Monin, Pierre, Antoine

Biographie


Né le 6 octobre 1779 à Creuilly (Calvados). Ancien négociant. La chronique de l’époque rapportait les faits suivants sur sa participation aux combats : « Dès que l’opposition aux ordonnances Polignac se manifesta, MM. Monin aîné et H. Monin, originaires du Calvados, habitant l’hôtel des Fermes, organisèrent la résistance la plus opiniâtre au centre même des corps armés qu’il fallait combattre. Ces deux citoyens, auxquels se réunirent plusieurs voisins et leurs compatriotes Hulot, Casimir Saillenfest, Crespin, Pommery, Macey, Godefroy, etc., s’établirent militairement dans le vaste hôtel des Fermes ; ils élevèrent des barricades, dépavèrent la rue, en même temps qu’ils faisaient imprimer, répandre et afficher la proclamation suivante : “Français, tous moyens de défense sont légitimes. Dépaver les rues, jeter des pavés çà et là à un pied environ de distance, afin de ralentir la marche de la cavalerie et de l’infanterie, monter au premier, deuxième et tous étages supérieurs autant de pavés que possible (au moins vingt à trente pavés par croisée) attendre tranquillement que des bataillons soient engagés au milieu des rues avant de faire aucune décharge. Que tous les Français laissent leurs portes, couloirs et allées ouverts pour le refuge de nos tirailleurs, et pour leur porter aide ; que les habitants soient de sang-froid et sans crainte. La troupe n’osera jamais y pénétrer, trop assurée d’y trouver la mort. Il serait bien qu’il restât un individu à chaque porte, pour protéger l’entrée et la sortie de nos tirailleurs. Français, notre salut est entre nos mains ; voudrions-nous l’abandonner ? Qui de nous ne préfère la mort à l’esclavage ?” Depuis le moment de leur réunion, aucun des hommes réunis dans l’hôtel des Fermes n’a quitté les armes qu’aux portes de Rambouillet après l’abdication ; la plupart étaient aux affaires du 28 et tous se sont trouvés à la prise du Louvre, d’où ils se sont portés immédiatement, partie sur le Palais-Royal, et partie sur les Tuileries et le Carrousel. Vers deux heures après-midi, le mercredi 28 juillet, MM. Monin aîné et Jardin, propriétaire de l’hôtel, se portèrent au milieu du 53e régiment de ligne. Ils y haranguèrent quelques officiers et s’efforcèrent de les rattacher à la cause nationale. Ce fut encore M. Monin aîné qui, le 28 juillet, fit escalader en dehors les terrasses de l’église Saint-Eustache, et y organisa une défense telle qu’aucun corps armé ne pouvait s’engager dans les rues Montmartre et Traînée sans y trouver la mort. Nous apprenons que la compagnie de garde nationale composée des citoyens du quartier, a pris le nom de compagnie de l’Hôtel-des-Fermes. » Un rapport de la mairie relatait ainsi sa participation aux combats : « Dès le 26, il réunit chez lui ses amis pour organiser la résistance. Le 27, il fut le principal auteur d’une proclamation qu’ils firent imprimer et qu’ils distribuèrent et affichèrent pendant la nuit. Pendant cette même nuit, ils firent dépaver et monter des pavés au troisième et quatrième. Ils construisirent des barricades. Le 28, à la place des Victoires, il engagea la troupe à tourner du côté du peuple. A Saint-Eustache, il détermina les pompiers à livrer les échelles au moyen desquelles, montant de terrasse en terrasse, on parvint à sonner le tocsin. Pendant la nuit du 28 au 29, il fut en reconnaissance et distribua le Courrier français dans les postes. Le 29, ne pouvant tenir davantage la promesse qu’il avait faite à sa famille, il combattit au Louvre, rue de Richelieu et rue de Rivoli. Au Théâtre-Français, il a empêché de fusiller un officier prisonnier. Il s’est ensuite mis de poste en poste pour protéger les presses mécaniques. Il fut au camp de Vaugirard et a fait la campagne de Rambouillet. » On trouve dans un certificat délivré par Dupart (voir Dupart, Paul, Amable) en faveur de Mlle Saint-André, Félicité, un témoignage de l’activité de Monin, Hippolyte, César dans les journées de Juillet ; le passage le concernant était ainsi rédigé : « […] Ayant resté à la Bourse pendant les journées de juillet et m’étant réuni dès le 27 avec MM. Monin, frères, rue de Grenelle-Saint-Honoré, pour nous opposer aux ordonnances, je dois déclarer, etc. […]. » Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIIe arrondissement. Le registre des délibérations du jury de la Commission des récompenses nationales, en date du 15 mars 1831, ne contient pas de faits nouveaux autres que c’est à l’hôtel des Fermes, qu’il avait cherché, le 27, à organiser la défense, que le 28, à la place des Victoires, c’est un sergent qu’il avait engagé à se ranger du côté du peuple, que, le 29, il était entré au Louvre par la rue du Coq aussitôt après la prise du Louvre, avait tourné le Palais-Royal et était venu en tirailleur dans les environs de la rue de Richelieu. Le jury de la Commission des récompenses nationales, chargé d’examiner les droits de chacun à une récompense, se prononça, dans sa séance du 15 mars 1831, à six voix pour la croix, quatre voix pour la médaille et une voix pour une mention. Dans sa séance du 13 avril 1831, le comité des renseignements, chargé de recueillir des informations sur les différents candidats aux récompenses honorifiques et sur les contestations qu’il pouvait y avoir sur chacun des cas, demandait, sur proposition de Crampel (voir Crampel, Louis, André) à son égard l’ajournement de toute décision de récompense honorifique. Dans sa séance du 15 avril 1831, le même comité des renseignements levait la mesure d’ajournement. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Il demeurait 55, rue de Grenelle-Saint-Honoré en 1830-1831. Le Courrier français, 9 août 1830 ; Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Archives de Paris VD6 639 n° 5, liste générale alphabétique ; Archives de Paris, VD6 672 n° 1 ; Archives de Paris VK3 29, séance du 13 avril 1831, séance du 15 avril 1831 ; Archives de Paris VK3 33 Commission des récompenses nationales, mairie du (ancien) XIIe arrondissement, le 15 mars 1831, jury pour l’examen des demandes de récompenses honorifiques, idem états nominatifs et listes de noms soumis à la Commission des récompenses nationales (1830-1831) (XIIe arrondissement ancien), en date du 15 mars 1831 ; Archives de Paris VK3 34, liste de 829 noms, accompagnés d’observations sur les exploits des impétrants ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, (ancien) XIIe arrondissement, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) XIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) XIIe arrondissement ; Archives de la préfecture de police AA 413 in dossier Saint-André, Félicité mademoiselle.

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