Morisot, Jacques, Prairial
Biographie
Né vers 1783 à Paris. Journalier. Il portait un drapeau tricolore tout en combattant, le 29 juillet à la caserne de Babylone. En franchissant une clôture en planches, il fut subitement atteint d’une hernie. Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Le 8 mars 1831, devant le juge de paix du (ancien) XIIe arrondissement, comparurent : Deboulogne, Jean-Claude ne sait pas signer (voir ce nom), né vers 1807, bijoutier en acier, demeurant 17, rue des Gobelins ; Bachelier, Jean, Marie (voir ce nom), né vers 1809, couverturier, demeurant 13, rue des Lyonnais ; Vielle, Jean-Marie (voir ce nom), né vers 1792, peintre en bâtiments, demeurant 18, rue de Lourcine ; Germain, Claude, Durand (qui ne savait pas signer), né vers 1804, journalier, demeurant 59, rue de Lourcine. Ils attestèrent bien connaître Morisot, Jacques, Prairial et « savoir les sieurs Deboulogne, Bachelier et Vielle qu’li a combattu avec eux le 29 juillet dernier à la caserne de Babylone, où il était porteur d’un drapeau, et qu’en franchissant un mur de clôture en planches pour entrer dans la caserne il a été blessé d’une hernie, qui lui est survenue subitement. Et le sieur Germain qu’il a vu ledit Morisot revenir le soir à son domicile toujours porteur de son drapeau mais boitant ». Il est répertorié (sous le numéro 973) dans la liste des demandes de secours posées auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement, après la révolution. Il reçut un secours de quinze francs, le 25 février 1831, un secours de dix francs, le 11 mars 1831 (sous le nom de Morizot), à la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Il reçut un total de vingt-cinq francs de secours auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Le registre des délibérations du jury de la Commission des récompenses nationales, en date du 3 février 1831, contient les indications suivantes sur sa participation aux combats : « Le 28, à la poudrière, au pont d’Austerlitz. Le 29, entré le cinquième à Babylone. Rambouillet. » Le jury de la Commission des récompenses nationales, chargé d’examiner les droits de chacun à une récompense, se prononça, dans sa séance du 3 février 1831, à une voix pour la croix, six voix pour la médaille et aucune voix pour une mention. Il est médaillé ? sous quel nom ? et où dans Archives nationales F/1dIII/39 ? Le Comité de médecine et de chirurgie près la Commission des récompenses nationales, après l’avoir examiné (sous le nom de Morizot, Charles), donna, le 10 mars 1831, la conclusion suivante : « N’a été atteint, dans les journées de Juillet, d’aucune blessure par arme à feu, par arme blanche ou autre qui ait laissé des traces apparentes ; dit avoir été atteint d’une hernie du côté gauche par suite d’une chute, hernie dont l’existence, la cause et l’origine n’ont pu être reconnues. En conséquence nous estimons que le susnommé n’a aucun droit à une récompense nationale. » La demande de pension qu’il avait présentée fut, en conséquence, rejetée. Debouloque, Bachelier et Vielle témoignèrent en sa faveur pour faire valoir ses droits. Une note rapportait sur lui, sans qu’on en connaisse la provenance ni qu’on puisse juger du fondement, les renseignements suivants : « Morisot, rue Mouffetard n° 50, se disant blessé d’une hernie à l’affaire de Babylone. Mensonge. Blessé il est vrai mais non dans les journées de Juillet. Intrigant de première force. » Il est cité dans le certificat suivant, établi pour certifier les circonstances dans lesquelles avait été tué Lethin, Pairon ; ce certificat était ainsi rédigé : « Nous, soussignés, habitants patentés domiciliés rue Mouffetard, certifions qu’il est à notre connaissance que le sieur Perron Lethin (sic), commissionnaire, demeurant rue Mouffetard n° 152, est parti jeudi 29 juillet 1830 à 11 heures du matin, pour aller combattre les ennemis de nos libertés constitutionnelles et qu’il nous a été rapporté par le sieur Jean-Pierre Rondet, ouvrier sur les ports, Morizot, journalier, Desjardins, menuisier, rue des Lyonnais, et Vitry, François, charretier sur les ports, témoins oculaires, qu’il avait été tué d’une balle à la tête entre 1 et 2 heures dudit jour, au premier coup de feu. Il laisse une veuve et deux enfants en bas âge. » Signé, le 3 août 1830 (pour les noms lisibles) : Boissière, demeurant 124, rue Mouffetard ; Beaude..., débitant d’eau-de-vie, demeurant rue Mouffetard ; Bargniot, demeurant 131, rue Mouffetard ; Fortier, demeurant rue Mouffetard ; Meunier, demeurant rue Mouffetard ; Gauthier, demeurant rue Mouffetard ; Roy, demeurant rue Mouffetard ; Vivey, demeurant rue Mouffetard ; Machet, demeurant rue Mouffetard. Il demeurait 43, rue Mouffetard en 1830 ; 50, rue Mouffetard en 1830-1831. Archives de Paris VD6 639 n° 5, liste générale alphabétique ; Archives de Paris VD6 672 n° 1 Commission des récompenses nationales, jury médical ; Archives de Paris VD6 682 n° 3, liste des demandes de secours, pièces produites par les blessés ; Archives de Paris VK3 14, une pièce en date du 10 mars 1831 ; Archives de Paris VK3 22, relevé des quittances remises à M. le pair de France, préfet de la Seine, par M. Delestre, délégué de la Commission des récompenses nationales, à l’appui des paiements faits aux blessés de Juillet, veuves et orphelins, depuis le 2 février 1831 jusqu’au 31 mai inclusivement ; Archives de Paris VK3 33 Commission des récompenses nationales, mairie du (ancien) XIIe arrondissement, le 3 février 1831, jury pour l’examen des demandes de récompenses honorifiques (sous le nom de Morizot, Jacques, Prairial), idem états nominatifs et listes de noms soumis à la Commission des récompenses nationales (1830-1831) (XIIe arrondissement ancien), en date du 3 février 1831 ; Archives de Paris VK3 48 ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux combattants blessés et non blessés pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) XIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état des (206) citoyens qui quoique non blessés dans les journées de Juillet ont prétendu au bénéfice des articles 5 et 6 de la loi du 13 décembre (sous le nom de Morizot, Jacques, Prairial) ; Archives nationales F/1dIII/41 ; Archives nationales F/1dIII/68.