Morange, Raphaël
Biographie
Né le 22 juin 1791 à Paris. Ancien brigadier au 2e régiment de hussards de 1813 à 1815, devenu employé. Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IXe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet. En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la mairie du (ancien) IXe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Il reçut un secours de cinquante francs en 1837. En 1841, il était homme de peine dans une maison de roulage, et sa femme marchande de marée à la halle au poisson ; la police rapporta sur eux comme renseignement : « Leur position n’est pas malheureuse. Ils sont bien considérés dans le quartier. » Il reçut un secours de vingt-cinq francs en 1841, de la même somme en 1842, en 1843, en 1844 et en 1845. En 1846, il était chargeur, père de famille et avait à sa charge sa mère, octogénaire. Il reçut un secours de quarante francs en 1847, et de la même somme le 20 juin 1848. En 1849, il avait toujours sa mère et sa sœur à charge et manquait d’ouvrage. Il reçut un secours de cinquante francs en 1849 et en 1850, à titre de médaillé de Juillet, et de la même somme en 1850. En 1851, dans une demande de secours, il se disait « homme d’ordre, de paix et tranquillité, son dévouement à l’illustre président qui fait le bonheur de la France n’a jamais varié depuis qu’il a eu l’honneur de voter pour lui ». Il reçut un secours de soixante francs en 1851, un secours de cinquante francs en 1853. En 1857, un rapport de police précisait sur son compte : « Morange est gardien des travaux de la Ville de Paris et gagne deux francs par nuit. Il est marié et a trois enfants, qui sont mariés. La femme est marchande de poissons à la halle, elle gagne quatre francs par jour. Une de ses filles demeure avec lui ; elle est mariée avec un sculpteur qui gagne huit francs par jour ; ce dernier a subi une condamnation pour un vol qu’il a fait au préjudice d’un de ses camarades, il a dans la maison une très mauvaise réputation, il se grise très fréquemment. […Morange] doit un terme à son propriétaire ; l’intérieur est propre et annonce qu’il n’est pas malheureux. Dans sa maison, on donne de très mauvais renseignements sur sa conduite. On dit qu’il se livre très souvent à l’ivrognerie et les personnes qui le connaissent et auxquelles nous nous sommes adressés disent que c’est une canaille (c’est leur expression). Morange est de la religion juive. Il reçoit des secours du consistoire israélite. […] Il dit avoir toujours reçu depuis 1831 et prétend avoir droit à ce qu’il appelle sa pension, dont il est indigne, attendu d’abord sa mauvaise conduite et ensuite parce qu’il est tout à fait à l’abri du besoin. » En 1861, la police toujours rapportait sur son compte qu’il était veuf et ajoutait : « Demeure chez une de ses filles, ouvrière blanchisseuse, […]. L’aînée est marchande de poissons aux halles centrales. […] Il est à la charge de ses enfants. On n’a recueilli que de bons renseignements sur le compte du sieur Morange. » La même année, il était au dépôt de Villers-Cotterêts, et n’avait « plus d’autre asile qu’un dépôt où, sans aucune ressource, il endure de pénibles privations. » Il fut garde national pendant dix-sept années. Il reçut trente francs de secours en 1861, la même somme en 1862. Il fut médaillé de Sainte-Hélène. Il demeurait 16, rue du Figuier-Saint-Paul, un logement de cent vingt francs par an de 1821 à 1858 ; 5, rue des Deux-Ponts (île Saint-Louis) chez sa fille de 1859 à 1861. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) IXe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées à la mairie du (ancien) IXe arrondissement jusqu’au 15 mars 1831, aux blessés, non blessés, veuves, orphelins, ascendants et sous-lieutenants, par suite des journées des 27, 28 et 29 juillet 1830 ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) IXe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/68 ; Archives nationales F/1dIII/82, état des personnes résidant dans l’étendue du (ancien) IXe arrondissement de Paris, qui ont obtenu la médaille de Juillet et auxquelles, à l’occasion des trois journées de Juillet, il a été accordé une somme de vingt-cinq francs ; Archives de la préfecture de police AA 369, Avis du prochain ordonnancement d’une somme de 10.545 francs pour être répartie entre 210 décorés, combattants et veuves de Juillet 1830, domiciliés dans le département de la Seine, ladite somme imputable sur le budget du ministère de l’Intérieur, exercice 1849, minute 44 et minute 47, idem Etat nominatif des décorés, blessés, combattants de Juillet 1830 et des veuves de décorés ou combattants qui ont formé des demandes de secours et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, minute 73, idem Allocation de secours à 59 décorés, blessés, veuves ou orphelin de Juillet 1830, s’élevant ensemble à la somme de 2.770 francs imputable sur le chapitre 25 bis du budget de l’Intérieur, exercice 1850, courrier en date du 31 octobre 1850, minute 136-138, idem Proposition, en date du 27 novembre 1851, d’accorder à 165 décorés, médaillés, blessés, veuves, ascendants, orphelins, combattants et blessés de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à la somme de 9.610 francs, ladite somme imputable sur le chapitre 26 du budget de l’Intérieur, exercice 1851, minutes 202-204, idem Proposition d’accorder à soixante-deux décorés et veuves de décorés de Juillet 1830 des secours s’élevant ensemble à 3.425 francs, minutes 266-268, en date du 10 février 1853.