Missemblé, André, Rose

Biographie


Né le 21 novembre 1788 (mais le 23 novembre 1788 in Archives nationales F/1dIII/39) à Paris. Ancien marin de la république et de l’Empire, pensionné, il avait fait la campagne de la Martinique, en qualité de mousse, sous les ordres du prince Jérôme Napoléon, commandant à bord du vaisseau amiral le Vétéran, amiral Willaumez ; blessé dans l’incendie de la flotte de Rochefort en sauvant des flammes Leregulus, il fut congédié et pensionné (sans doute de cent soixante-huit francs) à seize ans pour blessures graves ; ayant repris du service pendant les Cent-Jours, il fut blessé et fait prisonnier sous les murs de Paris en 1815. Il fut à l’initiative d’une pétition en faveur de Massot, Théophile, sous-lieutenant au 5e de ligne, qui avait refusé de faire tirer sur le peuple, le 27 juillet près du Palais-Royal. Il relatait ainsi le déroulement des événements auxquels il participa et au cours desquels il eut l’occasion de constater la conduite de Massot : « Je me trouvais rue Saint-Honoré, le 27 juillet mardi, au moment où nos premières victimes tombèrent pour la liberté. Un piquet de trente hommes, composé de grenadiers et voltigeurs, commandé par un sous-lieutenant, vint se mettre en position vis-à-vis la rue Neuve-des-Bons-Enfants. C’est le premier officier de la ligne qui a refusé de faire feu sur le peuple. M. Béranger, député de la Drôme, en a fait mention dans son rapport sur la mise en accusation des ministres. Cet officier a ordonné aux gardes royaux du 3e régiment de cesser le feu. Il a arrêté plusieurs charges de gendarmerie, sauvé la vie à deux bourgeois rue Neuve-des-Bons-Enfants. Un chef d’escadron de gendarmes ainsi que le capitaine commandant les grenadiers de la garde lui intimèrent l’ordre de faire feu sur le peuple, il leur répondit qu’il n’avait pas d’ordre à recevoir d’eux. A cette réponse, le capitaine le menaça de faire feu sur la troupe, s’il ne se retirait. A ce moment, le sous-lieutenant fit apprêter ses armes, ce qui lui valut un applaudissement unanime. Obligé de continuer sa patrouille, il engagea les bourgeois à se retirer dans les petites rues adjacentes afin d’éviter la fusillade. A peine son mouvement rétrograde fut-il opéré qu’un feu de peloton de la garde blessa plusieurs de nos braves et en tua quatre (c’était le 27, personne n’avait d’arme à 2 heures). Je m’empressai de relever celui qui était tombé à mes pieds tandis que plusieurs braves ouvriers accoururent à travers les balles relever les malheureux tués ou blessés. Nous les emportions lorsque les gendarmes nous ont impitoyablement chargés, jusqu’à la barrière des Sergents, où une grêle de pierres les a forcés de regagner la place du Palais-Royal. Ce n’est qu’à ce moment que nous avons eu des armes, chez plusieurs armuriers. J’avais de la poudre, je me suis procuré des billes en marbre et j’ai fait feu. J’eus le bonheur de venger la mort et les blessures de nos braves sur ceux-là mêmes qui les avaient frappés, car deux ont été tués de ma main et plusieurs ont été blessés. N’ayant plus rien à tirer, je donnai mon fusil à un ancien militaire qui avait des munitions. Ce brave a combattu le 27, le 28 et le 29 ; il fut blessé au Louvre et mourut à la suite de ses blessures, je l’ai su par le Constitutionnel dans son numéro du 18 août. Ayant cinq enfants, je rentrais chez moi, pour ne pas alarmer ma famille. Aussi bien j’ai déjà payé ma dette à ma patrie puisque je suis blessé et pensionné de la Marine. J’ai donc, au risque de perdre cette pension, contribué à donner l’élan à nos belles journées de Juillet. J’ai eu bien de la peine à découvrir le brave sous-lieutenant, dont la modestie égale le courage. Cependant je l’ai découvert, c’est monsieur Massot, Théophile, sous-lieutenant au 5e régiment de ligne. De retour à son quartier, monsieur Massot fut vivement réprimandé par son ancien colonel sur ce qu’il n’avait pas fait faire feu. Mais mon colonel Dieu me garde dun aussi grand malheur. Le 28, sur la place des Victoires, même conduite de monsieur Massot. Rue Montmartre, il a contribué à arrêter le feu des Suisses, sauvé les jours à une jeune dame. On aime à dire que la conduite de cet officier a épargné bien du sang car s’il eût fait faire feu, les bourgeois auraient eu des ennemis de plus dans la ligne et de là des massacres de plus. La conduite de cet officier est d’autant plus méritoire que le 27 sa vie était compromise si les affaires eussent tourné autrement […]. » Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) VIe arrondissement. Il reçut un secours de vingt francs, le 18 août 1830, à la mairie du (ancien) VIe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet. Il fut admis dans la 1re classe des blessés auprès de la mairie du (ancien) VIe arrondissement et reçut, à ce titre, une indemnité définitive de trois cents francs versée sur un an. Il reçut, à titre de blessé de la 1re classe, une indemnité définitive de cent vingt francs de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. Il obtint qu’un de ses garçons fût placé à l’école d’arts et de métiers de Charonne. Il reçut, auprès de la mairie du (ancien) VIe arrondissement, une gratification, en tant que décoré non blessé, de vingt-cinq francs en 1831. Il reçut, en tant que décoré non blessé et nécessiteux, un secours de vingt-cinq francs ou de cinquante francs, sur les fonds de la Commission de la souscription nationale, à l’occasion du premier anniversaire de la révolution de Juillet. En 1834-1835, il était employé à la maison des jeunes détenus du 14, rue des Fontaines, en 1836 surveillant à la maison d’arrêt. Il reçut, auprès de la mairie du (ancien) VIe arrondissement, une gratification, en tant que décoré non blessé, de cinq francs en 1834, de douze francs en 1835, de quatre francs et trente-cinq centimes en 1836, à l’occasion des fêtes anniversaires de la révolution de Juillet. En 1837, surveillant des jeunes détenus à la prison de la Roquette (aux appointements de onze cents francs par ans), père de cinq enfants, il venait de perdre l’aîné, âgé de dix-huit ans, qui se noya dans l’étang de Bagnolet, quand il demanda un secours. En 1838, la préfecture de police donnait sur son compte les renseignements suivants : « Le 21 juillet 1834, le sieur Missemblé a été révoqué de ses fonctions de surveillant à La Force, comme étant animé d’un esprit contraire à l’administration et au gouvernement. Mais, depuis, ayant constamment mené une bonne conduite et donné des preuves de zèle et de dévouement, il a été réintégré dans son ancien emploi de surveillant. Il est chargé d’une nombreuse famille et n’a pour toute ressource que sa place dont le produit est de mille francs, aussi sa position est-elle peu heureuse. On rend le meilleur témoignage de sa conduite et de sa moralité. » Missemblé, lui-même, expliquait, en 1848, ainsi son activité de surveillant de prison : « […] Pauvre, sans état, […] il fut heureux d’accepter une place de surveillant dans les prisons. Le soleil de Juillet avait pâli et les patriotes peuplaient déjà les cachots. Les Guinard, les Recurt, les Jules Bastide, Armand Marrast, Antony Touret… tels étaient les prisonniers confiés à sa garde. Il leur tendait la main, adoucissait leur peine, autant que sa position le lui permettait. Ces méfaits lui valurent cinq révocations, suivies d’autant de réintégrations. Se voyant en butte à des persécutions sans fin, il donna sa motivation motivée, qui fut acceptée purement et simplement. » En 1840, les renseignements suivants étaient consignés dans son dossier : « Cinquante ans, marié, cinq enfants, cordonnier, gagnant deux francs cinquante par jour. Il avait obtenu par la Commission des récompenses nationales en 1831 un emploi de surveillant, avec traitement de mille francs dans la prison de la Conciergerie et ensuite de la Roquette ; il a été révoqué par suite du suicide de Lesage. Plus tard il a été nommé surveillant de Sainte-Pélagie ; mais il n’a pu garder cette place, trop modique pour les soins de sa famille. A servi sous l’Empire, bonne réputation. » Il reçut un secours de vingt-cinq francs en 1840, un secours de vingt-cinq francs en 1841, un secours de vingt-cinq francs en 1842, un secours de quarante francs en 1843, un secours de vingt-cinq francs en 1844, un secours de quarante francs en 1845. En 1846, l’administration donnait sur son compte les renseignements suivants : « […] Cordonnier. […] C’est un ancien marin, qui, après avoir quitté le service, a été nommé surveillant des prisons de la Seine, emploi qu’il a perdu à la suite du suicide de l’assassin Lesage. Cependant en considération de sa position nécessiteuse, il fut replacé dans le service des prisons de la Seine, le 15 novembre 1839 et, au bout d’un mois, donna sa démission. En résumé, le sieur Missemblé est aujourd’hui dans la misère. On doit ajouter qu’il a été condamné, le 18 août 1842, à huit jours de prison par le tribunal de la Seine pour port illégal de décoration. » Il reçut un secours de quarante francs en 1846. En 1847, « sortant de faire une maladie de sept mois », dans un « dénuement absolu par suite de cette maladie », sans travail, il sollicita un secours et reçut quarante francs, puis un secours de quarante francs en janvier 1848, et de la même somme le 20 juin 1848. On trouve l’apostille suivante sur son dossier : « Il était agent inspecteur à la prison de la Roquette depuis 1830 ; révoqué au suicide de Lesage. » Il participa à la révolution de Février et expliquait ainsi son activité pendant l’année 1848 : « […] C’est lui qui, par des paroles d’humanité et de persuasion, adressées à un homme de cœur, le major du 23e régiment de ligne, qui était en garnison à la caserne de Popincourt, a obtenu la reddition de ce régiment et la remise de ses armes au peuple après cette action. Il fit armer les habitants de son quartier, forma des postes et prit le commandement du plus fort, qu’il ne quitta qu’après l’ordre rétabli. Lors des funestes événements de juin, dès le vendredi, il fut l’un des commissaires envoyés par les décorés de Juillet auprès de l’Assemblée pour offrir les bras de tous les décorés pour la défense de la Chambre. » Il relatait aussi qu’en juin 1848, il avait « failli être victime de mon dévouement en remplissant une mission auprès du général Lamoricière par ordre du général Cavaignac. » Un certificat de la mairie attestait qu’il avait « pendant les journées de Juin […] prêté son concours au rétablissement de l’ordre, en venant au nom du général Cavaignac porter aux insurgés des paroles de conciliation pour les rallier à la république sincère et honnête et que, dans cette mission, il a failli être victime de son dévouement ». Cogniard, Hippolyte (voir ce nom), apportait, en tant que « président des délégués de Juillet », le satisfecit suivant à la conduite de Missemblé, lorsqu’il tentait de faire valoir ses titres auprès de la nouvelle Commission des récompenses nationales instaurée après la révolution de Février : « Comme homme, comme décoré de Juillet, je me porte garant du patriotisme, de la probité et du caractère honorable de notre camarade Missemblé, qui a l’estime de tous et dont nous soumettons les titres à la haute justice et à la bienveillance du citoyen Guinard. » Le 10 août 1848, il signa, en tant que délégué des décorés du (ancien) VIe arrondissement le certificat suivant en faveur de Bleton, Alexandre : « Nous, soussignés, délégués des décorés de Juillet en 1830, certifions que le citoyen Bleton, Alexandre, décoré de la Croix de Juillet (sic), a été posté d’office comme blessé, combattant de cette époque, qu’il n’a jamais adressé de demandes à la Commission des récompenses nationales de 1830 (sa demande d’emploi n’était en effet pas adressée à la Commission des récompenses nationales fut trouvée, en février 1848, dans les papiers saisis aux Tuileries après l’invasion par le peuple, N.D.A.) et qu’il n’a réclamé ni touché de sommes en argent. Nous nous empressons de recommander tout particulièrement ce brave citoyen, qui constamment a donné des preuves non équivoques de son patriotisme et de son courage, en marquant de son sang chaque champ de bataille de cette juste cause. Ses longs services, son éducation distinguée et ses connaissances administratives le rendent tout à fait digne d’obtenir tout emploi qu’il pourra solliciter. » Le comité d’enquête institué près la Commission des récompenses nationales donna sur son compte l’avis suivant : « […] Déclare qu’il y a lieu de le recommander, d’une manière particulière, à la Commission des récompenses nationales, à l’effet de lui faire obtenir une pension de six cents francs et le signe honorifique qui sera créé pour perpétuer nos mémorables journées de Février. Le citoyen Missemblé est un excellent patriote. » La recommandation resta sans effet, les travaux de cette Commission n’ayant pas eu de suite. Il appuya, comme délégué des décorés de Juillet, la demande présentée par Thomeret, Pierre, Nicolas devant la même Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février. Il était chaussonnier en 1849 et reçut, au mois de juin, un secours de soixante francs, à titre de médaillé de Juillet. En juillet 1849, c’est-à-dire un an après la répression des émeutes de juin 1848, une lettre de Missemblé, de la commission des délégués des décorés de Juillet, précisait au sujet de Petit Robert : « Le nommé Petit Robert, l’un de nos plus jeunes décorés de Juillet, fut placé à l’école de Charonne, avec mon fils, comme récompense nationale. […] Il y a eu un mandat de quarante francs pour lui ; ce mandat a été périmé parce que je n’ai pas pu trouver Robert. Tous les mois il allait voir M. Christ, conservateur au cimetière de l’Est, qui lui donnait un franc cinquante. Aujourd’hui même, je viens de le rencontrer en compagnie d’hommes que j’ai gardés en prison. Il m’a dit venir de la campagne, ce qui me donna à mal penser. Cependant je pourrais me tromper. Il s’agirait seulement de savoir l’emploi de son temps depuis février. Croyez, Monsieur, que ce n’est que pour éclairer votre religion et nom pour médire que je vous donne cet avis. Quant à moi, l’emploi de mon temps doit être sous vos yeux par un certificat du maire du VIe arrondissement ; je me réclame toujours de vos bontés. […] » Il reçut, à titre de médaillé de Juillet, un secours de cinquante francs en 1850, un secours de soixante francs en 1851. Il était alors chaussonnier. Il fut, en 1851 et 1852, l’objet de deux lettres de dénonciation, dont les écritures étaient identiques mais dont la première était signée Milles « ancien militaire de l’Empire, dévoué au prince-président » et l’autre Souchet « décoré de Juillet ». Elles étaient ainsi rédigées. La première : « J’ai l’honneur de vous donner connaissance sur les antécédents du sieur Missemblé, décoré de Juillet, délégué dans toutes les révolutions et comme un grand révolutionnaire dangereux. Cet homme a été employé dans la prison de la Roquette comme gardien, également à la prison des Madelonnettes, où il est bien connu comme un homme contre le gouvernement du prince-président, dont il ne cesse de tenir des propos. Cet homme est de quelques sociétés secrètes, a subi une détention, il est indigne de la bonté du gouvernement, c’est un zélé révolutionnaire et partisan de tous ces coquins de représentants qui sont en Angleterre et à Bruxelles. Il a quelqu’un comme lui au ministère de l’Intérieur, qui le protège pour des secours qu’il ne mérite pas. Prendre des renseignements sur lui aux endroits désignés ci-dessus. » La seconde : « J’ai l’honneur de vous informer que le nommé Missemblé, décoré de Juillet, tient des propos indignes contre le gouvernement et principalement sur vous. Cet homme est indigne de votre bienveillance et pour vous en convaincre prenez des informations à la préfecture de police et chez le commissaire de police du quartier du Temple, qu’il habite. Vous connaîtrez cet homme, qui n’est autre qu’un révolutionnaire et un homme qui a subi un jugement et qui voudrait être riche aux dépens de l’ordre et de son prochain. » Le 19 juillet 1852, suite à ces deux lettres de dénonciation, le ministère de l’Intérieur demandait au préfet de police de prendre des informations sur la conduite de Missemblé afin de connaître « le degré de confiance que l’on peut avoir dans les allégations dont il est l’objet ». Le 30 juillet 1852, le cabinet du préfet de police, faisait le rapport suivant au ministère de l’Intérieur : « […] Missemblé […] signalé comme indigne des secours qu’il reçoit. Le sieur Missemblé, ancien marin pensionné, exerce l’état de marchand cordonnier dans l’enclos du Temple. Il est partisan des idées républicaines. Néanmoins, en juin 1848, il a combattu dans les rangs des défenseurs de l’ordre. On ne l’a jamais entendu médire du gouvernement actuel et il a conservé un culte profond pour la mémoire de l’Empereur. Le nommé Missemblé est, en résumé, un homme nul en politique. Son âge, ses infirmités, sa position précaire et son attachement à la cause de l’ordre le rendent digne de quelque intérêt. Je dois cependant ajouter qu’il figure de la manière suivante aux sommiers judiciaires de mon administration : condamné à huit jours de prison, le 18 août 1842 pour abus de confiance et port illégal de décoration. » En 1852, l’administration rapportait sur son compte : « […] Il n’a qu’une fille, âgée de vingt-sept ans, fleuriste, qui ne gagne que trois francs par semaine. Il n’a aucun parent qui puisse l’aider et est vraiment dans une position nécessiteuse. Il jouit d’une bonne réputation. » Il reçut un secours de cinquante francs en 1852, un secours de cinquante francs en 1853. En 1854, mettant en avant ses principes bonapartistes et sa fidélité à l’Empire, il sollicita un secours : « Je suis vieux et infirme. Je suis malheureux et personne ne me tend la main. » Il reçut un secours de cinquante francs en 1854, un secours de cinquante francs en 1855. En 1856, l’administration donnait sur son compte les renseignements suivants : « Fait des chaussons ; il travaille à façon et gagne environ un franc vingt-cinq centimes par jour. Il est âgé de soixante-huit ans, marié, il a quatre enfants qui ne sont pas à sa charge mais qui ne peuvent rien faire pour lui. Il a servi pendant vingt et un an en qualité de marin (!!). En 1815, il faisait partie des marins de la garde et au moment de l’invasion des Alliés il a été blessé de sept coups de crosse de fusil dans la plaine des Vertus. Il est décoré de Juillet. En février 1848, il dit avoir fait rendre la caserne Popincourt et avoir distribué les armes de la troupe au peuple et de plus formé des postes. En juin, il aurait été nommé commissaire délégué pour aller à l’Assemblée offrir au général Cavaignac les bras des décorés de Juillet. Depuis deux ans Missemblé demeure enclos du Temple, n° 3, il occupe un logement de cent quarante-cinq francs par an. Il doit un terme à son propriétaire. Son intérieur est assez propre. Les renseignements obtenus sur sa conduite et sa moralité sont en sa faveur. Il est bien considéré dans sa maison. Il dit toucher tous les ans au mois de Juillet. » Il reçut un secours de trente francs en 1856. En 1857, il sollicita des nouveaux secours : « […] Infirme, de plus en plus malheureux vu la cherté des aliments, […] l’augmentation des loyers vient encore aggraver ma misère et je ne puis plus travailler pour satisfaire à tant d’exigence ». L’administration donna sur son compte les renseignements suivants : « […] N’a d’autres ressources que son métier de chaussonnier. Sa conduite ne donne lieu à aucune remarque défavorable et il passe pour un partisan zélé du régime impérial. Cet individu a été condamné, en 1842, à huit jours de prison pour port illégal de décoration. » Il reçut un secours de quarante francs en 1857. En 1858, n’ayant « de soulagement que du bureau de bienfaisance », il sollicita un secours, avançant aussi sa conduite en 1832 (!!) et 1848 donnant les indications biographiques suivantes : « […] où je fus envoyé au nom des décorés de Juillet comme délégué à l’assemblée nationale et la mission dont me chargea le général Cavaignac, mission qui faillit me coûter la vie. » il sollicita un secours. En 1860, il fut obligé d’entrer aux Invalides et d’y subir quatre opérations pour des hémorroïdes compliquées. Père de famille, il avait élevé huit enfants, six garçons et deux filles. Il demeurait 21, enclos du Temple (mais 20, enclos du Temple in Archives de Paris VD6 360 n° 5, V-VI etc. 20, hôtel Boufflers in Archives nationales F/1dIII/39) en 1830-1831 parfois aussi 20, rue du Petit-Thouars en 1830-1831 ; 14, rue des Fontaines en 1834-1836 ; 3, rue des Petits-Hôtels en 1846 ; 4, rue de Nemours près la rue de Ménilmontant en 1847-1850 ; 45, rue des Amandiers en 184…. 3, enclos du Temple, près du square, en 1851-1859 ; aux Invalides en 1860. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la Ire classe du VIe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 75 (sous le seul nom de Missemblé) ; Archives de Paris VD 6 356 n° 6, Etat nominatif des décorés de Juillet qui ont pris part aux gratifications accordées à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet en 1831, 1833, 1834, 1835, 1836, Noms des décorés de Juillet non pensionnés entre lesquels ont été répartis les trois cent soixante-quatorze francs et quatre-vingt-dix centimes attribués au (ancien) VIe arrondissement par la lettre de M. le préfet de la Seine du 30 juillet 1834, Liste des décorés de Juillet non pensionnés qui se sont présentés pour participer à la répartition des quatre cents francs attribués au (ancien) VIe arrondissement suivant mandat de pareille somme reçu le 28 juillet 1835, Liste nominative de MM. les décorés de Juillet non pensionnés entre lesquels ont été répartis les quatre cents francs attribués au sixième arrondissement par un mandat de M. le préfet de la Seine du 27 juillet 1835, Liste nominative (juillet 1836) de MM. les décorés de Juillet non pensionnés qui se sont présentés à l’effet d’obtenir un secours, Etat nominatif des décorés de Juillet non pensionnés entre lesquels a été répartie la somme de cent cinquante-deux francs attribuée au (ancien) VIe arrondissement par la lettre de M. le ministre de l’Intérieur en date du 27 juillet 1836 ; Archives de Paris VD6 360 n° 5, mairie du (ancien) VIe arrondissement, III, Enregistrement des bons délivrés par MM. les membres de la Commission des blessés, contenant autorisation de délivrer des secours aux veuves, orphelins et blessés, sur le fonds de dix mille francs reçu à cet effet de la préfecture par M. Caius, maire du (ancien) VIe arrondissement et sur les souscriptions déposées entre les mains de M. Grondard, trésorier, idem même référence VII Répartition des fonds de la souscription nationale, inscription des indemnités définitives, états nominatifs des blessés admis à la répartition des fonds de la souscription nationale, 2e classe et 1re classe, idem Répartition des fonds de la souscription nationale, Etat nominatif des blessés qui, étant décorés de la croix ou de la médaille, ont reçu, à l’occasion de l’anniversaire de Juillet un secours de cinquante francs et un habillement bourgeois ou un uniforme de garde national, et de ceux qui, n’étant point décorés, n’ont participé qu’au secours de cinquante francs (sous le seul nom de Missemblé) ; Archives de Paris VD6 360 n° 5, mairie du (ancien) VIe arrondissement, I correspondance du préfet, enquêtes, liste nominative de MM. les décorés de Juillet non pensionnés entre lesquels ont été répartis les trois cent soixante-quatorze francs et quatre-vingt-dix centimes attribués au (ancien) VIe arrondissement par la lettre de M. le préfet de la Seine du 30 juillet 1834, idem même référence liste nominative de MM. les décorés de Juillet non pensionnés entre lesquels ont été répartis les quatre cents francs attribués au (ancien) VIe arrondissement par mandat de M. le préfet de la Seine du 27 juillet 1835, idem même référence V-VI Renseignements sur diverses victimes des 27, 28 et 29 juillet 1830, tuées ou blessées, V Etat des sommes payées par la Commission des récompenses nationales aux sous-lieutenants et aux décorés non blessés pour l’anniversaire de juillet 1830 du 8 octobre 1830 au 31 août 1831, idem Souscription nationale, secours accordés à l’occasion de l’anniversaire des journées de Juillet aux décorés de la croix ou de la médaille, non blessés et nécessiteux, lettre de M. le préfet du 25 juillet 1831 ; Archives nationales F/1dIII/35 B, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) VIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) VIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/66 in dossier Massot, Théophile ; Archives nationales F/1dIII/71 in dossier Petit Robert ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) VIe arrondissement, blessés de 1re classe (sous le seul nom de Missemblé) ; Archives nationales F/1dIII/94 ; Archives nationales AB XIX 15 papiers des Tuileries, décorés de juillet 1830, citoyens qui ont pris part aux événements de 1830 in dossier Bleton, Alexandre ; Archives de la préfecture de police AA 369, Proposition d’accorder à 113 décorés, médaillés, blessés ou combattants de Juillet et veuves de Juillet, domiciliés dans le département de la Seine, des secours s’élevant ensemble à la somme de 6495 francs, budget de l’Intérieur, exercice 1849, minute 63-65, idem Etat nominatif des décorés, blessés, combattants de Juillet 1830 et des veuves de décorés ou combattants qui ont formé des demandes de secours et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, minute 73, idem rapport du 3 septembre 1850, Allocation de secours s’élevant ensemble à 12.610 francs à 218 décorés ou blessés de juillet, 25 veuves de décorés et 1 ascendant de blessé de Juillet, minutes 129-134, idem Proposition, en date du 6 septembre 1851, d’accorder à 286 décorés, médaillés, blessés, combattants, ascendants et veuves de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à la somme de 15.600 francs, ladite somme imputable sur le chapitre 26 du budget de l’Intérieur, exercice 1851, minutes 194-199, idem Demandes de renseignements sur des décorés, combattants et veuves de Juillet 1830, 14 décembre 1851, minutes 208-209, idem Proposition d’accorder à 143 décorés, veuves et blessés de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à 7.510 francs imputables sur le chapitre 6 du budget de 1852, minutes 233-237, en date du 9 août 1852 ; Archives de la préfecture de police AA 415 in dossier Thomeret, Pierre, Nicolas.

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