Molinier, Léonard

Biographie


Ancien employé comptable des administrations militaires, licencié en 1814, « quoique exempt de reproche, après avoir sacrifié sans succès vingt-cinq années de son plus bel âge au service du gouvernement ; il fut renvoyé impitoyablement sans pension quoiqu’ayant le temps voulu pour l’obtenir […] son crime était d’avoir été employé sous l’Empire ». Il sollicita un secours et un faible emploi, expliquant et faisant valoir la part qu’il avait prise aux combats de Juillet : « […] Il est sans place. Par ce défaut, il se trouve aujourd’hui dans le dernier des besoins et depuis quelque temps pour soustraire sa jeune famille à la mort d’inanition il vient de tarir jusqu’à sa plus chère et dernière ressource en finissant de vendre, pièce par pièce, ses meubles, ses effets et ceux de son épouse pour subvenir aux besoins de première nécessité de sa famille ; mais les miracles des heureux événements où nous sommes arrivés lui font reluire le doux espoir que des puissantes autorités seront disposés à rendre justice et prendre en considération ses longs services et sa pénible position. Il est question, honorables messieurs, que la récompense et la reconnaissance publiques ne seraient dues qu’aux martyrs de notre inappréciable régénération. L’exposant ne craint point d’assurer que la cruelle situation dans laquelle il se trouve lui fait désirer leur sort, du moins, de celui des blessés ; et il pouvait l’être sans penser qu’il dut y avoir des récompenses nationales ; cela ne l’a point empêché de se dévouer cœur et âme dans la lutte et d’employer toutes ses forces pour coopérer de tous ses faibles pouvoirs à notre réussite, quoique n’ayant pu se procurer de fusil, il n’a cessé de s’utiliser et de se trouver toujours aux avant-postes tant pour aider à relever les barricades de sous la fusillade que pour manifester avec énergie des paroles d’encouragement et n’a redouté le danger dans aucune position ; maintenant et avant, il atteste qu’il a été et sera toujours l’ami de l’ordre et de la liberté. Depuis il fait avec plaisir au (ancien) Ve arrondissement, 4e bataillon, 3e compagnie, son service ordinaire et extraordinaire de garde national et son empressement ne s’affaiblira jamais quand il s’agira de défendre nos institutions […]. » Il reçut un total de cent francs de secours auprès de la mairie du (ancien) Ve arrondissement. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) Ier arrondissement. Son dossier est apostillé des observations suivantes : « Prendre des renseignements. Paraît avoir des droits à des secours pécuniaires et même à une pension, grand nombre d’années de service. Titres à l’appui : sa misère, les soins qu’il a pris des barricades et ses services dans la garde nationale. » Il était père de quatre enfants en 1830. Il demeurait 103, rue du Faubourg-du-Temple en 1830. Archives de Paris VK3 48 ; Archives nationales F/1dIII/35 B, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux combattants blessés ou non blessés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) Ve arrondissement.

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