Morel, Jean-Baptiste, Adolphe

Biographie


Né vers 1797 à Rouen (Seine-Maritime) de Morel, Jean-Baptiste, décédé en 1830, et de Fortus, Marie, Catherine. Militaire au 4e régiment des hussards du Nord, libéré le 5 septembre 1823, commis chez son frère en juillet 1830. La chronique de l’époque rapportait les faits suivants sur sa participation aux combats : « Morel (Adolphe), commandant un peloton, a fait des prodiges de valeur. » Il fit parvenir la lettre suivante à la Commission des récompenses nationales : « Peu fortuné puisque je travaille chez mon frère (sans doute Morel, Pierre, Henry, N.D.A.) depuis que j’ai quitté le service en 1823. Abreuvé de dégoût et par suite des injustices commises à mon égard, j’ai dû rentrer dans la vie civile. Aussi, messieurs, les nombreux certificats dont je suis porteur et dont copie est au bas de la présente vous justifieront du peu que j’ai pu faire pour la cause sacrée de la liberté. Dès le 27 juillet, je fus le premier qui, au moment où les gendarmes exécutaient des charges dans la rue Saint-Honoré, à engager les spectateurs dans le nombre desquels il se trouvait beaucoup de jeunes gens à repousser la force par la force. En répondant aux coups de sabres par des coups de pierres, puis, enfin, en promenant dans les rues aux cris de Vengeance le corps d’un citoyen assassiné par les vils suppôts de la tyrannie. La nuit arrivant, nous fûmes forcés de nous séparer avec promesses aux jeunes gens qui m’avaient nommé leur chef de les retrouver le lendemain matin, 28 juillet. En effet ce jour-là, nous partîmes au nombre de dix ou douze armés de sabres et de fusils et nous nous rendîmes, sur la prière de plusieurs citoyens que nous rencontrâmes, à la place des Petits-Pères et, de là, à la place de Grève ou, après avoir combattu contre les gardes royaux j’eus dans mon peloton plusieurs hommes de blessés entre autres un jeune étudiant en médecine nommé Bellaire (voir Bellaire, Hubert), demeurant à Paris, rue des Fossés-Saint-Germain-des-Prés, n° 26, d’un coup de feu à l’épaule gauche, lequel sur la prière que je lui fis de rester avec nous pour encourager les autres, y consentit malgré sa douleur et continua d’exhorter les hommes que je commandais à le venger. Le lendemain 29, je retrouvai mes mêmes hommes, avec d’autres braves qu’ils avaient réunis avec eux et je les conduisis au feu du Louvre, à la prise des Tuileries et à celle du Palais-Royal. […] J’étais aussi à Rambouillet avec trente-trois hommes que je commandais et que j’avais rassemblés. […] » Il joignait à sa demande plusieurs certificats. Un premier : « Nous, soussignés, volontaires patriotes, certifions que le nommé Adolphe Morel, ancien, militaire, nous a rassemblés et commandés dans les journées des 27, 28 et 29 juillet, qu’il nous a constamment menés au feu avec courage et intelligence, qu’il nous a aussi conduits à Rambouillet pour la défense de la patrie et, enfin, que nous n’avons qu’à nous louer des conseils qu’il nous a donnés ainsi que de l’ordre qu’il a fait régner parmi nous. C’est pour lui témoigner notre reconnaissance que nous lui avons signé le présent. » Paris le 10 août 1830. Signé : Léonard, tambour ; Munier ; Jeanin ; Tuvé ; Leroy, Thomas, blessé, demeurant au coin de la rue du Chantre et celle Saint-Honoré ; Leroy, Jacques aussi demeurant au coin de la rue du Chantre et celle Saint-Honoré ; Combe ; Boulva ; Pasquier ; Vianes ; Lemaréchal, demeurant 24, rue de la Rochefoucault ; Bellaire, Hubert (voir ce nom) blessé le 28 ; Legros (voir Legros, Modeste), limonadier, demeurant 20, rue Montaigne. Un deuxième : « Nous, soussignés, volontaires patriotes composant la compagnie volontaire pour la défense de la patrie, certifions à ceux à qui il appartiendra que le nommé Adolphe Morel, ancien militaire, qui nous commandait dans les journées des 27, 28 et 29 juillet ainsi que dans notre voyage à Rambouillet, n’a cessé un seul instant de nous donner ce qui nous était nécessaire pour notre subsistance, en payant partout de ses propres deniers les vivres et rafraîchissements qu’il nous a achetés, vu qu’à Rambouillet principalement l’on ne nous a donné aucune espèce de vivres, ce qui n’a cessé de lui être très dispendieux puisque nous étions environ trente-cinq. » Paris le 15 août 1830. Signé : Roux ; Lapérine ; Mars ; Trichet ; Chevallier ; Laurent ; Laplanche ; Lécluse ; Bourgeois ; Lavenue ; Lemaréchal, 24, rue de la Rochefoucault. Un troisième certificat : « Nous, soussignés, certifions qu’il est à notre connaissance que le nommé Adolphe Morel, ancien militaire, était au camp de Rambouillet le commandant d’une trentaine de jeunes gens armés et qu’il les a tenus sous les armes toute la nuit et prêt à marcher à l’ennemi. » Paris le 8 août 1830. Signé : Dazé, chevalier de la Légion d’honneur, ex-maréchal des logis à l’ex-9e lancier polonais ; Colle, ex-capitaine à l’ex-82e de ligne. Un quatrième certificat : « Je, soussigné, certifie que M. Morel, Adolphe, ancien militaire, était à Rambouillet le 3 août avec trente-trois hommes qu’il commandait et qu’il s’y est conduit parfaitement. » Paris le 28 août 1830. Signé : Goubert, marchand de draps, demeurant 11, rue Bertin-Poirée et capitaine au 4e bataillon de la IVe légion de la garde nationale. Dans les certificats absents du dossier ou parmi les personnes auprès desquelles on pouvait prendre des renseignements, il y avait les noms de : Perrin, Théodore, avocat, demeurant 7, cour de la Sainte-Chapelle ; Le Blanc, marchand de vins au coin de la rue du Chantre et celle Saint-Honoré ; Frédérick, gardien chez Sa Majesté au Palais-Royal ; Lambert, officier d’état-major, demeurant 3, passage Saulnier ; colonel Tiery, demeurant 18, rue d’Angevillers. Il sollicita son entrée comme maréchal des logis dans la garde municipale ; à cette occasion un certificat de bonne vie et mœurs lui fut délivré avec pour témoins Bertrand, Jacques, marchand de vins, demeurant 4, rue de l’Aiguillerie, et Galtier, Jean, limonadier, demeurant 13, rue des Deux-Ecus. Thierry, Gaspard, François (voir ce nom) adressa en sa faveur et en celle de Legros, Modeste, le 12 septembre 1830, la lettre suivante : « Une circonstance imprévue a causé le retard de la demande du sieur Modeste Legros, que je joins sous le pli et, par une autre inadvertance, j’ai écrit à votre collègue, M. de Lannoy, chargé du (ancien) IVe arrondissement, pour lui recommander les sieurs Adolphe Morel et Modeste Legros, dont j’avais apostillé la demande en qualité de commandant du Palais-Royal. Cette lettre doit être dans le dossier de Morel. Permettez, monsieur, que je vous prie de prendre en considération les droits et intérêts de deux citoyens qui ont si glorieusement défendu la cause de la liberté puisque leur ambition se borne à obtenir l’emploi de sous-officier dans la garde municipale. La Commission ayant invité M. le préfet à réserver quelques emplois qui pourraient être donnés comme récompense nationale. D’ailleurs ces deux citoyens dont les familles sont honorablement établies présentent des garanties qu’on ne saurait trop apprécier pour la formation de la garde municipale. […]. » Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Il reçut cent francs de secours auprès de la mairie de cet arrondissement. Le 19 décembre 1830, sur le rapport de la Commission des récompenses nationales, il fut compris dans la liste des cent neuf citoyens nommés au grade de sous-lieutenant (dans la proportion de deux par régiment), pour s’être « particulièrement distingués dans les journées de juillet ». Il fut affecté au 12e léger. Il sollicita son indemnité de première mise en équipement. Il avait délivré, le 15 août 1830, en faveur de Legros, Modeste, les certificats suivants : « Nous, soussignés, volontaires patriotes, certifions à ceux à qui il appartiendra que le nommé Modeste Legros, ancien militaire, demeurant à Paris, rue de Montaigne, n° 20, s’est comporté en brave dans les journées des 28 et 29 juillet dernier, en payant de ses conseils et de sa personne au milieu du feu fait sur nous par les gardes royaux et principalement à la prise de la caserne de la rue Verte, où il ne dut la vie qu’au plus grand des hasards. » Et : « Nous, soussignés, certifions que le nommé Legros était avec nous au camp de Rambouillet, qu’il nous y a accompagné au premier coup de tambour et que, par ses conseils et son expérience comme ancien militaire, nous n’avons qu’à nous louer de la conduite qu’il y a tenue. » Il apostilla la demande présentée par Mauger, Joseph devant la Commission des Réclamants, comme ayant participé avec lui à l’expédition de Rambouillet et y ayant été nommé sergent par lui-même. De la même manière, il signa, le 26 novembre 1830, en sa faveur le certificat suivant : « Nous, soussignés, toutes personnes étant domiciliées à Paris, certifions qu’après avoir pris connaissance par une lecture attentive des faits énoncés en la pétition ci-contre […] que M. Mauger, Joseph exerçant la profession de boucher à Paris, y demeurant rue Saint-Honoré n° 215, s’est conduit avec la plus rare intrépidité, que nous l’avons vu un des premiers à la tête du mouvement et toujours les armes à la main pendant les mémorables journées des 27, 28 et 29 juillet dernier, aidant et secourant les blessés jusque sous les balles et les transportant avec le dernier dévouement. Qu’il est en outre à notre particulière connaissance que le 28 juillet à 11 heures du soir, le nommé Mauger, Joseph a été vu enlevant du milieu de la rue Saint-Honoré un malheureux jeune homme qui avait essayé de traverser cette rue, vis-à-vis la rue des Bons-Enfants et qui était tombé au milieu du ruisseau, blessé de trois coups de feu, dont il mourut le lendemain. Les cris déchirants de ce malheureux au milieu de la rue déserte excitaient la compassion de tout le voisinage, qui implorait de la troupe placée à l’entrée de la rue Saint-Honoré la permission d’enlever le blessé, dont les cris plaintifs au milieu de la nuit déchiraient l’âme. La garde, restant sourde aux prières de tout le voisinage et même des femmes qui la suppliaient, et menaçant de faire feu sur quiconque descendrait dans la rue, le nommé Joseph Mauger, n’écoutant que son courage et son humanité, essaya de lui porter secours malgré une mort presque certaine. Parvenant en rampant jusqu’auprès du malheureux blessé, gisant au milieu de la rue et l’attirant doucement à lui, Mauger parvint à lui faire franchir le terrible intervalle qui existait entre le milieu de la rue et sa demeure, où il lui procura les plus généreux secours. Ces secours furent malheureusement inutiles car cet infortuné jeune homme mourut le lendemain chez lui de ses blessures. Tels sont les faits dont nous nous plaisons à lui rendre le témoignage, comme étant particulièrement au vu et au su de notre voisinage. En conséquence de quoi nous estimons que Mauger, Joseph a les plus légitimes droits à la justice de la Commission des récompenses nationales soit pour une place soit pour la croix. » Il demeurait 46, rue des Deux-Ecus depuis un an en 1830 ; sa mère à Rouen en 1830. Histoire de la révolution de 1830 et des nouvelles barricades, par F. Rossignol et J. Pharaon, Paris, chez Vimont, Levavasseur et Urbain-Canel, 1830, p. 331 ; Le Moniteur universel, 20 décembre 1830 (sous le nom de Morel, Adolphe), ; Archives de Paris VD6 281 n° 1 ; Archives de Paris VK3 47 in dossier Legros, Modeste ; Archives nationales F/1dIII/33 état des sous-lieutenants nommés sur la présentation de la Commission des récompenses nationales (sous le nom de Morel, Adolphe) ; Archives nationales F/1dIII/68 ; Archives nationales F/1dIII/38 A, mairie du (ancien) IVe arrondissement de Paris, état par ordre alphabétique des blessés et autres victimes des événements de Juillet, secourus dans la mairie du (ancien) IVe arrondissement de Paris, du 8 octobre 1830 au 10 mars 1831, et depuis cette dernière époque jusqu’au 6 avril suivant ; Archives de la préfecture de police AA 402 in dossier Mauger, Joseph. Il y a dans Archives nationales F/1dIII/72 in dossier Pouard, François, Charles, un Morel, Jean-Baptiste, né vers 1803, ouvrier bonnetier, demeurant 2, rue ???, qui signa un certificat de notoriété attestant quil connaissait parfaitement Pouard, François, Charles et quil savait que ce dernier avait été blessé au genou gauche dun coup de feu reçu rue du Mouton le 28 juillet.

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