Moreau, Louis

Biographie


Né le 6 frimaire an VII à Vallières ou au lieu-dit Lavandugier (Creuse), fils de Moreau, Jean et de Rousseau, Marie. Maçon. Il fut blessé d’un coup de feu reçu au côté droit de la poitrine, le 28 juillet. Il fut soigné à l’Hôtel-Dieu du 29 juillet au 5 novembre, date de sa sortie mais « des trajets fistuleux résultant de cette blessure persistant encore et étant entretenus par la présence d’esquilles ». L’ Hôtel-Dieu, en date du 12 janvier 1831, constatait ainsi la blessure qu’il avait reçue : « Est entré dans cet hôpital le 29 juillet pour être traité d’une plaie d’arme à feu dans laquelle la balle a traversé d’arrière en avant la partie supérieure et droite de la poitrine en intéressant l’omoplate, les parois postérieures et antérieures du thorax, le sommet du poumon droit, pour venir sortir au-dessous de la clavicule et des vaisseaux sous-claviers du même côté. Cette plaie pénétrante, compliquée d’hémorragie puis d’inflammation du poumon et d’abcès au pourtour de l’articulation scapulo-humérale, est aujourd’hui complétement guérie mais il reste encore au bras deux petites ouvertures fistuleuses, suite des abcès du bras, fistules qui sont en voie de guérison et qui doivent bientôt s’oblitérer. Il résulte de toutes ces blessures une impuissance de se servir du bras pour travailler et cette incapacité pourra encore durer longtemps. » Marié, il reçut un secours de quatre-vingts francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IXe arrondissement. Le 8 avril 1831, devant le juge de paix du (ancien) IXe arrondissement, comparurent : Granger, Dominique, marchand de vin et treilleur, demeurant 31, rue de la Tixéranderie ; Ranhefer, perruquier, demeurant 27, rue de la Tixéranderie ; Véré, Charles, ébéniste, demeurant 20, rue des Vieilles-Garnisons. Ils déclarèrent que « le 28 juillet sur les 2 heures de relevée ils ont vu un citoyen atteint d’une balle à l’épaule droite ; qu’ils l’ont vu tomber sur le coup ; que depuis cette époque ils ont su qu’il était leurs voisins ; qu’ils reconnaissent bien ce citoyen maintenant devant eux pour être le nommé Louis Moreau demeurant rue de la Tixéranderie le même que celui qu’ils ont vu le 28 juillet dernier atteint par une balle ». Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IXe arrondissement. Le Comité de médecine et de chirurgie près la Commission des récompenses nationales, après l’avoir examiné, donna, le 3 mars 1831, la conclusion suivante : « A été atteint, dans les journées de Juillet, d’une blessure par arme à feu à la poitrine, de sa partie supérieure, antérieure et droite vers sa partie postérieure, supérieure et interne sur l’angle supérieur de l’omoplate, à travers la clavicule, qui a été fracturée, suivie d’abcès nombreux au bras ; guérie mais avec ankylose incomplète de l’articulation de l’épaule droite. » Il fut admis dans la 4e classe des blessés et pensionné de cinq cents francs. Il lui fut accordé, en tant que blessé, par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Il sollicita, en 1833, une indemnité de secours afin de se rendre aux eaux ; trois cents francs lui furent accordés. En 1834, il sollicita la même indemnité pour se rendre aux eaux ; elle lui fut refusée parce qu’il bénéficiait d’une pension. En 1836, grenadier au 1er bataillon de la IXe légion de la garde nationale, il demanda une aide pour remplacer son uniforme de garde national : « […] Depuis six ans, il n’a cessé de faire son service, avec autant de zèle que d’exactitude et comme on devait l’attendre de son patriotisme et de son dévouement au roi et à l’ordre public, quoique sa position le dispensât de ce service. Il a l’honneur de vous faire observer, monsieur le ministre, que ses habits et effets d’uniforme sont usés et que, n’ayant pas les moyens de les faire remplacer sa pension étant même insuffisante pour pourvoir à ses besoins, il va être forcé de cesser son service. » En 1837, il avait été contraint de quitter son état de maçon et était blanchisseur avec sa femme, Moreaux, qu’il avait épousée le 1er octobre 1827 à la mairie du (ancien) IXe arrondissement de Paris. « On le croit au-dessus du besoin. Sa conduite est régulière », précisait la police à son sujet. En 1838, il sollicita, dans ces termes, un secours : « […] Je n’ai, pour subvenir à mes besoins, que mes bras, ne sachant ni lire ni écrire et n’ayant connaissance d’aucun métier, je suis homme de peine, souvent sans ouvrage. » La police rapporta à son sujet : « […] Honnête homme, dont la position mérite quelque intérêt. La blessure qu’il a reçue en combattant dans les trois journées l’a mis hors d’état de pouvoir travailler. Il est à la charge de sa femme, qui exerce la profession de blanchisseuse de fin. » En 1841, les mêmes sources ajoutaient : « Moreau et sa femme ont beaucoup d’ordre, d’économie et de sobriété et sont très bien considérés. » Il reçut un secours de vingt-cinq francs en 1843, et de la même somme en 1844. En 1845, toujours les mêmes sources administratives ajoutaient : « Il n’a pas d’état et aide sa femme qui est blanchisseuse. Il n’est pas heureux et est bien famé. » Il reçut un secours de quarante francs en 1845, de vingt-cinq francs en 1846, et de la même somme en 1847. Il fut blessé le 23 juin 1848, en combattant, avec sa légion de la garde nationale, la barricade de la rue Geffroy-Lasnier. En 1849, le cabinet du préfet de police renseignait : « Ancien sergent, pensionnaire aux Invalides […]. Bons renseignements sur son compte. Position peu aisée. » Il sollicita des secours jusqu’en 1859. Il demeurait 20, rue de la Tixéranderie en 1830 ; 20, rue des Vieilles-Garnisons en 1830-1831 ; 24, rue du Martois, un loyer de deux cents francs par an, de 1834 à 1836 ; 94, rue de l’Hôtel-de-Ville de 1837 à 1847 ; 26, rue de la Verrerie de 1849 à 1852 ; 123, rue de l’Université en 1857 ; 138, rue Saint-Maur en 1857. Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Histoire de ce qui sest passé dans cet hôpital pendant et après les trois grandes journées, suivie des détails sur le nombre, la gravité des blessures et les circonstances qui les ont rendues fatales, Prosper Ménière, docteur en médecine de la faculté de Paris, ancien chirurgien interne des hôpitaux et hospices civils de la même ville, Heideloff et Canel, Paris, 1830, p. 294 ; Etat supplémentaire et définitif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Liste n° 7, des blessés de Juillet pensionnés, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat supplémentaire et définitif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, Le Moniteur universel 2 mai 1831 ; Citoyens blessés pendant les événements de juillet, qui ont obtenu, aux termes de l’article 5 de la loi, la pension de 300 fr. à 1.000 fr., Le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusquau 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 99 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste des blessés de Juillet envoyés aux eaux de Bourbonne, p. 65, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du IXe arrondissement, p. 107, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832 ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux blessés pensionnés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) IXe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre comprenant les arrérages à partir du 1er août ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées à la mairie du (ancien) IXe arrondissement jusqu’au 15 mars 1831, aux blessés, non blessés, veuves, orphelins, ascendants et sous-lieutenants, par suite des journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, idem blessés admis à la pension ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) IXe arrondissement et liste supplémentaire des décorés de Juillet et aussi Préfecture de la Seine, noms des individus qui, ayant obtenu la décoration de Juillet sont portés sur la liste du (ancien) IXe arrondissement, ne se sont pas présentés pour la retirer et dont les croix sont restées déposées à la mairie ; Archives nationales F/1dIII/50 in dossier Cortès, F/1dIII/68 ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste des blessés de Juillet envoyés aux eaux de Bourbonne, Barèges, Mont-d’Or et Néris, et liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) IXe arrondissement, blessés de la 4e classe ; Archives de la préfecture de police AA 369, Etat nominatif des décorés, blessés, combattants de Juillet 1830 et des veuves de décorés ou combattants qui ont formé des demandes de secours et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, minute 73. Il y a dans Archives nationales F/1dIII/82, in dossier Pensions, lettre en date du 3 novembre 1831, un Moreau (mais est-ce lui ?) délégué de la pétition suivante : Il fit partie dune délégation qui, le 3 novembre 1831, rencontra le président du Conseil et ministre de lIntérieur, afin que fût accéléré le paiement de leurs pensions. Cette pétition était ainsi rédigée : « Les hommes estropiés et pensionnés de Juillet, nayant plus aucun secours dans leur mairie, ils se sont réunis et ont nommé une députation, qui vous prie de vouloir bien avoir la bonté de venir lui donner les renseignements quils nattendent plus que de vous. La députation a lhonneur despérer que vous voudrez bien vous présenter dans la cour du palais. » (La liste des délégués est Fonchain, Jean).

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