Molinary, François, Joseph
Biographie
Né vers 1799 à Soissons (Aisne). Boulanger. Il s’illustra au Louvre, au Palais-Royal et aux Tuileries. Il ne réussit pas à faire valoir ses droits auprès de la Commission des récompenses nationales. Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants ([ancien] VIIe arrondissement), sise 10, rue Bourg-Labbé puis 6, rue Dalayrac, afin d’obtenir la Croix de Juillet. Il était porteur de plusieurs certificats. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Nous, soussignés, Poulton, Joseph, André (voir ce nom), officier retraité, libraire, rue Chilperic n° 4 ; Lor, Jean-Baptiste, épicier, même rue n° 16 ; Mourant, Jean-Baptiste (voir ce nom), chevalier de la Légion d’honneur, rue de Seine n° 34 ; Lamel, Jacques (voir ce nom), ancien sous-officier, demeurant rue de la Sonnerie n° 6 ; certifions et attestons que le sieur Molinary, Louis François, Joseph (sic), ancien sous-officier instructeur du 2e bataillon de la Guadeloupe, ex-89e légion, s’est trouvé avec nous à l’attaque du Louvre. Après un combat opiniâtre, il s’est élancé le premier à la grille en face l’église Saint-Germain-l’Auxerrois, est parvenu en escaladant avec quelques-uns de ses camarades à nous faire ouvrir la grille pour parvenir à l’enceinte du Louvre, avec un sang-froid vraiment héroïque. Son premier soin en notre présence fut d’ordonner qu’aucun mal ne soit fait aux blessés ennemis de notre liberté ; s’est transporté aussitôt sur les Tuileries à la tête d’un petit détachement de trente à quarante jeunes guerriers, qui, comme lui, allaient chercher une mort glorieuse pour défendre les droits civils des Français. Etant dans la rue du Carrousel, il a soutenu un combat terrible avec le poste, qui les a forcés à replier pour pouvoir gagner aux Tuileries. Y étant arrivé, s’est empressé lui-même de nommer des factionnaires partout où à sa connaissance il y en avait besoin, pour ne laisser emporter aucune chose qui aurait été susceptible d’être volée, avec toujours le même sang-froid et le même courage. » Signé, le 3 août 1830 : Poulton, Joseph, André (voir ce nom), demeurant 4, rue Chilperic ; Lor, Jean-Baptiste, épicier, demeurant 16, rue Chilperic ; Mourant, Jean-Baptiste (voir ce nom), demeurant 34, rue de Seine ; Lamel, Jacques (voir ce nom), demeurant 6, rue de la Sonnerie. Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « Je certifie que le nommé Molinary, François, Joseph, ancien sous-officier, se trouvait avec moi à l’attaque du Louvre, des Tuileries et du Palais-Royal et que partout il a bien fait son devoir. » Signé : Lothon, Ch. (voir Lothon, André, Charles), élève de l’Ecole polytechnique. Molinary était l’un des signataires de cet article paru dans la chronique de l’époque et qui relatait ainsi la conduite de Poulton, Joseph, André pendant la prise du Louvre : « Nous ne saurions passer sous silence la conduite héroïque de M. Poulton, ancien officier, et actuellement libraire, près la place Saint-Germain-l’Auxerrois. A peine la fusillade se faisait-elle entendre dans Paris, que ce vieux Nestor de notre ancienne armée sentit renaître dans son cœur ce courage qui tant de fois l’avait soutenu dans les combats. Il s’arme, et soutient un feu vif contre les Suisses qui étaient embusqués dans le Louvre. Une douzaine de citoyens, renfermés avec lui dans la chapelle des fonts baptismaux de Saint-Germain-l’Auxerrois, faisaient un feu continuel à travers les grilles ; ils tuèrent un grand nombre de Suisses. Lorsque ceux-ci eurent battu en retraite et abandonné le Louvre, les patriotes se précipitèrent partout ; après avoir brisé ce qui appartenait à leurs ennemis, ils entraient chez le concierge du château et allaient tout saccager : “Mes amis, s’écria M. Poulton, ne déshonorez point votre victoire par une lâcheté, car c’en serait une que de piller un malheureux qui n’est point cause des troubles ; croyez-vous qu’il ne gémit pas comme vous des maux qui règnent sur la France ? Mes amis, guerre aux persécuteurs de nos droits, de nos libertés, et respect aux propriétés !” Ces paroles prononcées avec force, produisirent l’effet que pouvait en attendre M. Poulton sur de vrais patriotes ; ils se retirèrent tous en criant vive la liberté, et le concierge dut à la fermeté de ce brave citoyen la conservation de sa fortune. » D’autre part, le certificat suivant, lui fut délivré : « Les soussignés, habitants de Paris, déclarent, pour rendre hommage à la vérité, qu’un individu que l’on a remarqué le 29 juillet 1830 dans le Louvre, tenant un drapeau tricolore de la hauteur de deux pieds et que l’on désignait sous la dénomination du Grec, courait de tous côtés, en encourageant les assaillants et criait Mes amis, le Louvre est à nous ! Mes camarades, en avant ! Les Suisses sont en pleine déroute, voyez-les, ils fuient vers le château des Tuileries. Nous déclarons en outre que nous avons appris plus tard que l’individu que l’on désignait le Grec, se nomme M. Poulton, libraire, demeurant 4, rue Chilpéric, ce que nous ne pouvons refuser d’attester. » Il signa, le 12 août 1831, le certificat suivant en faveur de Schmit, Guillaume, et que ce dernier présenta quand il tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants : « Nous, soussignés, certifions à qui il appartiendra que le nommé Louis, François Sabra s’est distingué d’une manière louable dans les mémorables trois journées de juillet 1830, tant à la place de Grève le 28, qu’au Louvre le 29 ainsi qu’aux Tuileries et qu’il a bien mérité l’estime de ses concitoyens et qu’il a acquis un droit incontestable aux récompenses données à ce sujet par la Commission des récompenses nationales. » Il était indiqué sur les fiches de la Commission comme sans fortune et comme ayant très peu d’ouvrage. Il demeurait 11, rue Jean-Pain-Mollet en 1831. Histoire de la révolution des quatre-vingt-seize heures, de ses causes et de ses effets, Auguste Imbert, 2e édition, Paris, Guyonnet éditeur, 1830, p. 194-195 ; Histoire de la révolution de 1830 et des nouvelles barricades, par F. Rossignol et J. Pharaon, Paris, chez Vimont, Levavasseur et Urbain-Canel, 1830, p. 351 ; Archives de la préfecture de police AA 403 ; Archives de la préfecture de police AA 413 in dossier Sabra, Louis, François.