Mistral, Jean-Louis

Biographie


Né vers 1770 à La Rochelle (Charente-Maritime). Chaudronnier, fondeur en fer, ayant obtenu une mention honorable en 1819 pour la fabrication de ses produits. Il fit une demande au général Lafayette, qui ne transmit pas les pièces à la Commission des récompenses nationales, regrettant que sa demande fût aussi tardive (pourtant en novembre 1830...) et alors que, répondit son secrétaire, les travaux de la Commission étaient terminés. Mistral décrivait ainsi, dans cette lettre, sa participation aux combats : « […] Le 29 juillet, j’ai armé quinze de mes compagnons après les avoir fait déjeuner avec moi pour les encourager et leur faire connaître mes intentions. Je leur ai dit : “Mes amis, les ennemis de nos droits nous attaquent. Suivez-moi.” C’était dans le moment où un fort détachement de Suisses et de gardes royaux voulaient pénétrer dans Chaillot par la rue Basse-Saint-Pierre. Ma petite troupe et moi et quelques habitants nous les avons empêchés de pénétrer ; nous les avons mis en pleine déroute et leur avons fait plus de cinquante prisonniers. Contents de la victoire que nous avions remportée, nous avons empêché que nos prisonniers ne soient victimes de la juste vengeance que le peuple voulait exercer sur eux et avons aidé à les sauver. Pour preuve de ce que j’avance c’est que le 30 juillet plusieurs des habitants de Chaillot (desquels mes ouvriers ne faisaient pas partie) m’ont fait l’hommage d’un drapeau tricolore, qu’ils ont scellé sur le pignon de ma maison en mon absence. » Sa lettre était accompagnée de plusieurs apostilles. La première apostille, ainsi rédigée : « Je recommande vivement à M. de Lafayette M. Mistral, qui, dans les derniers événements, s’est parfaitement conduit et qui, sous tous les rapports, mérite l’intérêt du général de Lafayette et la bienveillance du gouvernement, auquel il est dévoué. » Signé : général Pajol (voir Pajol, Pierre). La deuxième apostille, ainsi rédigée : « J’ai vu M. Mistral à la tête de ses ouvriers, faisant feu sur la garde royale, le jeudi matin. » Signé : Puzin, chirurgien-major de la XIIIe légion. Suivaient plusieurs signatures : Laurent, capitaine en second « comme ayant une parfaite connaissance des faits énoncés ci-contre » ; Masse, A., chef d’institution, demeurant 15, rue de Chaillot ; Cauet (voir Canuet, Louis, Urbain), médecin en chef de la Ire légion de la garde nationale, demeurant 10, rue de Chaillot ; Guilloteaux ; Bergeron ; Beaumont ; Meneray (voir Meneray, Aristide, Jean, Nicolas)) ; Miliotti (voir ce nom), lieutenant de la compagnie de grenadiers du 4e bataillon ; Dat ; Grosjean ; Baron, demeurant 14, rue de Chaillot ; Beaulieu, sergent-major à la compagnie de grenadiers du 4e bataillon de la 1re légion de la garde nationale. Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants ([ancien] Ier arrondissement), sise 10, rue Bourg-Labbé, puis 6, rue Dalayrac, afin d’obtenir la Croix de Juillet. Dans une lettre adressée par la Commission des réclamations de Juillet, présidée par Benard de Courtigis (voir ce nom) et établie 10, rue Neuve-Bourg-Labbé, au ministre de l’Intérieur et président du Conseil, son cas était cité en exemple comme quelqu’un dont les droits avaient été méconnus. Il demeurait 2, rue de Longchamp en 1820-1830. Souvenir glorieux du Parisien, précis historique des journées des 26, 27, 28, 29, 30 et 31 juillet 1830, par P. G. Prosper L***, nouvelle édition revue et augmentée, Paris, chez l’auteur, place Saint-André-des-Arts, n° 26 et chez les principaux libraires, p. 111 ; Archives nationales F/1dIII/82 Commission des réclamations de Juillet, extrait de quelques dossiers pris sur le travail général de la Commission des réclamations ; Archives de la préfecture de police AA 403 ; Almanach du commerce de Paris, des départements de la France et des principales villes du monde, de J. de la Tynna, continué et mis dans un meilleur ordre par S. Bottin, année 1820, Paris, au bureau de l’Almanach du commerce, p. 197 ; Exposition de 1819, Rapport du jury central sur les produits de l’industrie française, Imprimerie royale, Paris, 1819, p. 365.

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