Moineau, Edme, Charles
Biographie
Né le 3 juin 1793 à Chablis (Yonne). Marchand de vin. Il fit partie avec Bicheroux Pierre Denis Nicolas, Lepage Jean-Baptiste, Coulombier Thomas, Garnier dit Pagès Etienne Joseph Louis, Pagès Louis Antoine, Cordier François Simon, Mansais Jean-François, Laurent Adolphe Désiré, Dufour Martin Gervais, Bastide Jules, Mazure Jacques, Beaudoin (voir Baudoin, Louis, Noël ?) et Wervort des quatorze membres composant le jury de la Commission des récompenses nationales pour le (ancien) VIIe. Il fut porté pour la Croix de Juillet auprès de la mairie de l’ancien VIIe arrondissement avant sans doute d’être rayé puisqu’on ne trouve pas son nom sur les listes du Bulletin des lois, sur celles du Moniteur universel et sur celles de la Commission des récompenses nationales. On trouve, en effet, dans son dossier la note suivante de la Commission des récompenses nationales du (ancien) VIIe arrondissement : « Le jury du (ancien) VIIe arrondissement ayant accordé la croix spéciale au M. Moinneau (sic), marchand de vin sur la place de l’Hôtel de ville pour les faits suivants : qu’il a sauvé la vie à un grand nombre de citoyens en les renfermant dans ses appartements le 28 juillet au moment de l’envahissement de la place de grève par les troupes royales et qu’il avait couru pour ce fait-là de grands dangers puisque son commis avait été tué. J’ai demandé l’ajournement de ce candidat comme s’étant attribué des faits contraires à la vérité, cas prévu par le règlement que la Commission nous a imposé. D’après l’enquête fait par moi, hier 13 avril, j’ai acquis l’intime conviction par les dépositions de MM. Bonneville (voir ce nom) marchand de vin, Million (voir ce nom) débitant de tabac, Atlouy limonadier, Perrot limonadier, Masson marchand de vin, Lenoir, marchand de vin, Paris, limonadier, Colin agent d’affaires, Dabor, maître d’hôtel, Adde intime ami de la personne ajournée et par beaucoup d’autres habitants de la place de Grève, tous témoins oculaires de ce qui s’est passé durant le combat, que M. Moinneau, loin d’avoir acquis des droits à la bienveillance publique durant les événements, méritait au contraire des reproches à cause du coupable empressement et de la vile complaisance qu’il avait mis à servir à boire aux troupes du roi ; qu’il n’a aucunement sauvé la vie à cent cinquante personnes ou alors que d’une manière fort indirecte, en ce sens qu’au moment de l’envahissement de la place de Grève par les troupes royales la foule se précipita dans toutes les boutiques avec tant de force qu’il eût été impossible de l’empêcher. J’ajouterai de mon côté que parmi les cent ou cent cinquante personnes à qui M. Moinneau dit avoir sauvé la vie il y en avait au moins la moitié ou le tiers qui buvaient chez lui au moment de l’envahissement et qu’il avait intérêt à ne pas les renvoyer avant qu’ils n’eussent payé leurs dépenses. Les habitants dont je viens de citer les noms ajoutent que leurs caves, boutiques et chambres ainsi que tous les appartements des habitant des étages supérieurs aux leurs étaient remplis de citoyens durant le combat. J’observerais encore qu’en prenant pour vrais tous les faits avancés par M. Moinneau et en les considérant même sous le point de vue le plus favorable il est bien loin d’avoir mérité la croix. Or, messieurs, si tous ces motifs vous paraissent véritables et suffisamment bien établis, je demande que M. Moinneau porté comme candidat pour la croix spéciale soit rayé de liste. » Il signa un certificat pour attester les circonstances de la mort de Thomas, Etienne, Adolphe, son garçon de salle (voir ce nom), tué dans sa boutique par la garde royale. Peiffer, Jean, Nicolas signa en sa faveur un certificat comme quoi sa conduite pendant les trois jours avait été digne d’éloge. Une lettre adressée par Plaut (voir sans doute Plaut, Maurice ?) à Delestre, président du jury de la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIIe arrondissement, était ainsi rédigée, le concernant : « J’ai l’honneur d’appeler l’attention de M. Delestre sur MM. Moineau du (ancien) VIIe arrondissement et Desbans du (ancien) IIIe arrondissement. J’ai la conviction que tous les habitants notables de la place de Grève sont disposés à protester contre Moineau si on lui accorde la croix et qu’au contraire ils feraient avec plaisir une réclamation en faveur de Desbans si on ne lui accordait la croix qu’il mérite à si justes titres. » Dans sa séance du 12 avril 1831, le comité des renseignements, chargé de recueillir des informations sur les différents candidats aux récompenses honorifiques et sur les contestations qu’il pouvait y avoir sur chacun des cas, demandait l’ajournement de toute décision à son égard, en attendant de prendre de nouveaux renseignements sur la participation qu’il avait pu prendre aux événements de Juillet. Moineau signa le certificat suivant en faveur de Mouton-Dufraisse, Claude, Zacharie : « Je certifie que j’ai vu le pétitionnaire et qu’il est entré à la maison le 28 juillet et qu’il faisait partie des gardes nationaux qui ont soutenu l’attaque de l’Hôtel de ville au moment où les troupes royales sont arrivées sur la place. » Moineau signa, le 12 juillet 1831, le certificat suivant en faveur de Bou, Jean : « Je certifie que le nommé Jean Bou s’est battu le 28 juillet sur la place de Grève et qu’il a fait des barricades le jour suivant. » Il apostilla, comme « membre de la Commission des récompenses nationales pour le (ancien) VIIe » la lettre adressée, le 25 janvier 1831, par Remy, Jean-Pierre, à la Commission des récompenses nationales, pour obtenir un grade de maréchal des logis dans la garde municipale en récompense de sa conduite en juillet. Il signa, le 28 août 1830, le certificat suivant en faveur de Coqueau, Jean-Baptiste : « Nous, soussignés, certifions que le nommé Coqueau, Jean-Baptiste, tourneur en cuivre, rue du Temple n° 14 (sic), ancien militaire, a constamment combattu pour la liberté dans les journées des 28 et 29 juillet. Il a montré la plus grande bravoure, d’abord aux combats qui ont été livrés à l’Hôtel de ville, ensuite aux combats qui ont décidé la prise des Tuileries. Personne plus que lui ne mérite la bienveillance du gouvernement. Le citoyen Coqueau est avantageusement connu dans le (ancien) VIIe arrondissement et pour ce qu’il a fait dans la dernière révolution et pour sa conduite précédente. Nous lui avons fait et délivré le présent pour lui servir et valoir ce que de raison. » Il comparut, le 13 avril 1831, devant le juge de paix du (ancien) IXe arrondissement, pour attester avoir parfaitement connu Thomas, Etienne, Adolphe « et savoir que le mercredi 28 juillet dernier, sur les 6 heures et demie du soir, il se trouvait dans la boutique dudit sieur Edme, Charles Moineau, au service duquel il était depuis deux ans et demi, et qu’il y fut atteint d’une balle qui lui traversa le bras droit et le corps ; que par suite de cette blessure il fut transporté à l’Hôtel-Dieu, où il mourut le 21 août suivant ». Moineau demeurait 11, place de l’Hôtel-de-Ville (mais 11-13, place de Grève dans le certificat qu’il signe in Archives de la préfecture de police AA 374 in dossier Bou, Jean) en 1830-1831. Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) VIIe arrondissement ; Archives de Paris VD6 173 n° 1 in dossier Mouton-Dufraisse, Claude, Zacharie ; Archives de Paris VD6 371 n° 3, liste des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) VIIe arrondissement ; Archives de Paris VK3 29, idem séance du 12 avril 1831 ; Archives de Paris VK3 48 ; Archives nationales F/1dIII/50 in dossier Coquéau, Jean-Baptiste, F/1dIII/70 in dossier Peiffer, Jean, Nicolas ; Archives nationales F/1dIII/77 in dossier Thomas, Etienne, Adolphe ; Archives nationales F/15/2557-2559, état nominatif des membres de la Commission des récompenses nationales et des membres des jurys ; Archives de la préfecture de police AA 374 in dossier Bou, Jean ; Archives de la préfecture de police AA 410 in dossier Remy, Jean-Pierre. Voir Thomas, Etienne, Adolphe.