Monnot, Jean
Biographie
En 1830, il était fourrier au 1er régiment de la Charte 1er bataillon de voltigeurs. On trouve une trace de sa participation aux combats dans le récit que fit Léger de sa propre participation, Léger sous les ordres duquel il était pendant les journées de Juillet. Les passages le concernant sont ainsi rédigés : « […] « Moi, Léger, officier de l’ancienne armée, résidant à l’hôtel du Bel air près la barrière de l’Etoile n° 32. Le 28 au matin, je réunis chez moi douze hommes bien armés et leur ai donné à chacun dix-huit cartouches. Nous nous sommes ensuite mis en route pour marcher sur la place de Grève, où je savais trouver plusieurs braves qui étaient à combattre. Alors nous nous mîmes en marche, il était 9 heures. Nous descendons les quais et arrivés sur le pont Louis-XV nous trouvâmes un piquet de cinq gendarmes à la tête du pont du côté de la Chambre des députés. Je m’avance vers eux avec mes hommes et les somme de se rendre. Ils me répondent par une décharge de bout de carabine. J’ordonne de faire feu. A l’instant il tombe un gendarme percé de trois balles, qui fut jeté à l’eau à l’instant par des hommes qui étaient là ; les autres prennent la fuite. Je m’avance sur le quai d’Orsay à la tête du pont Royal. Nous trouvâmes une force imposante à la nôtre. J’ordonne à mes hommes de prendre une position pour les attaquer vivement. Une fusillade s’engage très vive. Nous eûmes un homme de tué. Nous fûmes forcés de battre en retraite. La terreur s’empare de mes hommes. Obligé de repasser le pont Louis-XV à la tête de quinze hommes, le poste de garde royale s’avance, fort à peu près de vingt hommes. Un feu bien nourri s’engage. Nous avons un homme de blessé, ce qui ranime les braves. L’ennemi fut forcé de battre en retraite. Sur un fort peloton qui était le long de la rivière, trois hommes des leurs étaient tombés morts. Voyant une force opposante à la nôtre, j’ordonne de nous redéployer promptement sur la place de la Madeleine à la tête du boulevard. Arrivés là, nous trouvâmes un poste de la ligne, qui nous crie Qui vive ? Je réponds Garde nationale, défenseurs de la liberté ! Le brave officier répond par une voix entrecoupée Nous le sommes tous ! Honneur à la liberté et aux braves ! Voilà la réponse du brave officier. Nous poursuivons notre marche par les boulevards. Bientôt un détachement de lanciers arrive sur nous. J’ordonne aux braves de faire feu. Bientôt il fut obligé de prendre la fuite. Un fut blessé, pris prisonnier par Jean Monot (voir Monnot, Jean), fourrier au 1er régiment de la Charte 1er bataillon de voltigeurs. Bientôt, les boulevards furent remplis de lanciers, [qui] massacraient le peuple. Nous prîmes des positions en tirailleurs. Un combat sanglant s’engage de part et d’autre. Arrivés à la hauteur de la rue de Gramont, les braves qui m’avaient toujours suivi vinrent se joindre à moi. Un détachement de lanciers arrive pour nous charger. J’ordonne une décharge sur eux. Ils furent obligés de battre en retraite. Un maréchal des logis fut tué. Par une seconde charge que l’ennemi allait opérer sur nous, j’ordonne aux braves qui me suivaient de nous redéployer dans la rue de Gramont et de les débusquer et de tenir bon. La charge eut lieu à l’instant mais grâce aux braves qui étaient là, qui font feu de toute part (sic). Bientôt je me vois entouré par quatre lanciers. Le brave fourrier Jean Monot arrive à mon secours, tire son coup sur eux ; il tombe mort à l’instant et s’élance sur un autre, lui perce le ventre de sa baïonnette, blesse un troisième. Aussitôt nous avançons sur les boulevards en tirailleurs. L’ennemi était en désordre. Nous avions la victoire. Les plus lâches des soldats étaient en fuite et honteux. 10 heures du soir arrive, le calme était un peu rétabli. Nous étions confondus de fatigue. Une partie des braves qui me suivent vont se rallier à moi, sauf trois qui étaient morts dans la belle journée du 28. Nous rentrâmes à 11 heures chez moi à l’hôtel du Bel-Air, barrière de l’Etoile, au nombre de dix. Nous prîmes quelques bouteilles de vin et mangeâmes un morceau. De là, il s’agit de prendre du repos. Ces braves me disent A demain, monsieur, nous aurons la victoire ou la mort […]. » De la même manière, Monnot apostilla ainsi le récit de Léger : « Moi, fourrier au 1er régiment des volontaires de la Charte, j’atteste avoir été sous les ordres de M. Léger, dans toutes ces affaires qui se sont données les 27, 28 et 29 juillet. » Archives de Paris VK3 47 in dossier Léger.