Morisot, Nicolas ou Morizot, Nicolas

Biographie


Né le 12 février 1782 à Chatoilenot (Haute-Marne) (mais à Chatel en Charente in Archives de Paris VK3 30). Ancien militaire au 24e régiment d’infanterie de ligne, placé à la retraite et pensionné, il devint ouvrier tonnelier (pâtissier selon le docteur Ménière). Le 28 juillet, il se joignit au détachement commandé par Baudeville (ou Boudeville), qui se trouvait en tirailleur sur le quai Notre-Dame. Il participa à la reprise de l’hôtel de ville mais fut blessé, rue du Mouton, d’un coup de feu qui lui fracassa l’avant-bras droit (gauche selon le docteur Ménière ; le poignet droit dans un certificat de lHôtel-Dieu), alors qu’il poursuivait, en compagnie de Amic et Jacquin, les Suisses qu’ils forçaient à se réfugier au Louvre. Transporté à l’Hôtel-Dieu, il y mourut des suites de ses blessures le 23 août suivant (mais le 24 août in Archives de Paris VK3 31). Il fut enterré au cimetière du Père-Lachaise. Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) XIe arrondissement. Le certificat suivant constatait les circonstances dans lesquelles il avait été blessé : « Je, soussigné, commandant d’un des corps francs qui ont combattu aux journées des 28 et 29 juillet 1830, certifie que le sieur Morisot, Nicolas, ex- militaire au 24e régiment d’infanterie de ligne, âgé de cinquante ans, natif de Chatoilenot, département de la Haute-Marne, s’est rallié le 28 au soir au détachement que je commandais et qui se trouvait en tirailleur sur le quai Notre-Dame. Il m’a suivi à la reprise de l’Hôtel de ville, où il a donné des preuves de courage et de patriotisme et a été atteint d’une balle qui lui a fracassé l’avant-bras, en poursuivant les Suisses que nous forcions à se réfugier au Louvre. Il est décédé le 22 août à l’Hôtel-Dieu par suite de sa blessure et laisse une veuve et quatre orphelins dont trois en bas âge. » Signé, le 27 août 1830 : Jacquin, J. (voir Jacquin, François, Thérèse, Justin). Suivaient les signatures de : Amic, Auguste (voir Amic, César, Auguste), ex-officier de la garde impériale ; de Carmentran (voir Camguilhem de Carmentran), ex-sous-officier de la grande armée ; Boudeville, Adolphe (voir ce nom) ; Fleury, E. (voir Fleury, Eléonard). Le 10 février 1831, devant le juge de paix du (ancien) XIe arrondissement, comparurent : Amic, César, Auguste (voir ce nom), homme de lettres, ex-lieutenant au 8e tirailleurs de la jeune garde impériale, demeurant 19, rue de Buci ; Jacquin, François, Thérèse, Justin (voir ce nom), ancien secrétaire d’ambassade, demeurant 21, rue Jacob ; Moria, Pierre, marchand chiffonnier, demeurant 16, rue Guisarde et avant le mois de janvier 1831 17, rue Guisarde ; Gostalla, Adolphe (voir ce nom), compositeur, demeurant 17, rue Princesse, un des membres composant le jury de la Commission des récompenses nationales pour les (anciens) Ier et XIe arrondissements. Ils attestèrent parfaitement connaître Morisot, Nicolas ; et les sieurs Amic et Jacquin déclarent en outre que ledit Morisot, se battant avec eux rue du Mouton près la place de Grève entre les Suisses et les gardes royaux, le 28 juillet dernier, y a reçu un coup de feu au bras droit. Tous déclarent parfaitement savoir que de suite après cette blessure ledit sieur Morisot s’est rendu à l’Hôtel-Dieu, salle Saint-Charles, pour s’y faire soigner et qu’il y est resté jusqu’au 23 août suivant, jour de son décès ». Son nom n’était pas compris, en novembre 1831, dans un état des citoyens du (ancien) XIe arrondissement morts dans les journées de Juillet et dont le nom devait être inscrit au Panthéon ; en conséquence, la mairie demanda l’ajout de son nom, comme mort les armes à la main. Il laissait une veuve, Tacherat, Françoise, Gabrielle, née le 10 avril 1790 à Paris, ouvrière lingère, qui reçut un secours de deux cents francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Elle reçut un secours de cinquante francs, le 18 octobre 1831, un secours de soixante francs, le 5 novembre 1830, un secours de quatre-vingt-dix francs, le 10 décembre 1830, un secours de cent vingt francs, le 18 février 1831, un secours de quatre-vingt-dix francs, le 18 mars 1831, un secours de quatre-vingt-dix francs, le 18 avril 1831, un secours de quatre-vingt-dix francs, le 18 mai 1831, un secours de quatre-vingt-dix francs, le 18 juin 1831, un secours de quatre-vingt-dix francs, le 18 juillet 1831, un secours de quarante-cinq francs, le 18 août 1831, un secours de quarante-cinq francs, le 18 septembre 1831, un secours de quarante francs, le 18 octobre 1831, auprès de la mairie du (ancien) XIe arrondissement. Elle fut pensionnée et il lui fut accordée, par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rente perpétuelle de soixante-quinze francs (sous le nom de veuve Morisot, née Tascherat, Françoise, Gabrielle), couturière ; et quatre enfants, Thérèse, Adolphine née le 21 août 1812 à Bercy (Seine), trop âgée pour être pensionnée, Christophe, Pierre, Charles né le 15 mars 1814 (par erreur le 16 mars 1814 in Archives nationales F/1dIII/38 B et Archives de Paris VK3 31) à Paris, Alphonse Victor né le 15 avril 1819 (parfois mais par erreur le 2 avril 1819 ; 16 avril 1819 in Archives de Paris VK3 31 et in Archives de Paris VD6 682 et in Archives nationales F/1dIII/37 et aussi in Archives nationales F/1dIII/38 B mais rectifié en 15 avril 1819 in Archives nationales F/1dIII/38 B état des orphelins de victimes de Juillet dont les noms et dates de naissance nont pas été inscrits conformément à leurs actes de naissance ; 15 avril 1819 in Archives de Paris VD 4 13 pièce 3671 et in Archives nationales F/15/2553) à Paris, Sophie, Gabrielle née le 9 octobre 1820 (parfois mais par erreur le 3 octobre 1820 ; par erreur le 10 octobre 1820 in Archives de Paris VK3 31 et in Archives de Paris VD6 682 aussi in Archives nationales F/15/2553 (mais aussi 8 octobre 1820 dans cette même source) et aussi in Archives nationales F/1dIII/38 B mais rectifié en 9 octobre 1820 in Archives nationales F/1dIII/38 B état des orphelins de victimes de Juillet dont les noms et dates de naissance nont pas été inscrits conformément à leurs actes de naissance ; 9 octobre 1820 in Archives de Paris VD 4 13 pièce 3671 ; 11 octobre 1820 in Archives nationales F/1dIII/37) à Paris, qui furent tous les trois pensionnés et à qui fut accordée, par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une rente perpétuelle de soixante-quinze francs. Le conseil de famille des orphelins était composé de la mère et de Breton, Charles, Etienne, teinturier, subrogé-tuteur, demeurant 33, rue et île Saint-Louis en 1831. En 1832, Alphonse Victor était élève à l’école des arts et métiers de Charonne ; cette année-là, la Commission de surveillance spéciale des orphelins et orphelines de Juillet rapportait à son sujet : « Fort peu de progrès ; paresseux et insouciant. » En 1832, Sophie Gabrielle au couvent de Sainte-Madeleine, 6, rue des Postes, pour y apprendre l’état de lingère, moyennant la somme de cinq cents francs par an. La Commission de surveillance spéciale des orphelins et orphelines de Juillet rapportait au sujet de Sophie Gabrielle qu’elle montrait « en tout habituellement une bonne volonté », avait « une grande droiture et bonté de cœur » et que ses progrès étaient lents « parce que sa capacité ne répond pas à son application ». Alphonse Victor et Sophie Gabrielle reçurent trois cents francs de frais de trousseau en 1833. En 1833, la veuve se remaria avec Labrosse, François, chapelier devenu marchand de vin, traiteur, demeurant 86, rue de la Roquette. Par un testament en date du 1er mai 1832, le baron Chambon, Claude, Gaudérique, Joseph, Hiérome, ancien commissaire ordonnateur des armées sous l’Empire, demeurant 11, rue du Petit-Vaugirard, « applaudissant aux principes qui ont dirigé la révolution de Juillet et voulant lui rendre un hommage durable » fit un legs en faveur de vingt orphelins ou orphelines du (ancien) Xe arrondissement, de quatre du (ancien) XIe arrondissement et de trente du (ancien) XIIe arrondissement, laissant, pour chacun d’entre eux, une somme de six mille francs (sans qu’on connaisse les critères de sélection choisis à l’établissement de la liste). Quand le baron Chambon mourut, le 26 septembre 1833, le testament fut attaqué par ses neveux, sous le prétexte que « le défunt aurait eu en les dépouillant de son héritage, cédé à des sentiments d’inimitié et de colère ». Puis, finalement, ces neveux se désistèrent, ouvrant alors les droits des orphelins. Alphonse, Victor et Sophie, Gabrielle furent deux d’entre eux (sans que l’on sache pourquoi les deux autres enfants ne firent pas partie des légataires). Pour chacun des orphelins la somme fut convertie en deux cent cinquante-six francs de rente à 5 %. En 1835, les parents placèrent dans leur commerce les inscriptions de rente d’Alphonse, Victor et de Sophie, Gabrielle, afin de les faire fructifier. En 1838, Charles, qui demeurait à Blois (Loir-et-Cher) sollicita l’autorisation de vendre le titre de rente qu’il tenait de la Commission de souscription nationale, afin de pouvoir monter un petit commerce. A cette occasion, le maire de Blois donna sur son compte les renseignements suivants : « Le sieur Morisot habite Blois depuis environ sept mois. Il y exerce la profession de mercier ambulant. Sa conduite en cette ville a toujours été bonne. Dans les rapports qu’il a journellement avec la police pour son placement sur les marchés et places publiques, il met de l’honnêteté et de l’empressement à se conformer aux injonctions qui lui sont faites. Ce jeune homme manifeste le désir de former un petit établissement de mercerie à Blois et c’est pour arriver à ce but qu’il a demandé l’autorisation de vendre une rente perpétuelle de soixante-quinze francs, dont il jouit. » Il obtint l’autorisation et aliéna sa rente pour mille francs. Le 30 janvier 1837, Labrosse faisait parvenir la lettre suivante au maire du XIe arrondissement : « Monsieur le maire, je ne puis vous faire savoir le domicile de Charles, Christophe Morisot attendu qu’il n’habite pas Paris. Depuis deux années, il a entrepris le commerce de marchand forain et il voyage continuellement. Il a un cheval, une voiture, il va de ville en ville et parcourt les foires. Il nous a écrit au premier de janvier, il était à Laval, département de la Mayenne, il nous a dit qu’il en partirait le 8 courant sans nous dire quelle direction il prendrait. Il n’est pas venu à Paris depuis le mois de mars dernier et il n’est resté que trois jours à la maison. » Le 19 avril 1834, la supérieure du couvent de la Madeleine demandait, dans ces termes, que Sophie, Gabrielle quittât son établissement : « L’élève Sophie, Gabrielle Morisot n’a fait aucun progrès pendant le premier trimestre de cette année 1834. Elle s’est montrée insoumise à presque toutes les représentations et moyens de réforme et encouragement. Sa conduite devenant nuisible aux autres pensionnaires qui nous sont confiées et mettant personnellement le désordre dans notre pensionnat, nous avons prévenu sa mère de la reprendre auprès d’elle à l’échéance de son trimestre, qui sera échu le 26 de ce présent mois d’avril, ne pouvant pas la garder plus longtemps dans notre maison. » A partir du 1er juillet 1834, Sophie, Gabrielle fut placée chez la sœur Dubus, supérieure à l’hôpital Cochin, qui s’engageait « à lui enseigner la lecture, l’écriture, la grammaire, l’arithmétique, les travaux d’aiguille et les détails du ménage », dans sa Maison d’éducation et de travail, 29 ou 39, rue du Faubourg-Saint-Jacques ; en avril 1835, l’établissement donnait sur son compte les renseignements suivants : « Mlle Gabrielle, Sophie Morisot, orpheline de Juillet, a rempli ses devoirs de classe et s’est conduite de manière à ce que ses maîtresses soient généralement satisfaites, pendant le premier trimestre. » Les Comptes moraux de la Commission spécialement chargée de suivre l’éducation des orphelins de Juillet rapportaient, en 1834, les difficultés qu’avaient connues les mesures éducatives tentées par cette même Commission : « […] Le caractère faux et dissimulé de cette jeune fille, joint à son peu d’aptitude pour l’étude l’ont fait renvoyer de deux pensions où elle avait été mise ; depuis elle a été placée dans une institution de travail établi par la sœur Dubus (mais peut-être Dubosc, illisible), supérieure de l’hôpital Cochin, rue du Faubourg-Saint-Jacques, sous la surveillance d’un des messieurs les membres de la Commission. Les derniers renseignements qui nous sont parvenus sont satisfaisants. Ses progrès sont sensibles et il existe une amélioration notable dans la condition morale et physique de cette jeune fille. Elle est l’objet de l’attention et des soins des bonnes religieuses chargées de la diriger. Nous espérons des progrès, qu’il nous sera bien doux de vous signaler dans le rapport de l’année suivante. » En 1836, elle faisait « de satisfaisants progrès dans son instruction et son éducation, depuis qu’elle est placée dans la maison fondée rue du Faubourg-Saint-Jacques, n° 29 et dirigée par la sœur Geneviève Dubuts, supérieure de l’hôpital Cochin ». En 1840, Sophie, Gabrielle, obtint l’autorisation d’aliéner ses deux rentes, l’une de la Commission des récompenses nationales et l’autre de la Commission de la souscription nationale : elle devait épouser Labrosse, Joseph, né vers 1815 à Buzançais (Indre), chapelier, et le produit de la vente devait permettre l’acquisition du trousseau et l’installation du ménage. Le maire de la ville de Buzançais transmettait au maire du XIe arrondissement, le 5 juin 1840, les renseignements suivants concernant Joseph Labrosse : « […] Les renseignements que j’ai à vous donner sur le compte de la famille du sieur Joseph Labrosse ne peuvent lui être que bien avantageux. Ce jeune homme appartient à une famille honnête, qui se compose de sept enfants ayant perdu père et mère, lorsque plusieurs étaient encore en bas âge. Deux des enfants sont issus d’un second mariage ; les derniers étaient fort jeunes à l’époque du décès du père, et la belle-mère était sans beaucoup de ressources mais l’un des frères ayant continué à soutenir la boutique de chapellerie a pu faire exister sa belle-mère et élever ses deux frères des fruits de son travail et par sa bonne conduite, qui a été exemplaire dans cette circonstance. Ce jeune homme est aujourd’hui marié à Buzançais et ses frères continuent à vivre chez lui dans le meilleur accord. Pour ce qui concerne Joseph, dont le départ d’ici remonte à plusieurs années, je ne pourrais dire rien de bien positif sur sa conduite pendant son absence ; néanmoins tout me dispose à croire qu’elle a dû être bonne. A l’égard des probabilités de réussite pour l’établissement de chapellerie qu’il se propose de former à Châteauroux, vous concevez que cela rentre dans des éventualités d’affaires commerciales sur lesquelles il est peu facile d’avoir des données positives ; toutefois avec de la conduite et quelque avance, on peut croire à des chances de succès. » Alphonse, Victor fut, selon les Comptes moraux de la Commission spécialement chargée de suivre l’éducation des orphelins de Juillet, « celui qui a le plus particulièrement excité l’attention de la Commission ». Ces mêmes Comptes moraux relatèrent ainsi les difficultés que la Commission connut avec le jeune orphelin : « […] Notre dernier rapport l’avait laissé dans l’Ecole de commerce de M. Pinel Grandchamp, située à Charonne, n’y faisant aucun progrès (on est en 1833). Depuis cet enfant a pris de funestes habitudes et s’y est livré avec ardeur. Il en est résulté un affaiblissement physique et moral des plus fâcheux. Sans aptitude pour l’étude et n’y voyant que de la tyrannie dans la prescriptions des devoirs qui lui étaient imposés par ses maîtres, il résolut et exécuta deux fois le projet de s’y soustraire. Il quitta la maison de Charonne et vécut pendant plusieurs jours à Paris dans un état de vagabondage. Après des recherches actives des parents, ils le trouvèrent enfin, mais dans un état de démoralisation qui fait craindre l’avenir le plus funeste. Il fut recueilli dans la maison paternelle le sixième jour de son évasion. Après l’avertissement de ces faits par les parents, la Commission municipale s’assembla pour prendre un parti. Dans ces graves circonstances, il n’y avait plus moyen de le réintégrer dans la maison de Charonne, monsieur le directeur de cette maison ne voulait d’ailleurs plus l’y recevoir. On avait pensé à en faire un élève de marine mais nous renonçâmes bientôt à ce projet à cause de la faiblesse physique de cet enfant ; il avait aussi dépassé de quelques mois l’âge obligé pour être reçu élève de la marine et enfin un obstacle dominait tous les autres : qui eût voulu donner à l’administration de la marine le certificat de moralité exigé par elle ? Dans ces circonstances difficiles, la Commission pensa qu’un travail manuel auquel on l’assujettirait pouvait peut-être apporter un changement favorable et contribuer au développement des forces physiques et morales de Morisot. Elle résolut donc de le mettre en apprentissage. Ses goûts furent consultés et ce fut l’état de menuisier qu’il choisit. On pensa aussi qu’il était nécessaire de l’envoyer à une certaine distance de Paris, où déjà il avait contracté de dangereuses liaisons. Il fut donc placé à Versailles, chez un menuisier habile qui devait lui apprendre avec son état le dessin linéaire (Fournier, menuisier, à compter du 1er janvier 1834, N.D.A.). Morisot n’y fut pas huit jours sans développer ses mauvaises dispositions, le mensonge et la paresse furent ses moindres défauts ; il vola bientôt son maître et avec des circonstances qui annoncent une grande perversité. Il fut renvoyé à ses parents, qui, dans cette situation, sollicitèrent et obtinrent de M. le président du tribunal civil l’autorisation de le déposer pour un mois à la maison de correction dans la rue des Grès. La commission municipale donna son approbation à cette mesure rigoureuse. Sa conduite dans la maison de correction ayant été mauvaise pendant le premier mois de son séjour, une nouvelle demande en prolongation fut demandée et obtenue de M. le président du tribunal civil, et il resta six mois dans la maison de correction. Nous lui fîmes de fréquentes visites, nous cherchâmes par toutes sortes de moyens à relever le moral dégradé de cet enfant. Les larmes que quelquefois nous l’avons vu répandre, nous ont laissé quelque espoir de le ramener au bien. Nous lui promîmes d’abréger ou au moins de ne pas prolonger sa captivité s’il abandonnait ses funestes habitudes, s’il remplissait bien tous les devoirs qui lui seraient imposés. Nous avons obtenu quelques heureux résultats car dans les derniers temps de sa captivité sa conduite était assez bonne. Il resta six mois dans cette maison à sa sortie on a dû le placer de nouveau chez un menuisier, sous la surveillance spéciale d’un des membres de la Commission. Maintenant cet enfant remplit assez bien ses devoirs et sa conduite nouvelle nous fait espérer un meilleur avenir. » Mais en août 1835, le maire du XIe arrondissement écrivait la lettre suivante au préfet de police : « […] Croyant à son amendement, les parents proposèrent à un sieur Herbin, menuisier rue Neuve-Saint-Martin, n° 13, de le prendre en apprentissage et, sur son consentement, notre commission municipale de surveillance des orphelins de Juillet agréa le 15 octobre 1834. Le 30 août dernier, le sieur Herbin eut l’imprudence de confier à l’orphelin Morisot un effet de cent cinquante francs à toucher, ainsi qu’il l’avait déjà fait pour d’autres de moindre valeur. Morisot ne reparut point et, en ayant informé les sieur et dame Laboursse, le sieur Herbin dénonça le fait à monsieur le commissaire de police de son quartier. Cette dénonciation transmise à monsieur le procureur du roi, provoqua l’arrestation de l’orphelin Morisot, que des promesses d’amendement firent rentrer dans la maison paternelle. Nous cherchâmes pour ce jeune homme un établissement qui puisse le soustraire aux séjours de Paris trop dangereux pour lui. La Commission avait cru le trouver dans la Manufacture de porcelaine de MM. Louis André et Cie à Boissy dans le Cher, à cinquante lieues de Paris. A peine arrivé dans ce lieu, l’orphelin, après avoir écrit une lettre de plaintes à ses parents, a quitté furtivement la manufacture et est revenu chez eux à Paris, d’où il sortait le matin, passait toute la journée dehors et ne rentrait qu’à 10 ou 11 heures de nuit, jusqu’à ce qu’enfin il les quitta définitivement le 30 juillet […]. De l’avis de la Commission, à la demande des sieur et dame Labrousse, je viens, monsieur le préfet, vous prier de vouloir bien faire rechercher l’orphelin Alphonse, Victor Morisot et le faire arrêter afin de mettre légalement un terme à son vagabondage et de prévenir, s’il est possible sa complète corruption. » En septembre, le préfet de police, répondit que « suivant les renseignements recueillis, le sieur Morizot erre tantôt dans Paris tantôt aux environs ; on a appris qu’il avait été vu récemment aux Champs-Elysées et ensuite sur les boulevards du Temple. » En novembre 1835, le maire signalait au préfet que l’orphelin avait été vu dans plusieurs endroits, dont une fois par Pinel Grandchamp chez qui il avait été en pension, dans la cour des messageries Laffitte, Caillard et Cie, et une autre fois sur un des camions de ces messageries, assis à côté du conducteur. En 1836, le préfet de police écrivait la lettre suivante au maire du XIe arrondissement : « Par la lettre que vous m’avez fait l’honneur de m’écrire le 30 novembre dernier au sujet du nommé Alphonse, Victor Morisot, orphelin de juillet 1830 du XIe arrondissement, évadé successivement de plusieurs établissements où il avait été placé en apprentissage vous m’avez communiqué de nouveaux renseignements pour faciliter l’arrestation de ce jeune homme. Malgré les recherches minutieuses auxquelles on s’est livré de nouveau, le nommé Morisot n’a pas encore pu être découvert. Les sieur et dame Labrousse, son beau-père et mère, n’ont pas eu de ses nouvelles depuis longtemps. Il n’a pas reparu dans la cour des Messageries générales Laffitte, Caillard et Cie, […] (et où l’on ne souffre plus la présence des individus inconnus qui venaient offrir leurs services aux voyageurs). S’il l’on parvient plus tard à l’arrêter j’aurai l’honneur de vous en informer. » En avril 1836, le tuteur Labrosse, suite à une demande du maire, qui désirait savoir s’il avait quelque nouvelle de l’orphelin, répondit « Rien du tout », ajoutant : « Vous savez, monsieur, que j’ai rempli mon devoir envers la société, que j’ai usé de mon autorité paternelle pour le remettre dans le sentier de la vertu, je n’ai rien à me reprocher mais seulement à déplorer d’être le beau-père d’un vagabond, qui tôt ou tard, sera repris de justice. C’est aussi ce que vous pensez, monsieur, et si dans les temps vous eûtes laissé agir les plaintes portées à différentes fois contre lui le châtiment de ses fautes, malheureusement trop grandes, aurait peut-être vaincu chez lui son inclination de fainéantise mère de tout vice. Ne pensez pas, monsieur, que je parle avec haine, j’en suis incapable mais je ne puis taire ce que vous savez, ce que toute notre famille et connaissances savent, l’éducation ne lui a pas été refusée, il n’a jamais voulu rien faire, il en est donc resté abruti à la paresse, n’aimant que le jeu, désertant les pensions et maisons où on le mit en apprentissage. » Il sortit le 20 février 1837, de la maison de la Roquette, où il était enfermé pour correction paternelle. Le 12 novembre 1837, le tuteur, Labrosse, adressa la lettre suivante à la mairie : « J’ai eu l’honneur de vous prévenir qu’Alphonse, Victor Morisot dans la position où il se trouve, étant sous la surveillance de la police, à Moulins, ville qu’il a choisie, a besoin de recevoir mensuellement le revenu de ses rentes pour exister et pour éviter qu’il se livre au vagabondage et qu’il se trouve encore sous le coup de la justice. Mes prévisions étaient naturellement que trop fondées car je reçois aujourd’hui une lettre de lui, par l’intermédiaire de M. Dupuis, juge instruction à Orléans, de laquelle il résulte que Morisot est de nouveau arrêté sous cette prévention et plus comme ayant rompu son ban. Jusqu’à ce jour, n’ayant pas pris ma demande en considération, sa faute doit retomber nécessairement sur les membres de la Commission et je n’ai pu le taire à monsieur le juge d’instruction. Comme son tuteur, ma responsabilité est grande et je suis décidé à la faire cesser […], Alphonse, Victor ayant atteint sa dix-huitième année le 15 avril […]. » Le 12 décembre 1841, demeurant à la Flamengrie (Aisne), sur le point de se marier, ses bans de mariage affichés, il sollicita de la commission l’autorisation de vendre sa rente afin de pouvoir « prendre une ferme et vivre heureux ». Le 24 juillet 1840, ses restes (sous le nom de Vorizot, Nicolas dans le procès-verbal dexhumation in Archives de la préfecture de police AA 420) furent exhumés du terrain situé au cimetière du Père-Lachaise, où ils avaient été placés, puis renfermés avec ceux de quatre-vingt-sept autres victimes dans quatre sarcophages, afin d’être transférés dans le caveau prévu à cet effet sous la colonne de Juillet, place de la Bastille. Morisot demeurait 5 ou 17, rue Guizarde (six sources pour 17, rue Guisarde dont Archives de Paris VD6 360 n° 5, II, Archives de Paris, VD6 631 n° 1 et Archives de Paris VK3 30) en 1830 ; sa veuve 9, rue Leregratière en décembre 1830-1831 ; (100, rue Saint-Louis en mai 1831 in Archives de Paris, VD6 631 n° 1 mais 65, rue Saint-Louis en juillet 1831, 63, rue et île Saint-Louis en août, septembre 1831 ; in Archives nationales F/1dIII/37 : 63, rue et île Saint-Louis et aussi rue Leregratière ; : 63, rue et île Saint-Louis in Archives nationales F/15/2553 ; rue Leregratière deux fois in Archives nationales F/1dIII/38 B) (15, rue de Savoie puis 18, rue Saint-Martin en 1831 in Archives de Paris VD6 639 n° 6, tableau général des enfants appartenant aux veuves et blessés de juillet 1830, (ancienne) XIe mairie ; 65, rue Saint-Louis in Archives de Paris VK3 30) ; 63, rue et île Saint-Louis en 1832-1833 ; la veuve, remariée, 86, rue de la Roquette en 1835-1840. Le nom de Morisot (N. Morisot) est inscrit sur la colonne de Juillet, place de la Bastille, et sur les tables du Panthéon. Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Histoire de ce qui sest passé dans cet hôpital pendant et après les trois grandes journées, suivie des détails sur le nombre, la gravité des blessures et les circonstances qui les ont rendues fatales, Prosper Ménière, docteur en médecine de la faculté de Paris, ancien chirurgien interne des hôpitaux et hospices civils de la même ville, Heideloff et Canel, Paris, 1830, p. 315 ; Liste n° 4, des veuves de victimes de Juillet, pensionnées annuellement de cinq cents francs, Liste n° 5, des orphelins de Juillet, ou considérés comme tels, pensionnés de deux cent cinquante francs jusqu’à l’âge de sept ans puis élevés aux frais de l’Etat jusqu’à dix-huit ans, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Veuves de victimes de Juillet, qui ont obtenu une pension annuelle et viagère de cinq cents francs, Orphelins de Juillet, ou considérés comme tels, pensionnés de deux cent cinquante francs jusqu’à l’âge de sept ans puis élevés aux frais de l’Etat jusqu’à dix-huit ans, Le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusquau 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 99 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du XIe arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 110 ; Archives de Paris VD3 6 ; Archives de Paris VD 4 13 pièce 3671, Etat, par arrondissement et par âge, des orphelins et orphelines de Juillet, Etat général des tuteurs et subrogés-tuteurs des orphelins et orphelines de Juillet (on trouve le même document dans Archives de Paris VK3 23) (on trouve le même document dans Archives de Paris VK3 23) ; Archives de Paris VD6 360 n° 5, II, état nominatif des blessés du (ancien) XIe arrondissement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830 ; Archives de Paris VD6 560 n° 7 : exécution des legs du baron Chambon en faveur des orphelins de juillet 1830 ; Archives de Paris, VD6 631 n° 1, mairie du (ancien) XIe arrondissement, récompenses nationales, secours aux blessés de Juillet domiciliés dans ledit arrondissement ; Archives de Paris VD6 639 n° 5, mairie du (ancien) XIe arrondissement, Commission de la souscription nationale, titres provisoires des parties prenantes, reçus en échange des titres définitifs délivrés par la mairie, orphelins, rentes perpétuelles, idem veuves, rentes perpétuelles ; Archives de Paris VD6 639 n° 6, dossier de l’orpheline Morisot, Sophie, Gabrielle), idem orphelins de Juillet, comptes moraux et administratifs, idem tableau général des enfants appartenant aux veuves et blessés de juillet 1830, (ancienne) XIe mairie ; Archives de Paris VD6 682 n° 4 ; Ministère du Commerce et des Travaux publics, Rapport au roi sur lexécution de la loi du 13 décembre 1830, relative aux récompenses nationales, et de lordonnance du roi du 25 août 1831, concernant les orphelins et orphelines de Juillet à la charge de lEtat, (qu’on peut trouver par exemple dans Archives de Paris VD6 92), p. 38-41 ; Archives de Paris VK3 11 ; Archives de Paris VK3 19, Commission de la souscription nationale, mairie du (ancien) XIe arrondissement de Paris, état nominatif des veuves dont les bulletins individuels ont été remis au bureau de la Souscription nationale à la préfecture de la Seine, idem état nominatif des ascendants dont les bulletins individuels ont été remis au bureau de la Souscription nationale à la préfecture de la Seine, idem Récompenses nationales, registre d’émargement de remise de certificats de vie aux blessés de Juillet ; Archives de Paris VK3 30, état nominatif des blessés du (ancien) XIe arrondissement de Paris, qui ont été classés par le jury médical et dont les lettres ont été déposées à la mairie, idem état des habitants du (ancien) XIe arrondissement de Paris qui ont été blessés dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830 ; Archives de Paris VK3 31, liste de veuves, d’orphelins, d’ascendants de combattants tués en juillet 1830 (ancien) XIe arrondissement (orphelins au-dessus de sept ans), idem (veuves) ; Archives de Paris VK3 32, (ancien) XIe arrondissement, citoyens dont les noms ne sont point inscrits au Panthéon et dont l’acte de notoriété constate la mort dans les combats ; Archives de Paris VK3 56 ; Archives nationales F/1dIII/33 Commission des récompenses nationales, deuxième état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet avec indication du champ de bataille où ils ont été frappés (201 citoyens) (ancien XIe arrondissement) ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux veuves pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) XIe arrondissement, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 et état des sommes payées aux orphelins pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) XIe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 ; Archives nationales F/1dIII/38 B, orphelines du (ancien) XIe arrondissement, orphelins du (ancien) XIe arrondissement, Commission des récompenses nationales, état des veuves des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet (dossier de cinq états et 260 veuves) et état des orphelins de victimes de Juillet dont les noms et dates de naissance n’ont pas été inscrits conformément à leurs actes de naissance ; Archives nationales F/1dIII/40 (orphelins de Juillet, année 1831 ; année 1833, XIe arrondissement, orphelins et orphelines de Juillet, tableau n° 1 indiquant leur âge, la profession à laquelle ils se destinent, l’établissement public ou privé dans lequel ils sont placés ; année 1838 XIe arrondissement ; année 1839 XIe arrondissement), F/1dIII/57 in dossier Gruet ; Archives nationales F/1dIII/68 ; Archives nationales F/1dIII/82, Comité des pensions, liste de présence, liste des orphelins aussi état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet, aussi liste des victimes de Juillet 1830, colonne de Juillet et aussi liste générale des citoyens morts dans les journées de juillet 1830, en combattant pour les libertés publiques et dont les noms sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (sous le nom de Morisot, Nicolas) et aussi Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) XIe arrondissement, veuves et orphelins et aussi Commission des récompenses nationales, état des orphelins de victimes de Juillet, dont il paraît que les noms et dates de naissance n’ont pas été inscrits conformément à leurs actes de naissance ; Archives nationales F/15/2553 orphelins de Juillet, (ancien) XIe arrondissement et (ancien) IIIe arrondissement (par négligence de classement) ; Archives nationales F/15/2554 orphelins de Juillet, correspondance, dossiers collectifs ; Archives nationales F/15/2557 lettre en date du 1er avril 1834 ; Archives nationales F/15/2557-2559 dossier (ancien) XIe arrondissement et aussi un état officiel des orphelins (ancien) XIe arrondissement et aussi même référence, un cahier intitulé Noms des tuteurs et subrogés-tuteurs des orphelins pensionnés ; Bulletin des lois, IXe série, tome 21, n° 746, Paris, imprimerie royale, février 1841, p. 84 (sous le nom de Morisot, Nicolas), liste générale des citoyens morts ou blessés mortellement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, en combattant pour la défense des lois et des libertés publiques, les noms de ces citoyens sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (et aussi Archives de Paris D1K1 138, qui contient les mêmes informations puisqu’il s’agit de ce même numéro du Bulletin des lois) ; Colonne de Juillet, liste officielle et par ordre alphabétique des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de juillet 1830, Paris, chez Vve Demoraine et Boucquin, 1841 ; Archives de la préfecture de police AA 420.

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