Morand, Pierre

Biographie


Né vers 1766 à Contres (Loir-et-Cher) (parfois à Contes dans le Loiret mais cette commune nexiste pas). Garçon de chantier, ou ouvrier sur les ports, ou empileur de bois. Il fit le coup de fusil le 28 juillet depuis 9 heures du matin jusqu’à 15 heures, soit sur la place du Marché-Saint-Jean, soit dans la rue Saint-Antoine et les rues y aboutissant, avant d’être atteint de deux coups de feu dans la poitrine, qui le tuèrent sur le coup, au coin de la rue Saint-Paul. Le certificat suivant établissait les circonstances de sa mort : « Le soussigné gérant de la maison Désabie, Lainé et compagnie, rue Saint-Antoine n° 75, atteste que le nommé François Morand (sic), empileur de bois, est mort percé de deux balles à la poitrine le 28 juillet 1830 rue Saint-Paul. Il atteste en outre que sa veuve se trouve sans ressources, ne comptant pour son existence que sur le travail de son mari. » Signé, le 18 août 1830 : Boudin. Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) VIIe arrondissement. Le 10 février 1831, devant le juge de paix du (ancien) VIIe arrondissement, comparurent : Levieil, Lucien, marchand, demeurant 75, rue Saint-Antoine ; Christille, Joachim, gérant de la maison de commerce Disabie, Lainé et cie, demeurant 73-75, rue Saint-Antoine. Ils attestèrent avoir parfaitement connu Morand, Pierre et savoir qu’il « est sorti de son domicile et dans l’intention de se battre, le mercredi 28 juillet dernier sur les 9 heures du matin ; qu’en effet il a fait le coup de fusil jusqu’à 3 heures du soir, soit sur la place du Marché-Saint-Jean, soit dans la rue Saint-Antoine et les rues y aboutissant ; que se trouvant à cette heure au coin de la rue Saint-Paul, il reçut deux balles dans la poitrine, dont il mourut sur-le-champ ». Il laissait une veuve, Morillon, Eugénie, née le 15 février 1770 à Clamecy (Nièvre) (elle-même fille de Morillon, Nicolas, manouvrier, et de Marion, Marguerite, son épouse), rentière mais ancienne cuisinière sur son acte de décès. Elle reçut un secours de soixante-quinze francs en août 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Elle reçut, sans doute de la marie de son arrondissement, un secours de dix francs le 14 août, un secours de trente francs le 22 août, un secours de quatorze francs le 7 septembre, un secours de quatre francs le 21 septembre, un secours de quatorze francs le 28 septembre, un secours de quatorze francs le 5 octobre, un secours de quatre francs le 19 octobre. Elle fut pensionnée de cinq cents francs et il lui fut accordée, à titre de blessé, par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes ; elle mourut le 9 juillet 1831 à son domicile du 75, rue Saint-Antoine. Le fils, Léonard, Pierre Morand, né le 26 vendémiaire an VI (15 octobre 1797) à Paris (ancien) XIIe arrondissement, entré au service le 6 décembre 1810 à la formation des élèves militaires de la garde impériale aux gendarmes d’élite, fit les campagnes de Russie en 1812, de Saxe en 1813, de Prusse en 1814, de France en 1815 à Waterloo, licencié le 1er octobre 1815 et passé dans la gendarmerie départementale de la Vienne, nommé brigadier le 15 décembre 1829, dans la VIIe légion de la gendarmerie. Le général Lamarque avait promis à sa mère de l’avancement à titre de récompense nationale. Le capitaine commandant la gendarmerie de la Vienne donnait sur son compte l’appréciation suivante : « […] Le brigadier Morand est un fort beau et bon militaire dont la tenue est très distinguée. Il a de la capacité, sert avec beaucoup de zèle et de dévouement. Il a déjà beaucoup de service quoique encore jeune […]. Les renseignements que m’ont donnés MM. les lieutenants […] sur le brigadier Morand sont très avantageux. Il a resté dix ans candidat et s’il n’a pas été nommé brigadier plus tôt il paraît que c’est mon prédécesseur qui s’y est toujours opposé à cause de ses opinions. » Chatelain, chevalier, lieutenant, commandant la place et citadelle d’Oléron, ancien colonel de cavalerie, envoyait, le 18 octobre 1830 au baron Pequet, maréchal de camp, inspecteur général de la gendarmerie, la lettre de recommandation suivante : « Les parents du brigadier Morin (sic) demeurent à Paris près de mon domicile. Ce sont de très honnêtes gens. Le père Morin (resic) est une des victimes du mois de Juillet ; il est mort de ses blessures. Le brigadier a servi dans l’ancienne armée. C’est un brave militaire, qui a une bonne conduite. Je suis certain que ses chefs vous le recommanderont. Permettez-moi, mon général, de vous prier de lui accorder votre protection pour la décoration de la Légion d’honneur. Morin (reresic) est tout à fait digne des bontés du roi, comme ancien militaire fils de victime des journées de Juillet. » Il fut affecté dans le département des Deux-Sèvres, le 3 avril 1831. Il passa dans la IXe légion en 1831. Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants, sise 10, rue Bourg-Labbé, puis 6, rue Dalayrac, afin d’obtenir de l’avancement dans son corps. Morand demeurait 74, rue des Fossés-Saint-Bernard en l’an VI ; 74, rue Saint-Antoine (94, rue Saint-Antoine sur les listes du Constitutionnel et in Archives de Paris DM13 1, au 2e étage dans cette dernière référence ; 94, rue Saint-Antoine sur son acte de décès) ; sa veuve 75, rue Saint-Antoine en 1831 ; le fils, à la gendarmerie de Chiché (Deux-Sèvres) en 1831. Le nom de Morand (P. Morand) est inscrit sur la colonne de Juillet, place de la Bastille, et sur les tables du Panthéon. Voir Marie. Premier état, arrêté le 19 août 1830, des secours distribués par Le Constitutionnel ; Liste des morts, des blessés, des veuves et des orphelins, 2e édition, Paris, chez A. Barbier, imprimeur, rue des Marais S.-C., 17, 1830, p. 35 ; Journées des 27, 28 et 29 juillet, liste des morts, des blessés, des veuves, des orphelins, Paris, A. Boulland, 1830, p. 39 ; Liste n° 4, des veuves de victimes de Juillet, pensionnées annuellement de cinq cents francs, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Veuves de victimes de Juillet, qui ont obtenu une pension annuelle et viagère de cinq cents francs, Le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusquau 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 99 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du VIIe arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 103 ; Archives de Paris DM13 1, préfecture de la Seine, tableau des décès qui ont eu lieu pendant les mois de juillet, août et septembre 1830, (ancien) IXe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/33 Commission des récompenses nationales, deuxième état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet avec indication du champ de bataille où ils ont été frappés (201 citoyens) (ancien VIIe arrondissement) ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux veuves pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831, par la mairie du (ancien) VIIe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 ; Archives nationales F/1dIII/38 B, Commission des récompenses nationales, état des veuves des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet (dossier de cinq états et 260 veuves) ; Archives nationales F/1dIII/40 (orphelins de Juillet, année 1831) ; Archives nationales F/1dIII/68 ; Archives nationales F/1dIII/82, un état imprimé comprenant les noms et les secours ou pensions distribués aux veuves, orphelins, ascendants ou blessés du seul (ancien) VIIe arrondissement p. 2-3 état des veuves aussi état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet, aussi liste des victimes de Juillet 1830, colonne de Juillet et aussi liste générale des citoyens morts dans les journées de juillet 1830, en combattant pour les libertés publiques et dont les noms sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet et aussi Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) VIIe arrondissement, veuves ; Archives de la préfecture de police AA 403 ; Bulletin des lois, IXe série, tome 21, n° 746, Paris, imprimerie royale, février 1841, p. 84, liste générale des citoyens morts ou blessés mortellement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, en combattant pour la défense des lois et des libertés publiques, les noms de ces citoyens sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (et aussi Archives de Paris D1K1 138, qui contient les mêmes informations puisqu’il s’agit de ce même numéro du Bulletin des lois) ; Colonne de Juillet, liste officielle et par ordre alphabétique des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de juillet 1830, Paris, chez Vve Demoraine et Boucquin, 1841.

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