Mouchel, J

Biographie


Horloger. Il déposa un dossier devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février, et qui nous donne quelques indications sur sa participation à la révolution de Juillet. Il adressa en effet, le 6 avril 1848, la lettre suivante à la Commission : « Ayant fait partie des combattants de la place du Palais-Royal, j’y arrivai par la rue de Valois lorsqu’on demanda du renfort pour la barricade établie au bout de ladite rue ; dans ce moment, j’étais sans arme, seulement j’avais un paquet de cartouches qui m’avait été délivré à la caserne Poissonnière. Au pied de la barricade, se trouvait un jeune homme porteur d’un fusil mais qui n’ayant pas de poudre lui était inutile. Je l’engageai à me le céder, lui faisant voir que j’avais des cartouches et qu’alors il pourrait servir à la cause populaire. Il y consentit après beaucoup d’hésitation. Je restais quelque temps sur la barricade et ensuite j’entrais dans la place au coin de la rue Fromenteau, parmi des ouvriers qui se trouvaient dans cet endroit. J’y restais jusqu’à la dernière décharge que fit la troupe de ligne en se retirant. Il y eut même dans ce moment un ouvrier de moyenne taille, qui reçut à côté de moi une blessure tellement grave que le sang lui sortait à flots par la bouche. Je lui ai fait faire place afin qu’il pût sortir de la barricade pour se faire panser et j’y suis rentré jusqu’à ce que tout fût terminé. Après cela, étant monté dans les appartements, j’ai fait tout mon possible pour empêcher le pillage, retirant des mains de ceux qui les emportaient différents objets appartenant au palais et surveillant principalement les tableaux, que j’ai garantis de tout mon pouvoir. Je n’ai quitté les appartements que lorsque j’ai vu qu’il n’y avait aucune possibilité d’empêcher le désastre ; voyant un des gardiens du palais, que je reconnaissais quoiqu’il fût en habits bourgeois, je lui demandais la clé pour fermer la porte du milieu de la galerie, ne pouvant pas surveiller toues les salles à la fois. Il la chercha et, ne l’ayant pas trouvée, il la demanda à un autre employé, en lui disant que je donnais le conseil de fermer ladite porte afin que les individus ne pussent y entrer immédiatement sans qu’on le sache. Il lui fit réponse qu’il ne savait pas où elle avait été déposée. Pardonnez-moi, citoyens, ces détails, que je crois nécessaires non pour réclamer une récompense, que je ne crois pas avoir méritée puisque je n’ai pas eu l’avantage d’être blessé pour la patrie, mais pour vous dire qu’étant depuis longtemps sans ouvrage s’il vous était possible de me faire obtenir quelque travail, soit d’ans une fabrique d’armes ou tout autre emploi qu’on voudrait bien m’accorder quelque faible qu’il soit je le recevrai avec reconnaissance. Il faut que je sois depuis longtemps sans occupation pour rappeler le peu de services que j’ai rendus, car en 1830 je suis entré le sixième dans le Louvre, où j’ai sauvé un sergent de la garde royale, couché dans la salle d’exposition des statues. Ayant reçu une balle dans le ventre, il était presque mourant lorsque plusieurs individus qui étaient entrés en même temps que moi voulaient l’achever à coups de sabre. Alors, m’étant placé à côté de lui, je suis parvenu à les contenir en attendant l’arrivée d’autres personnes plus calmes qui se rangèrent de notre côté, prodiguèrent des secours au blessé et le transportèrent à l’Hôtel-Dieu. Comme dans ce temps j’occupais une place qui pouvait suffire au peu de dépenses que je faisais, je ne me suis pas mis sur les rangs pour les récompenses qu’on accordait alors. Veuillez, je vous prie, etc. P.S. L’arme dont j’ai fait mention ci-dessus est à la disposition du gouvernement. Cependant, m’étant fait inscrire le 29 février sur les contrôles de la garde nationale, je désire, si toutefois cela n’a pas d’inconvénient continuer mon service avec le fusil que j’ai en ce moment. » Sa demande fut rejetée par la Commission. Il demeurait 47, rue de Paradis-Poissonnière puis à partir d’août 3, rue de Beaune (où il y est dit inconnu) en 1848. Archives de la préfecture de police AA 403.

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