Morel de Rubempré, Joseph

Biographie


Docteur en médecine. Rossignol et Pharaon relatent à son sujet : « Voici deux faits dont M. le docteur Morel, rue du Temple, n° 60, a été témoin, tandis qu’il se portait pour secourir les blessés partout où la mitraille nécessitait sa présence. 1°. Un enfant de douze à treize ans, chargé à la baïonnette par un soldat de la garde, se retourne, se précipite dans ses jambes, le renverse, lui arrache son fusil, lui passe la baïonnette au travers du corps, et revient triomphant. 2°. Le sieur Hervier, rue du Temple, n° 87, blessé grièvement à la main par une balle qui l’avait traversée, refuse, après être pansé, de se retirer chez lui, et, malgré les observations que lui faisait le docteur Morel, retourne au combat armé de pistolets et d’un sabre. Il n’est rentré à son domicile, où sa blessure le retiendra longtemps encore, qu’après avoir vengé la perte de sa main par la mort de cinq ou six malheureux que des ordres sanguinaires avaient rendus momentanément nos ennemis. » Il fut compris dans le procès des accusés du cloître Saint-Merri, révolte républicaine des 5 et 6 juin 1832, mais pour le simple délit d’avoir proféré publiquement des cris séditieux et d’avoir exposé dans des lieux publics un signe destiné à troubler la paix publique. L’acte d’accusation reprenait ainsi les charges qui pesaient contre lui : « Le sieur Morel de Rubempré a été signalé par un témoin comme ayant paru seulement au moment du rassemblement tumultueux qui a précédé l’érection de la barricade. Il disait dans un café voisin qu’on était à l’aurore d’un beau jour, promenait dans la rue un drapeau tricolore garni de crêpe, et criait Vive la république ! » Morel de Rubempré ne fut pas présent à l’audience d’octobre 1832 devant la cour d’assises de la Seine ; s’étant pourvu en cassation avant le renvoi devant la cour d’assises, il comparut un an plus tard devant la cour d’assises et fut acquitté. Morel demeurait 60, rue du Temple en 1830. Le Constitutionnel, 7 août 1830 (sous le seul nom de Morel) ; Histoire de la révolution de 1830 et des nouvelles barricades, par F. Rossignol et J. Pharaon, Paris, chez Vimont, Levavasseur et Urbain-Canel, 1830, p. 324-325 (sous le seul nom de Morel) ; Procès des vingt-deux accusés du cloître Saint-Méry événements des 5 et 6 juin 1832 suivi de pièces justificatives, Paris, chez Rouanet libraire, 1832.

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