Moinery, Pierre, Emile
Biographie
Né le 6 juillet 1802 à Paris. Avocat puis jusqu’au 20 février 1848 sous-inspecteur au chemin de fer de Rouen et du Havre. Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IIe arrondissement. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IIe arrondissement. Il ne prêta pas le serment de décoré, serment ainsi imposé : « Je jure fidélité au roi des Français, obéissance à la charte constitutionnelle et aux lois du royaume. » Il déposa un dossier devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février. Il adressa la lettre suivante à cette Commission : « […] Républicain pur, je n’ai cessé dès 1822, soit dans diverses sociétés soit publiquement de soutenir et propager les principes sacrés de la démocratie. Provoquant et saisissant à la fois toute protestation au grand jour contraire à l’aliénation des droits du peuple, j’ai toujours marché parmi ceux qui les formulaient par leur présence. En conséquence, combattant de Juillet, décoré (non assermenté), j’étais armé aux journées mémorables de Février. Placé depuis près du maire de Paris, je m’efforce comme tous et gratuitement de généraliser l’application de la sublime devise inscrite sur l’étendard de la patrie : Liberté, égalité, fraternité. C’est à ces titres ainsi qu’à ceux d’homme honorable qu’il est nécessaire d’y joindre que j’espère, citoyens, obtenir rang sur la liste que vous êtes appelés à dresser de ceux qui se sont rendus dignes des récompenses nationales. En foi de quoi, je suis prêt à comparaître afin de donner telles explications désirables, constater ma coopération active à la résistance les 22, 23, 24, établir l’exactitude des faits personnels, entre autres et notamment : le transport immédiat dans le passage Cendrier de plusieurs victimes du massacre des Affaires étrangères et l’exigence imposée des soins qu’elles réclamaient ; l’approbation acclamée du rejet des mauvais citoyens signalés au peuple par un représentant du journal la Réforme au passage du sieur Odilon-Barrot sur le boulevard de l’Opéra ; la retraite par persuasion entraînante avec armes et bagages du poste entier de la place du Châtelet déjà aux prises avec la foule envahissant le local ; une allocution chaleureuse et suivie d’adhésion faite sur le Pont-Neuf aux officiers des différents corps de la ligne pour les dissuader de défendre la préfecture de police ; ma présence par suite à la prise des Tuileries ainsi que mes efforts prolongés en vue de conserver leurs richesses, dernier des saillants épisodes de ma participation à la lutte. » Il joignait à sa lettre le certificat suivant : « Les soussignés affirment que le citoyen Emile Moinery, parfaitement connu d’eux comme républicain sincère et dévoué, a pris une part active à la révolution du mois de février dernier et la plupart d’entre eux attestent l’exactitude des faits énoncés dans la déclaration ci-contre. » Signé, le 16 août 1848 (pour les noms lisibles) : Goyet, capitaine de la IVe légion ; Poirier, lieutenant-colonel ; Goyet, A. ; Parent, demeurant 7, rue de la Monnaie ; Fillias, demeurant 22, bd des Batignolles ; Jaignoux illisible, demeurant 28, rue de Grenelle-Saint-Honoré, appartenant à la IVe légion ; Floriot, demeurant 20, rue Dauphine ; Mouchot, demeurant 45, rue de l’Arbre-Sec ; Barbier, Félix, demeurant 48, rue Dauphine ; Vasnier, chef de bataillon à la IVe légion ; Haguette, chirurgien principal de la IVe légion. Il fut proposé par la Commission pour recevoir le signe honorifique qui devait perpétuer la mémoire de la Révolution de Février mais qui ne fut jamais institué. Il sollicita les suffrages de ses camarades pour être élu porte-drapeau du 4e bataillon de la XIe légion de la garde nationale. Il reprenait dans sa profession de foi les termes déjà énoncés dans sa lettre à la Commission des récompenses nationales, ajoutant seulement : « Si je réussis, je jure que vous me verrez sans cesse le déployer haut et ferme en face des ennemis de la république, quels qu’ils soient. » Il demeurait 10, rue Mabillon en 1830-1831 ; 8, cour du Commerce dans le faubourg Saint-Germain en 1848. Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; La Gazette des tribunaux, 20 août 1830 p. 960 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) IIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) IIe arrondissement ; Archives de la préfecture de police AA 403 ; Murailles révolutionnaires, collection complète des professions de foi, affiches, décrets, bulletins de la république, fac-similé de signatures, Paris, chez Bry aîné, 1856, p. 438. Il y a dans Archives de la préfecture de police AA 406 in dossier Pasteur d’Etreillis in Procès-verbal des faits qui se sont passés dans le (ancien) VIIe arrondissement les 28, 29, 30 juillet et le 1er août 1830 un Moinery (mais l’arrondissement ne correspond pas...) qui relate que dans le (ancien) VIIe arrondissement Les premiers postes occupés par la garde nationale au milieu du danger furent commandés avec toute l’ardeur du plus pur patriotisme par MM. Antoni-Berau (voir Antony-Béraud), Moinery, Bourgeois, Théodore Jouet (voir sans doute Jouet aîné), Faudon, Plessy, Sabattaud, Boullard. »