Milon, François

Biographie


Né le 16 octobre 1798 à Carpentras (Vaucluse). Marchand ou journalier. Condamné sous la Restauration (pour avoir conspiré en faveur de Louis-Philippe, écrit-il… le motif de la condamnation n’apparaît pas). Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) VIe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet. Il signa, le 15 septembre 1831, le certificat suivant fait par L’Homme, Dominique (voir ce nom), en faveur de Colas, Jean, Joseph, René, quand ce dernier tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants : « Le soussigné Lhomme, Dominique, combattant de Juillet, blessé, décoré, demeurant rue du Faubourg-Montmartre n° 57, certifie que le sieur Colas, Jean, Joseph, René, domicilié à cette époque avenue de Lowendal, chez M. Charles, et marchand de vin aujourd’hui rue Croix-Nivert n° 6, s’est battu avec la plus grande intrépidité, le 28 juillet 1830, dans la rue Montmartre, en face la rue Mandar, où il a tué un Suisse, et au pont d’Arcole à 4 heures et demie environ. C’est à l’aide d’un fusil chargé et d’un paquet de cartouches, qu’il avait pris à un voltigeur du 5e de ligne, qu’il tua ce Suisse. Que, le 29, ledit sieur Colas, Jean, Joseph, René contribua puissamment à arrêter, entre 4 et 5 heures du matin, une voiture que M. Latour-Maubourg, gouverneur des Invalides, avait fait charger de pain et de vin, laquelle était attelée d’un cheval noir et se rendait aux Tuileries par le quai d’Orsay ; qu’il se trouva encore au nombre de ceux qui enjoignirent au conducteur de cette voiture de l’amener jusqu’au pont Royal, que, là, il aida à en former une barricade. Qu’à 6 heures et demie du même jour, toujours le matin, il se rendit à l’Odéon, d’où il partit pour contribuer au désarmement des gendarmes d’élite et des vétérans, dont les casernes étaient au Luxembourg, qu’après ce désarmement il est revenu à l’Odéon, où il y avait un nombre considérable de citoyens venant de tous les quartiers de Paris et de la banlieue, qu’ils se rendirent tous ensemble, ayant à leur tête des jeunes gens de l’Ecole polytechnique, avec une pièce de canon, traînée par le peuple, à la caserne de Babylone, où ils ont engagé le feu dans la Traverse, du côté de ladite caserne, sur laquelle ils tiraient ; qu’il fut un de ceux qui mirent le feu à Babylone ; qu’il retourna de nouveau sur la place de l’Odéon pour arborer le drapeau national au Luxembourg. Une seconde pièce de canon, attelée de deux chevaux, est venue les rejoindre et ils se sont rendus au Louvre et aux Tuileries, dont on venait de chasser toutes les troupes. Il a aidé à reconduire les pièces à l’Hôtel de ville. » Il reçut, auprès de la mairie du (ancien) VIe arrondissement, une gratification, en tant que décoré non blessé, de vingt-cinq francs en 1831. Il reçut, en tant que décoré non blessé et nécessiteux, un secours de vingt-cinq francs, sur les fonds de la Commission de la souscription nationale, à l’occasion du premier anniversaire de la révolution de Juillet. Il reçut, auprès de la mairie du (ancien) VIe arrondissement, une gratification, en tant que décoré non blessé, de vingt-cinq francs le 28 juillet 1833 (contre la remise de son brevet, mesure curieuse mais ordonnée par le préfet de police). Il est indiqué pour avoir reçu, comme ancien condamné politique, un secours de vingt francs en décembre 1833, un secours de vingt francs en janvier 1834, ce qui représentait sans doute le montant d’un secours mensuel qui lui fut alloué, pendant tout le règne de Louis-Philippe comme ancien prisonnier politique. Il reçut, auprès de la mairie du (ancien) VIe arrondissement, une gratification, en tant que décoré, de de quatre francs en 1836, decinq francs et trente centimes en 1837, à l’occasion des fêtes anniversaires de la révolution de Juillet. En 1840, homme de peine au Journal de linstitut historique, dirigé par Monglave de, Garay, Eugène (voir ce nom), il recevait un traitement de soixante-quinze francs par mois plus un secours mensuel de vingt francs de la part du ministère de l’Intérieur ; sa femme tenait un petit commerce de mercerie, 21, rue Geoffroy-Lasnier. Il sollicita un secours et le directeur du journal qui l’employait, Monglave de, Garay, Eugène (voir ce nom), le recommanda comme un « honnête homme, doux, paisible, bon père de famille ». La police donna comme renseignement sur son compte, en 1837, que sa femme et lui ne gagnaient « pas assez pour suffire à leurs charges » et qu’ils tenaient une bonne conduite, et, en 1840, que Milon tenait toujours une bonne conduite et jouissait de la confiance de ses chefs. En 1843, les mêmes sources administratives rapportaient : « Le sieur Milon est considéré comme un honnête homme et n’a pas besoin de secours. Ce ménage n’a aucune charge. » Il reçut cependant un secours de vingt-cinq francs en 1844. En 1840, il avait un fils sous les drapeaux au 3e régiment d’artillerie, qui s’était distingué plusieurs fois et avait été blessé deux fois. Il reçut un secours de soixante-quinze francs en octobre 1852, de la préfecture de police, en tant qu’ancien condamné politique. Il demeurait 9, rue Geoffroy-Lasnier en 1831 ; 20, rue Geoffroy-Lasnier en 1833-1836 ; 21, rue Geoffroy-Lasnier en 1837 ; 9, rue Saint-Guillaume dans le faubourg Saint-Germain en 1840 ; 21, rue Geoffroy-Lasnier en 1840-1852. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VD 6 356 n° 6, Etat nominatif des décorés de Juillet qui ont pris part aux gratifications accordées à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet en 1831, 1833, 1834, 1835, 1836, Etat (1833) des décorés de Juillet du VIe arrondissement qui ont reçu sur leur demande la somme de 25 francs, que M. le préfet de police, par sa lettre du 26 juillet 1833, a autorisé M. le maire à leur compter, Etat nominatif des décorés de Juillet du VIe arrondissement dont les brevets déposés par eux à la mairie en recevant le 28 juillet 1833 la somme de 25 F ont été envoyés à la préfecture de police au désir de la lettre de M. le préfet en date du 27, Etat nominatif des décorés de Juillet non pensionnés entre lesquels a été répartie la somme de cent cinquante-deux francs attribuée au VIe arrondissement par la lettre de M. le ministre de l’Intérieur en date du 27 juillet 1836 (sous le seul nom de Milon) ; Archives de Paris VD 6 356 n° 6, Année 1837, Etat des décorés de Juillet du (ancien) VIe arrondissement qui sont venus se faire inscrire pour participer s’il y a lieu à la gratification qui pourrait être accordée à l’occasion des fêtes de Juillet, Etat émargé (1837) par les décorés de Juillet du (ancien) VIe arrondissement qui ont participé à la gratification accordée par M. le ministre de l’Intérieur à l’occasion des fêtes anniversaires de 1830 ; Archives de Paris VD6 360 n° 5, V-VI Renseignements sur diverses victimes des 27, 28 et 29 juillet 1830, tuées ou blessées, V Etat des sommes payées par la Commission des récompenses nationales aux sous-lieutenants et aux décorés non blessés pour l’anniversaire de juillet 1830 du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 ; Archives de Paris VD6 360 n° 5, V-VI Renseignements sur diverses victimes des 27, 28 et 29 juillet 1830, tuées ou blessées, V (ancien) VIe arrondissement, Souscription nationale, secours accordés à l’occasion de l’anniversaire des journées de Juillet aux décorés de la croix ou de la médaille, non blessés et nécessiteux, lettre de M. le préfet du 25 juillet 1831 (sous le seul nom de Milon) ; Archives nationales F/1dIII/35 B, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) VIe arrondissement (sous le seul nom de Milon) ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) VIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/67 ; Archives de la préfecture de police AA 366, Etat des allocations accordées aux condamnés politiques, résidant à Paris, pour le mois de décembre 1833 ; Archives de la préfecture de police AA 366, Etat des allocations accordées aux condamnés politiques, résidant à Paris, pour le mois de janvier 1834 ; Archives de la préfecture de police AA 366, Etat des allocations accordées pour le mois de janvier 1848 aux condamnés politiques de la Restauration qui résident à Paris (pour un secours mensuel de vingt francs) ; Archives de la préfecture de police AA 368, Rapport au ministre de la Police générale, en date du 4 octobre 1852, minute 224 ; Archives de la préfecture de police AA 379 in dossier Colas, Jean, Joseph, René. (sous le seul nom de Milon).

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