Mouillard, Pierre, Fortuné, Victor
Biographie
Né le 17 février 1800 à Paris. Propriétaire. On trouve dans les relations de la participation de Collet, Fortuné aux combats plusieurs fois des indications sur celle de Mouillard. Ainsi dans Les Barricades immortelles du peuple de Paris : « [… Le 26] Soudain, réunis alors, sur la place de la Bourse, à MM. Pelissot (rue de la Roquette, n° 31) [lire Polinot, François, Marie, demeurant 41, rue de la Roquette, N.D.A.], Mouillard (rue Sainte-Appoline, n° 9), ensemble ils marchent sur le Palais-Royal, et contribuent avec d’autres à faire prendre un bain de fauteuil dans le bassin à un des alguazils de Mangin, qui s’était permis des saisies de journaux dans les cafés. Le mercredi, les barricades s’élèvent rue Saint-Honoré ; notre brave [Colet, N.D.A.], après en avoir été le courageux architecte, court soulever tous les ouvriers de la fabrique de M. Pellissot [idem, N.D.A.] ; mais ce dernier l’avait devancé dans cette idée précieuse. De retour au feu, rue Saint-Honoré, M. Collet est atteint d’une forte contusion au côté droit, quand le lendemain 28, remis du coup, il se joint à M. Mouillard, qui l’informe que le faubourg Saint-Antoine est en pleine insurrection. » Aussi dans le mémoire que Collet adressa à la Commission des récompenses nationales pour faire valoir sa propre participation aux combats : « Souvenirs des 26, 27, 28, 29 juillet 1830 et de la campagne de Rambouillet de Fortuné Collet, âgé de trente-trois ans, père de famille, ancien adjudant au 67e de ligne, où il servait en qualité de volontaire à l’âge de quinze ans et n’a jamais voulu servir dans l’armée de l’ex-roi malgré la promesse d’une sous-lieutenance et la confirmation de la croix, pour laquelle on l’avait désigné en 1815. A la Bourse du 26, réuni à M. Polinot frères (voir Polinot, François, Marie), Mouillard, il trancha nettement la question de la déchéance du roi parjure et, le soir, dans les groupes formés au Palais-Royal, il fut un des premiers à s’opposer à la police Mangin, dont il aida à jeter un agent dans le bassin du jardin. Le mardi 27, dans la rue Saint-Honoré, après avoir pris une part active dès 4 heures et demie aux résistances et aux barricades qui se firent un peu plus tard, il se porta avec M. Mouillard (rue Sainte-Appolline, n° 9) chez MM. Polinot (rue de la Roquette n° 41) pour les exciter à la fermeture des fabriques, ce à quoi ils avaient déjà pensé. […] A 7 heures du matin le mercredi, M. Mouillard vint lui annoncer que malgré le peu d’armes dont il a la disposition, le faubourg Saint-Antoine est en pleine insurrection et qu’il y retourne après y avoir passé la nuit. » Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) VIe arrondissement. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) VIe arrondissement. Il reçut, auprès de la mairie du (ancien) VIe arrondissement, une gratification, en tant que décoré non blessé, de vingt-cinq francs en 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de la révolution de Juillet. Il reçut, en tant que décoré non blessé et nécessiteux, un secours de vingt-cinq francs, sur les fonds de la Commission de la souscription nationale, à l’occasion du premier anniversaire de la révolution de Juillet. En 1848, il était homme de lettres et déposa un dossier devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février. Il adressa, le 18 mars 1848, la lettre suivante à Collet, membre de cette Commission : « Mon cher Collet. Si je vous fais l’énumération de mes titres à la confiance du gouvernement provisoire, c’est bien moins pour vous, qui les connaissez tous, que pour éclairer la Commission centrale sur mon compte. Combattant de juillet 1830, j’ai signé dans les premiers jours d’août chez le restaurateur Lointier la fameuse protestation républicaine contre l’élection de Louis-Philippe au trône. Depuis et à différentes époques, j’ai été membre de divers comités institués pour secourir les détenus politiques et leurs familles. Dès le début du règne de l’ex-roi, j’ai fait de nombreux efforts pour réunir les éléments hétérogènes de l’opposition de la Chambre des députés, afin de les décider à patronner le Palladium des libertés publiques, journal destiné à combattre l’esprit réactionnaire. En dernier lieu, je devais assister au banquet du (ancien) XIIe arrondissement, comme représentant des décorés de Juillet. Enfin, un fusil du 14e de ligne, resté entre mes mains, atteste que 1848 m’a trouvé sur la brèche comme 1830. Vous savez aussi bien que moi, car nos calamités sont communes, tout ce que m’a coûté la révolution de Juillet. Une seule maison, que vous connaissez, m’a fait perdre successivement jusqu’à quatre-vingt-quatorze mille cinq cents francs. J’aurais sans doute pu rétablir mes affaires sous le ministère Guizot car j’ai été bercé sur les genoux de cet ancien ministre et de Mlle de Melan, sa première femme, mais j’ai toujours préféré la médiocrité, je dirais plutôt la gêne aux faveurs directes ou indirectes d’un pouvoir qui m’était antipathique au-delà de toute expression. Aujourd’hui que le nouveau pouvoir paraît décidé à nous rendre justice, je lui demanderai, comme une juste compensation, la recette de l’octroi d’une des barrières ci-après, Saint-Denis, Saint-Martin, Bercy ou des Bonshommes ; une perception d’arrondissement à Paris. Je ne doute pas que comme organe de nos intérêts à tous, vous ne mettiez le plus grand zèle à faire valoir nos droits. J’ai oublié de vous citer les événements de juin 1832, où l’excellent et brave Guinard m’a tiré des mains de la garde nationale, comme vous vous en rappelez sans doute. Vous savez également qu’en mai 1838 [lire 1839, N.D.A.] j’ai fait doublement mon devoir. » Suivait l’apostille suivante : « Je certifie l’exactitude de tous les faits relatés dans cette note et je suis heureux de le faire en faveur d’un citoyen honorable qi a donné tant de preuves de dévouement à la cause de la liberté. » Signé : Guinard, représentant du peuple, président de la Commission des récompenses nationales. Il fut proposé par la Commission pour être nommé dans la perception ou la direction des postes d’une ville importante (Mouillard pouvait fournir le cautionnement) et pour recevoir le signe honorifique qui devait perpétuer la mémoire de la Révolution de Février mais qui ne fut jamais institué. Il était célibataire en 1848. En 1844, il déposa, avec Augendre, Michel, Alfred, un brevet d’invention de dix ans pour un procédé propre au cuivrage du zinc. En 1845, il déposa un brevet d’invention de quinze ans pour des procédés relatifs au dépôt solide de cuivre sur les métaux. Il était Il demeurait 9, rue Sainte-Appoline en 1830-1831 ; 116, rue du Faubourg-Poissonnière en 1844 ; 2, rue de Paradis-Poissonnière en 1848. Les Barricades immortelles du peuple de Paris, relation historique, militaire, anecdotique des journées des 26, 27, 28 et 29 juillet 1830 et du voyage de Charles X jusqu’à son embarquement, par P. C., Paris, Leroi, 1830, p. 348-354 ; Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Archives de Paris AP VD6 356 n° 5 ; Archives de Paris VD 6 356 n° 6, Etat nominatif des décorés de Juillet qui ont pris part aux gratifications accordées à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet en 1831, 1833, 1834, 1835, 1836 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) VIe arrondissement ; Archives de Paris VD6 360 n° 5, V-VI Renseignements sur diverses victimes des 27, 28 et 29 juillet 1830, tuées ou blessées, V Etat des sommes payées par la Commission des récompenses nationales aux sous-lieutenants et aux décorés non blessés pour l’anniversaire de juillet 1830 du 8 octobre 1830 au 31 août 1831, idem Souscription nationale, secours accordés à l’occasion de l’anniversaire des journées de Juillet aux décorés de la croix ou de la médaille, non blessés et nécessiteux, lettre de M. le préfet du 25 juillet 1831 ; Archives de Paris VK3 42 in dossier Collet, Fortuné ; Archives nationales F/1dIII/35 B, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) VIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) VIe arrondissement ; Archives de la préfecture de police AA 404 ; Bulletin du ministère de l’Agriculture et du Commerce, partie officielle, 1844, Paris, Imprimerie administrative, p. 119 ; Bulletin des lois, tome trente et unième, n° 1253, 9e série, deuxième semestre de 1945, février 1846, p. 941.