Minié, Auguste
Biographie
Né le 20 août 1800 à Nantes. Ancien sous-officier, devenu corroyeur. Il était en armes à l’affaire de la place Louis-XVI, où il arrêta seul un peloton du 10e léger en tenant en joue le capitaine de grenadiers qui le commandait, avec menace de le tuer s’il était tiré un coup de fusil par les soldats ; son sang-froid empêcha soixante Français de se tirer les uns sur les autres, il contribua à la reddition du poste central. Il fut décoré de la Croix de Juillet, sur la proposition de la ville de Nantes par l’ordonnance du 31 juillet 1831. Il fut proposé pour une sous-lieutenance et la décoration de la Légion d’honneur par la Commission des récompenses nationales de la ville de Nantes. La proposition de la Commission était ainsi apostillée : « M. Minié pourrait être admis au remplacement de M. Tranchevent (voir Trenchevent, Léonard, Hilaire), qui après avoir été porté par la Commission des récompenses de Paris sur les états déposés au ministère de la Guerre, a renoncé à l’exercice de ses droits. » Il signa, le 6 août 1831, avec Sirat (voir Sirat, Pierre, François), décoré de Juillet, Hyrvoix (voir ce nom), décoré de Juillet, Catheaugrue (voir Catheaugrue aîné), Ginselo (voir Ginselo, François), décoré de Juillet, Hudôme jeune (voir Hudome, Jean), Poubeau (voir Poubeau, Henri) et Legorgeux le certificat suivant en faveur de Dugas, Toussaint, quand ce dernier tenta avec retard de faire valoir ses droits à la décoration de Juillet : « Nous, soussignés, habitants de la ville de Nantes, décorés de Juillet, certifions que le sieur Dugas, Toussaint, demeurant chaussée de la Magdeleine n° 6, s’est comporté avec un courage digne d’admiration à l’affaire du cours, le 30 juillet 1830 entre la troupe de ligne et les habitants. C’est pourquoi nous lui avons délivré le présent pour lui servir et valoir au besoin. » Il signa, le 2 août 1831, avec Hyrvoix, Mabon (voir ce nom), Ginselo (voir Ginselo, François) le certificat suivant en faveur de Trouillard, André, François aîné, afin de remplacer la médaille de Juillet, qu’il avait obtenue, par la croix : « Nous, soussignés, certifions que le sieur André, François Trouillard, de Château-Gontier, s’est conduit en brave aux journées de juillet 1830 ; qu’il a coopéré de tout son pouvoir à la défense de nos libertés et qu’il a droit à la décoration spéciale. En foi de quoi, nous lui avons délivré le présent certificat pour lui servir et valoir au besoin. » Il signa, le 3 août 1831 et avec Hudôme jeune (voir Hudome, Jean), Pieau (voir Pieau, Charles, Louis), Trastour (voir ce nom), Ginselo (voir Ginselo, François), Hyrvoix (voir ce nom), Poubeau (voir Poubeau, Henri), Durand (voir Durand, Emile, ou Durand, Pierre), Pichaud (voir Pichaud, Pierre), le certificat suivant en faveur de Chupin, Pierre, Henri : « Nous, soussignés, domiciliés de la ville Nantes, département de Loire-Inférieure, certifions et attestons sur notre honneur qu’il est à notre parfaite connaissance que le sieur Chupin, Pierre, Henri, ancien militaire, père de six enfants encore en bas âge, a pris les armes le 30 juillet 1830 et a combattu sur la place. Il fut chargé par sept ou huit grenadiers de la garnison qui se disposaient à faire feu sur lui lorsqu’ils en furent empêchés par un de leurs officiers qui leur cria Ne tirez pas, c’est un brave. En se retirant, il fut un de ceux qui relevèrent le sieur Rozeau qui fut tué avec plusieurs autres. De retour au Port-au-vin, il concourut à la prise du poste et au désarmement de la troupe qui l’occupait. Il fut un des premiers qui entrèrent dedans ; quelques instants après, il s’opposa avec d’autres habitants au passage de six pelotons de douane qui voulaient jonctionner avec les troupes et qui furent contraintes de rétrograder. Dans toutes ces circonstance, le sieur Chupin a déployé le plus intrépide courage et a dû allier au plus grand dévouement le sang-froid et l’humanité. Nous attestons en outre qu’il est d’une moralité exempte de tout reproche. En foi de tout ce que dessus, nous lui avons délivré le présent, que lui a mérité sa belle conduite, en témoignage de notre satisfaction et pour lui servir et valoir au besoin. » Il était célibataire en 1830. Il demeurait rue Clavurerie à Nantes en 1830. Ordonnance du roi qui accorde la croix et la médaille de Juillet à divers citoyens de la ville de Nantes, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Archives nationales F/1dIII/80, Loire-Inférieure, Travail de la commission d’enquête pour les récompenses nationales à décerner aux victimes des événements de juillet 1830 et à ceux qui y ont pris part et Etat des citoyens auxquels la décoration de Juillet a été décernée par l’ordonnance du 10 juillet 1831.