Motteau, Michel, Cyriaque
Biographie
Né (Motteau, Michel, Siriaque sur son acte de naissance) le 8 ventôse an V (26 février 1797) à Vendôme (Loir-et-Cher), fils de Motteau, Michel, vitrier, et de Giraudet, Marie, Véronique, son épouse. Le 26 mai 1818, marchand opticien à Vendôme, il épousa à Tours Armenou, Félicité, lingère, née le 29 fructidor an V à Chouzée ou Chausay (Loir-et-Cher) ; sur l’acte de mariage, Motteau, Michel, Siriaque (sic) est indiqué comme le fils de feu Motteau, Michel, décédé le 1er novembre 1808 à Vendôme, et de Giraudet, Marie, Véronique sa veuve et désormais épouse de Delamotte, Nicolas, et comme état marchand opticien ; Armenou, Félicité est indiquée comme née et demeurant à Chouzé-sur-Loire (Indre-et-Loire) fille de feu Armenou, Jacques, voiturier, décédé le 5 germinal an XI à Chinon (Indre-et-Loire), et de Sertier, Félicité, sa veuve. Armenou, Félicité, mourut le 8 octobre 1826 à Paris, lui laissant deux enfants, Charles, né le 10 mai 1820 à Paris, et Félicité, née le 19 avril 1825 à Paris. Motteau perdit presque en même temps sa mère et un frère de vingt-trois ans. Elève en médecine en 1830, ex-aide en médecine en 1831. En juillet 1830, il fut blessé d’un coup de sabre à la tête. Il reçut un secours de cent francs en août 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) VIIIe arrondissement. Il présenta un certificat délivré en date du 19 septembre 1824, par le maire de Meaux (Seine-et-Marne), attestant que, médecin à Brégy depuis trois environ, il s’y était « toujours bien comporté » et qu’il n’était jamais « parvenu de plaintes contre lui ». Le 7 avril 1831, devant le juge de paix du (ancien) VIIIe arrondissement, comparurent : Sénéca, Achille, Henry (voir ce nom), ébéniste, demeurant 68, rue de Charenton ; Jue, Edouard, Stanislas (voir ce nom), ébéniste, demeurant 20, rue Saint-Bernard ; Goubet, Nicolas, Joseph (voir ce nom), peintre en bâtiments, demeurant 55, rue de Charonne. Ils attestèrent parfaitement connaître Motteau, Michel, Cyriaque « et savoir qu’il a été blessé dans les journées de Juillet ». Le 15 avril 1831, devant le maire du (ancien) VIIIe arrondissement, comparurent : Féart, Jean-Baptiste (voir ce nom), cordonnier, demeurant 9, rue du Parc-Royal ; Gravant, Paul, Nicolas (voir Gravant, Nicolas, Zacharie), serrurier, demeurant 127, rue de Montreuil. Ils attestèrent parfaitement connaître Motteau, Michel, Cyriaque « sans profession, actuellement ex-élève en médecine, et savoir que sans fortune il a à sa charge deux enfants et que sa position domestique est très malheureuse ». Il reçut, après la révolution, un total de deux cent quatre-vingts francs de secours auprès de la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement. Le Comité de médecine et de chirurgie près la Commission des récompenses nationales, après l’avoir examiné, donna, le 24 février 1831 (décision revue et confirmée le 18 mai 1831), la conclusion suivante : « Affirme qu’il a reçu sur la partie droite et un peu antérieure du sommet de la tête un coup de sabre, qui n’a laissé ni trace ni infirmité appréciables et qui ne saurait lui donner droit à une récompense nationale. En conséquence nous estimons que le susnommé n’a aucun droit à une récompense nationale. » La demande de pension qu’il avait présentée fut, en conséquence, rejetée. Il fut admis dans la 1re classe des blessés auprès de la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement et reçut, à ce titre, une indemnité définitive de trois cents francs versée sur un an. Il reçut, à titre de blessé de la 1re classe une indemnité définitive de cent vingt francs et aussi à titre de cas exceptionnel une autre indemnité de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. En 1831, il était élève en médecine. Il comparut, le 15 avril 1831, devant le juge de paix du (ancien) VIIIe arrondissement, attestant connaître parfaitement Feart, Jean-Baptiste et savoir qu’il avait « été blessé le 28 juillet 1830 sur le boulevard Saint-Martin ». Il comparut, le 7 avril 1831, devant le juge de paix du (ancien) VIIIe arrondissement, pour attester parfaitement connaître Goubet, Nicolas, Joseph « et savoir qu’il a été blessé le 28 juillet 1830 place de l’Hôtel-de-Ville et le lendemain 29, rue Saint-Honoré ». Il comparut, le 7 avril 1831, devant le juge de paix du (ancien) VIIIe arrondissement, pour attester parfaitement connaître Jue, Edouard « et savoir qu’il a été blessé par un coup de feu à la jambe le 28 juillet 1830 ». Il comparut, le 7 avril 1831, devant le juge de paix du (ancien) VIIIe arrondissement, pour attester parfaitement connaître Sénéca, Achille, Henry et « savoir qu’il a été blessé de sept coups de sabre, au bras gauche et sur la tête, le 28 juillet rue Saint-Paul ». Il comparut, le 20 avril 1831, devant le juge de paix du (ancien) VIIIe arrondissement, pour attester parfaitement connaître Paut, François, Agnan et savoir « qu’il a été blessé le 28 juillet 1830 place de l’Hôtel-de-Ville et faubourg Saint-Antoine ». Le 18 juillet 1831, il fut compris dans la liste des quarante-huit décorés de la croix ou de la médaille de Juillet, désignés par le sort pour représenter le (ancien) VIIIe arrondissement aux cérémonies du premier anniversaire de la révolution. Il signa la lettre envoyée, le 20 mai 1832, par Matis (voir Matis, Jean, Sébastien), délégué par les réclamants de Juillet du (ancien) Xe arrondissement (voir Benard de Courtigis pour la Commission des réclamants), au ministre de l’Intérieur. Cette lettre reprenait certaines des réclamations que formulèrent des combattants de Juillet sur les répartitions qui furent faites des décorations, pensions et secours après la révolution. Elle présentait aussi les signataires, à la différence de beaucoup d’autres réclamants, comme des soutiens indéfectibles au trône de Louis-Philippe. Cette lettre était ainsi rédigée (la rédaction hasardeuse est respectée, N.D.A.) : « Les combattants de Juillet du (ancien) Xe arrondissement ont l’honneur de vous exposer que n’ayant point reçu de réponse à leur mémoire adressé unanimement par les membres de la Chambre des députés à M. le ministre de l’Inérieur (votre prédécesseur) (voir Benard de Courtigis sur l’envoi de la pétition de la Commission des réclamants à la Chambre des députés et son adoption à l’unanimité par celle-ci, N.D.A.), qui avait pour objet le mérite de leur réclamation appuyée par le droit qu’ils ont dans la loi sur les récompenses nationales, protestent avec le sentiment de l’indignation contre l’infâme conduite des intrigants, qui se précipitent dans toutes les révolutions où ils ne trouvent leur avenir que dans le meurtre et le pillage. Ils ne doutent pas que les ennemis de l’ordre et de la paix sont les causes immédiates du silence de l’autorité, qui s’est trouvée offensée que dans le travail qui lui a été présenté les noms de quelques-uns de ces vagabonds s’y trouvent insérés, comme ayant bravement combattu dans les trois jours. Les vrais combattants de Juillet éprouvent le besoin, monsieur le ministre, de repousser de leurs rangs ces perturbateurs et, par cette épuration, il ne sera présenté à l’autorité que les noms des combattants du (ancien) Xe arrondissement dont l’homogénéité de leurs principes et leurs opinions seront une garantie de leur dévouement pour le roi des Français. En conséquence, nous avons nommé et nommons M. Matis, rue Traverse n° 9, faubourg Saint-Germain, notre commissaire, afin de suivre devant l’autorité le mérite de nos réclamations, son attachement invariable au gouvernement et ses louables opinions étant bien connues, c’est à ces titres qu’il a toute notre confiance et qu’il mérite celle du gouvernement, que nous le prions de ne recevoir au bas de la présente que les signatures des combattants qui professent les opinions susmentionnées, comme étant à même par ses investigations pleines de jugement et de sagacité de pouvoir séparer l’ivraie du bon grain. D’après cette épuration, nous vous supplions, M. le ministre, de vouloir bien ordonner que tous les dossiers des signataires de la présente soient déposés entre les mains de M. le maire du (ancien) Xe arrondissement, où un commissaire nommé par le gouvernement appréciera tous les services que nous avons rendus qui ont été méconnus par la Commission des récompenses nationales, soit par erreur ou par omission. Ce préjudice a augmenté l’infortune des gens qui méritaient des secours viagers et l’affliction des autres de ce que la loi avait reconnu des catégories, dont on a fait un déplorable abus, les décorés de la médaille qui demandent la croix justifient par leurs dossiers qu’ils ont été plus longtemps exposés au feu de l’ennemi et blessés plus gravement dans la même affaire que ceux qui ont obtenu la croix. Nous demeurons dans la conviction la plus profonde, monsieur le ministre, que la Croix de Juillet ne peut être honorable que lorsqu’elle sera portée par le roi des Français et que son éclat ne peut être durable que lorsqu’elle sera donnée par son auguste main, qui daignera recevoir nos serments de fidélité, de courage et de dévouement qui entoureront le trône impérissable. » L’apostille suivante était placée au début de la lettre : « Les combattants de Juillet du (ancien) Xe arrondissement, interprètes fidèles de leurs compagnons d’armes des autres arrondissements, qui comme eux combattirent franchement pour la Charte et le principe constitutionnel, désirent ardemment que Louis-Philippe, roi des Français qu’ils ont porté de leurs vœux sur le trône national, veuille bien daigner accepter l’ordre de la Croix de Juillet, qui ne peut avoir de mérite et d’éclat que sur la poitrine de l’auguste personne de Sa Majesté. » Il reçut une médaille décernée par la Commission du choléra pour les services qu’il rendit en 1832 au poste médical de la Bastille. En 1836, la police donnait sur son compte les renseignements suivants : « Paraît n’avoir aucune fortune. Sa femme est sur le point d’accoucher. Il a trois enfants d’un premier mariage, qui sont encore en partie à sa charge. On le dit ancien étudiant en médecine mais il n’a jamais été reçu médecin. Depuis quinze ans qu’il habite le même quartier sa conduite a toujours été régulière. » Il reçut un secours de cent francs en 1836. En 1837, il était médecin, mais, selon la police, « sa position n’est pas heureuse ; il n’a aucune fortune et sa clientèle est si peu nombreuse qu’il ne peut subvenir aux besoins de sa famille ». Il reçut un autre secours de cent francs en 1837. En 1839, il était père de cinq enfants, sa femme, Suard, Jeanne, Charlotte, cuisinière, née le 12 ventôse an X à Montfermeil (Seine-et-Oise), qu’il avait épousée en 1831 à Montfermeil, ne pouvait travailler, alitée depuis dix-huit mois, paralysée par une affection de la moelle épinière, et tous ses effets étaient au mont-de-piété. En 1841, la police le dit ancien officier de santé et recueillait sur lui des renseignements très favorables ; il avait alors un fils sergent-major dans les chasseurs d’Afrique, en garnison à Metz. Il reçut un autre secours de cent francs en 1839, de vingt-cinq francs en 1840, de quarante francs en 1841, de vingt-cinq francs en 1842, de soixante-quinze francs en 1843, de vingt-cinq francs en 1844, de quarante francs en 1845, de cinquante francs en 1846, de vingt-cinq francs en 1847, de cinquante francs en 1849, à titre de médaillé de Juillet. En 1850, il était concierge, aux gages de cent cinquante francs par an, tenait une bonne conduite et jouissait d’une bonne moralité. Il reçut pour cette année-là un secours de cinquante ou soixante francs. En 1851, il sollicita des secours, précisant qu’il était garde national depuis 1824 et qu’il avait « toujours été un des premiers à prendre les armes pour décimer l’émeute ou combattre la révolte » ; il reçut un secours de soixante francs. Il demeurait à Vendôme en 1818 ; 30, rue de Grenelle-Saint-Honoré en 1820 ; à Brégy en 1824 ; 35, rue des Vieux-Augustins en 1826 ; 3, impasse Guéménée en 1830-1831 ; 6, rue Lesdiguières en 1831 ; 121, rue de Sèvres en 1831-1832 ; 122, rue de Vaugirard de 1834 à 1839, un loyer annuel de cent dix francs ; 13, rue Saint-Placide, une chambre au loyer annuel de soixante-dix francs en 1839 ; 54, rue du Cherche-Midi en 1840-1841 ; 17, rue Traverse dans le faubourg Saint-Germain de 1843 à 1845 ; 11, cité Laurent-de-Jussieu au Gros Caillou en 1849-1851 ; 29, rue Malar en 1851. Premier état, arrêté le 19 août 1830, des secours distribués par Le Constitutionnel ; Liste des morts, des blessés, des veuves et des orphelins, 2e édition, Paris, chez A. Barbier, imprimeur, rue des Marais S.-C., 17, 1830, p. 37 ; Journées des 27, 28 et 29 juillet, liste des morts, des blessés, des veuves, des orphelins, Paris, A. Boulland, 1830, p. 41 (sous le nom de Motteau, Cyriaque) ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la Ire classe du VIIIe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives liste nominative des cas exceptionnels du VIIIe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 79 ; Archives de Paris VD3 1-2, (ancien) VIIIe arrondissement (1830-1849), paiements faits aux victimes de Juillet sur les fonds de la Souscription nationale (liste de blessés de 1re classe, non classés par le jury médical, avec une indemnité de cent vingt francs) ; Archives de Paris VK3 54 (couverture du dossier Vancauteren) ; Le Moniteur universel, 20 juillet 1831 ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux combattants blessés ou non blessés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état des (206) citoyens qui quoique non blessés dans les journées de Juillet ont prétendu au bénéfice des articles 5 et 6 de la loi du 13 décembre ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, liste supplémentaire des citoyens proposés pour la médaille VIIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/41 ; Archives nationales F/1dIII/55 in dossier Feart, Jean-Baptiste ; Archives nationales F/1dIII/57 in dossier Goubet, Nicolas, Joseph ; Archives nationales F/1dIII/59 in dossier Juë, Edouard, Stanislas ; Archives nationales F/1dIII/68 ; Archives nationales F/1dIII/70 in dossier Paut, François, Aignan ; Archives nationales F/1dIII/75 in dossier Sénéca, Achille, Henry ; Archives nationales F/1dIII/82 lettre en date du 20 mai 1832 envoyée par Matis et aussi Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) VIIIe arrondissement, blessés de 1re classe et cas exceptionnels ; Archives de la préfecture de police AA 369, décorés de juillet 1830 et blessés de juin 1848, Etat de secours accordés de 1849 à 1853, projet d’accorder à 289 décorés, médaillés, blessés, combattants de Juillet et veuves, etc., rapport approuvé le 26 avril 1849, minute 21 et suivantes, idem minute 26 et suivantes, idem Envoi d’un état nominatif de décorés, blessés ou combattants de Juillet 1830, sur le compte desquels il y a lieu de prendre des renseignements, à la date du 20 mai 1850, minutes 105-109, idem rapport du 3 septembre 1850, Allocation de secours s’élevant ensemble à 12.610 francs à 218 décorés ou blessés de juillet, 25 veuves de décorés et 1 ascendant de blessé de Juillet, minutes 129-134, idem Proposition, en date du 6 septembre 1851, d’accorder à 286 décorés, médaillés, blessés, combattants, ascendants et veuves de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à la somme de 15.600 francs, ladite somme imputable sur le chapitre 26 du budget de l’Intérieur, exercice 1851, minutes 194-199.