Monnot, Antoine
Biographie
Né le 31 mars 1793 Azay-sur-Seine (Côte-d’Or). Ancien artilleur de la garde impériale, amputé de la jambe en 1824 à l’hôpital Saint-Louis par suite d’une tumeur blanche provenant d’une plaie d’un coup de feu reçu à la bataille de Waterloo, il était établi cordonnier, en juillet 1830. Il fut choisi par un grand nombre de combattants du faubourg Saint-Antoine, pour marcher à leur tête. Il combattit jusqu’à ce qu’il fût blessé d’un coup de baïonnette à la cuisse droite et d’une balle morte au jarret. Le certificat médical suivant constatait les blessures qu’il avait reçues : « Je, soussigné, docteur en médecine, ancien interne de l’Hôtel-Dieu de Paris, certifie avoir donné des soins au nommé Monnot, Antoine, âgé de trente-sept ans, ancien militaire amputé, demeurant à Paris, rue du Plâtre-Sainte-Avoye n° 11, pour une plaie de trois pouces d’étendue située à la partie externe et supérieure de la cuisse droite, produite par la pointe d’une baïonnette, et une contusion violente au jarret du même membre par une balle morte, blessures reçues dans la journée du 28 juillet 1830. » Signé, le 21 septembre 1830 : Duclos, médecin, demeurant 35, rue Sainte-Avoye. rue du Plâtre-Sainte-Avoye n° 11, au Marais. Il était porteur du certificat suivant : « Nous, soussignés, bourgeois établis en cette ville, certifions que le sieur Monnot, Antoine, ancien militaire, domicilié à Paris, a combattu en brave et zélé défenseur de la bonne cause ; qu’il a montré le plus grand courage et un dévouement sans exemple ; car, quoique ayant une jambe de bois, il n’a cessé de défendre la patrie ; qu’après avoir reçu dans l’immortelle journée du 28 juillet dernier deux blessures qui le mirent absolument hors de combat et le forcèrent de se retirer du faubourg Saint-Antoine où il avait été blessé (sic). C’est en rendant justice à son patriotisme et à sa valeur que nous nous faisons un devoir de le recommander aux bontés et à la bienveillance d’un gouvernement qui sait récompenser les actions d’éclat. » Signé, le 28 septembre 1830 : Martrou (voir Martrou, Pierre), demeurant 63, rue de Charenton ; Dalifol, limonadier, demeurant 109, rue du Faubourg-Saint-Antoine ; Mando..., quincaillier, demeurant ..., rue du Faubourg-Saint-Antoine ; Mauduit, marchand de vin, demeurant 140, rue du Faubourg-Saint-Antoine ; Guilloux, peintre, demeurant 23, rue du Faubourg-Saint-Antoine ; Parisot, demeurant 4, rue de la Roquette ; Pannier, demeurant 138, rue du Faubourg-Saint-Antoine ; Croizy ?, charron, demeurant 250, rue du Faubourg-Saint-Antoine. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) VIIe arrondissement. Il reçut, après la révolution, un total de cent vingt-cinq francs de secours auprès de la mairie du (ancien) VIIe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) VIIe arrondissement. Il fut admis dans la 1re classe des blessés auprès de la mairie du (ancien) VIIe arrondissement et reçut, à ce titre, une indemnité définitive de trois cents francs versée sur un an. Il reçut, à titre de blessé de la 1re classe, une indemnité définitive de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. Il signa, le 25 mai 1831, le certificat suivant en faveur de Schoen, Frédéric, Guillaume, et que ce dernier présenta quand il tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants : « Nous, soussignés, certifions que le sieur Schoen, Frédéric, Guillaume, natif de Lissa en Pologne, facteur de pianos, demeurant rue de la Coutellerie n° 27, a pris les armes dans les glorieuses journées de Juillet pour le salut de la patrie et la défense de la bonne cause. Nous l’avons vu combattre vaillamment à la prise du Louvre auprès du jeune Trouvé (voir Trouvé, Jean-Baptiste, Simon, Théodore), qui tomba percé et criblé de balles ennemies à ses côtés et à ceux de son père, le sieur Trouvé (voir Trouvé, Charles, Antoine, Théodore), qui lui-même presque au même moment fut blessé d’un coup de feu. Ce brave Polonais, en transportant les morts et les blessés fut atteint au pied gauche d’une pierre, qui arrêta son ardeur guerrière ; mais à peine fut-il rétabli qu’il fit le service de garde national, s’étant armé et équipé à ses frais, quoique simple ouvrier, et depuis ce temps il continue son service avec le même zèle et la même activité. Cet intrépide défenseur de nos droits, guidé par son patriotisme et son amour pour les Français n’a jamais rien sollicité et n’a fait aucune réclamation quelconque. Le jugeant digne à tous égards d’être récompensé, nous nous faisons un devoir de solliciter pour lui la glorieuse décoration de juillet, qu’il a si dûment méritée en le recommandant avec instance à la bienveillance et à la justice d’un gouvernement qui apprécie et récompense les hauts faits et les actions d’éclat. » Il reçut uns secours de soixante francs en 1835. En 1836, il sollicita de nouveau des secours. La police rapporta sur son compte : « Est toujours dans une position extrêmement gênée. On continue de faire l’éloge de sa conduite. » Il reçut un secours de cinquante francs. En 1837, « dans une position critique », il sollicita de nouveaux secours. En 1838, les renseignements de police rapportèrent à son sujet : « Est toujours portier de la maison rue Saint-Honoré, 221. Ce pétitionnaire a non seulement à sa charge sa femme et deux enfants, dont un nouveau-né, mais encore deux autres enfants, orphelins, ses neveux. La modicité du produit de son travail comme cordonnier ne peut lui permettre de subvenir aux besoins de sa famille, qui est dans la misère. Sa moralité et sa conduite ne laissent rien à désirer. » Il reçut un secours de soixante-quinze francs en 1838. Il fit partie de la délégation de soixante-treize décorés de Juillet, qui, le jour de la fête du roi le 1er mai, sans doute en 1839 (en tout cas après 1838), se présentèrent à son palais, pour le féliciter et l’assurer de leur entier dévouement ainsi qu’aux membres de sa famille (voir la liste des décorés à Grand, Pierre). Il reçut un secours de vingt francs en 1839, de quarante francs en 1840, et de la même somme en 1841. En 1842, la police recueillit sur son compte des « renseignements favorables ». Il reçut vingt-cinq francs de secours en 1842, quarante francs en 1843 et vingt-cinq francs en 1844. Il était marié à Anot, Marie, Catherine, et eut au moins deux enfants, dont une fille, Marie, née le 31 janvier 1830 à Paris. Il demeurait 11, rue du Plâtre-Saint-Avoye en 1830-1831 ; 221, rue Saint-Honoré de 1837 à 1840 ; 20, rue des Bons-Enfants en 1842 ; 45, rue Bourbon-Villeneuve en 1843. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la Ire classe du VIIe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 77 Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux combattants blessés ou non blessés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) VIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) VIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/67 ; Archives nationales F/1dIII/82, un état imprimé comprenant les noms et les secours ou pensions distribués aux veuves, orphelins, ascendants ou blessés du seul (ancien) VIIe arrondissement, p. 10-11 état des blessés non classés et de la 1re classe et aussi Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) VIIe arrondissement, blessés de 1re classe ; Archives nationales AB XIX 15 papiers des Tuileries (trouvés lors de l’envahissement du palais par le peuple en février 1848, N.D.A.), décorés de juillet 1830, citoyens qui ont pris part aux événements de 1830 ; Archives de la préfecture de police AA 413 in dossier Schoen, Frédéric, Guillaume.