Monténicourt
Biographie
Capitaine retraité et capitaine de la garde nationale en 1831. En décembre 1831, il rappelait la conduite qu’il avait tenue à La Chapelle-Vieille-Forêt (Yonne) au début du mois d’août 1830 et sollicitait d’être récompensé : « J’y étais garde-port de Flogny depuis 1825, époque de son établissement. J’étais sur le qui-vive pendant les trois journées. Les voitures publiques et la poste n’arrivant plus. Mais lorsque, le 1er août, j’aperçus le drapeau tricolore flotter sur la diligence et que j’entendis le conducteur crier Vive le duc d’Orléans, la France est sauvée, je courus acheter pour faire un drapeau tricolore, qui fut planté sur mon port au pont de la Chapelle, par moi seul, n’ayant pu me faire aider par personne. Cette plantation fut faite plus de deux heures avant que la couleur en fût connue à Tonnerre. Je le gardai la nuit du 1er au 2 août, ayant eu connaissance d’un complot formé pour l’enlever. Le rapport me fut fait que le 2 dès le matin, le maire, homme d’affaires de M. Anjoran s’en fut à Tonnerre, dénoncer ce fait, mais le drapeau flottait dès le soir du 1er sur l’église. Le 15 août, voyant qu’on s’obstinait à ne point mettre le drapeau à la commune de La Chapelle, j’en fis un pendant que l’on était à vêpres et, à la tête d’une dizaine de bons citoyens, je le fis placer pompeusement sur la maison commune, après l’avoir fait promener dans les principales rues. Mais, dans la nuit du 31 août au 1er septembre, je fus gratifié d’un drapeau blanc, que l’on attacha au toit de la maison que j’occupais, ainsi qu’à celle du sieur Riquemant, mon voisin. Procès-verbal a été dressé de ce délit politique par monsieur le juge de paix de Flogny, qui s’est emparé des deux drapeaux et les a fait déposer au greffe de Tonnerre, où ils doivent être encore. Une enquête a été faite pour connaître les auteurs de cet attentat mais les témoins n’ont rien voulu dire. On a depuis le mois de juin dernier réuni mont port à celui de Saint-Florentin et Tonnerre. Pendant que j’étais occupé à Saint-Julien à organiser la garde nationale dont j’ai été nommé capitaine. Ce port, quoique de peu de valeur, vient de s’approvionner (sic, lire s’approvisionner ?), me donnait l’espoir d’un dédommagement, mais il m’est ravi et je reste avec ma modique retraite de six cents francs. Je demande à être employé dans mon grade dans une compagnie départementale ou, s’il est impossible, dans la garde mobile comme chef de bataillon si elle se formait. » Le ministère de l’Intérieur, tout en le félicitant de la conduite qu’il avait tenue, lui rappela que la Croix de Juillet ne pouvait être décernée qu’aux citoyens qui, dans les événements de Juillet, avaient « opposé une résistance active aux actes arbitraires du gouvernement déchu ». Il demeurait à Saint-Julien (Aube) en 1831. Archives nationales F/9/1156.