lemère ; les dames du passage Saumon, Gormond, Robillard Rosalie, veuve Borel, C. Zélina Gaveis fille de capitaine, veuve Estève, femme Pettier. Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Le registre des délibérations du jury de la Commission des récompenses nationales, en date du 18 janvier 1831, contient les indications suivantes sur sa participation aux combats : « Le 28, a obtenu d’un soldat qu’il lui rendît les armes en échange du prêt d’une capote bourgeoise dont il a payé le prix, a combattu aux environs de la place de Grève, où il a tiré environs soixante coups de fusil. Le 29, a pansé des blessés et combattu aux Tuileries. Rambouillet. » Le jury de la Commission des récompenses nationales, chargé d’examiner les droits de chacun à une récompense, se prononça, dans sa séance du 18 janvier 1831, à aucune voix pour la croix, cinq voix pour la médaille et une voix pour une mention. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Il est répertorié (sous le numéro 930) dans les pièces sans adresse ou n’appartenant pas à l’arrondissement, auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. A l’occasion du passage de Louis-Philippe à Nancy, il lui adressa un placet dans lequel il écrivait se faire « honneur et gloire d’être sous les armes de la garde nationale de Nancy, pour la réception de Votre Majesté, qui nous honore tous, avec mon fusil et la giberne d’un soldat de la ligne, que j’ai désarmé à Paris ». Il demeurait à Nancy en 1830. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VD6 639 n° 5, liste générale alphabétique ; Archives de Paris VD6 682 n° 3, liste des médaillés, pièces sans adresse ou n’appartenant pas à l’arrondissement ; Archives de Paris VK3 33 Commission des récompenses nationales, mairie du (ancien) XIIe arrondissement, le 18 janvier 1831, jury pour l’examen des demandes de récompenses honorifiques, idem états nominatifs et listes de noms soumis à la Commission des récompenses nationales (1830-1831) (XIIe arrondissement ancien), en date du 18 janvier 1831 ; Archives de Paris VK3 34, liste de 829 noms, accompagnés d’observations sur les exploits des impétrants ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la médaille, (ancien) XIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/67.