Muidebled, Simon, Charles, Prosper
Biographie
Né le 1er thermidor an VI (19 juillet 1798) à Saint-Germain-en-Laye (Yvelines), fils de Muidebled, Nicolas, Charles, marchand de meubles, et de Larrue, Marie, Julie, son épouse. Entré au service dans la 47e légion (Maine-et-Loire), devenue 24e régiment de ligne, comme enrôlé volontaire pour six ans à la mairie de illisible, le 19 septembre 1818, fourrier le 19 septembre 1819, sergent le 15 décembre 1820, sergent-major le 1er janvier 1822, parti par congé de libération en septembre 1824 ; il avait participé à la campagne d’Espagne en 1823. Il épousa, le 9 novembre 1824 à Bayonne (Pyrénées-Atlantiques), Cazaux, Domench, couturière, née le 24 brumaire an V (14 novembre 1796) à Bayonne, fille de Cazaux, Joseph, marin, et de Lalanne, Domench, son épouse, elle-même demeurant 17, rue des Cordeliers à Bayonne avec sa mère. Fabricant d’ornements. Il déposa un dossier devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février, et qui nous donne quelques indications sur sa participation à la révolution de Juillet. Il adressa la lettre suivante [dont l’orthographe et la syntaxe rendent la lecture hasardeuse ; nous avons tenté cependant d’offrir une lecture possible, N.D.A.] : « J’ai l’honneur de vous exposer que, aux mêmes nobles journées de juillet 1830, j’ai combattu et restais, en attendant la décision de la Commission des récompenses nationales, place Royale ; sous la présidence des citoyens président Peret et Bertetot, Charles etc. Je fus appelé par ladite Commission, qui me décerna une mention honorable. Qu’il me soit permis, mes chers concitoyens, de vous mettre sous les yeux une réclamation dont vous aurez à rendre justice malgré l’éloignement des faits et des noms oubliés. Le 26 juillet, j’étais avec mes ouvriers chez M. Rocher, conseiller à la Cour de cassation, quai Malaquais n° 23, au coin de la rue des Saints-Pères. Je vis un attroupement devant le corps de garde. Je descends et parviens à parler au sergent de garde, en lui faisant comprendre sa position. Il accepte mes offres, de me rendre les armes et de lui donner un reçu, et d’évacuer son poste. M. Rocher peut l’attester. Le 27 au matin, je me suis armé de mon sabre d’infanterie et me suis rendu à la place Royale. De la rue Saint-Louis et passant à celle de l’Echarpe, je reçus les applaudissements de tous mes voisins. En passant à la place Royale, devant un peloton de gardes, l’officier s’avance Où allez-vous ? Je lui réponds A la mairie. Et, arrivé à la mairie, je parlementais avec l’officier de marine M. Ziovini Zermann (voir Zerman), qui me fait confier par les citoyens qu’il conduisait, il voulait parler au maire M. Moufle. L’officier se cacha et disparut. Il fut couché en joue, maltraité, alors je promis de le ramener. Je sommais le maire de me dire ce qu’il était devenu. Il me répondit Je n’en sais rien. Je tâte le tapis de la table et lui dit Voici son sabre, son habit. Je cours dans les bureaux et le trouve caché dans un partie du manuscrit brûlée. Je lui dis Vite ! habillez-vous ou vous êtes perdu. Alors les coups de fusils, et un massacre eut lieu. Cinq hommes sont morts dont trois voleurs. Je suis resté avec M. Bouvatier, fils du maire à la garde de la mairie. Si je ne me trompe pas, je me suis rendu à la caserne des Minimes, sur les 11 heures et suis entré seul parler avec le capitaine adjudant-major et lui dis Capitaine, évitez des malheurs. Rendez-vous. J’accepte, me dit-il, mais protégez-nous. A cet effet, je décroche la caisse du tambour de piquet et m’adressant au groupe qui s’est battu je lui dis illisible Je lui fais battre la générale et les citoyens Berlitot illisible, Vallette, Bloquet et bien d’autres de la rue des Minimes viennent maintenir l’ordre. Je m’arme du fusil et fourniment du sergent de garde et distribue les armes aux citoyens. On crie à La Force ; les prisonniers sont en révolte. Je cours et en entrant déjà des coups de fusil avaient été tirés. Je fis prendre un merlin et fit briser les grilles d’une croisée et sautais le premier dans la cour Saint-Charles, où je mis les prisonniers en joue et en criant A moi citoyens ! et le citoyen Herbenet, employé aux octrois, m’accompagna. Je fis former le cercle et haut les armes j’ai fait rentrer les prisonniers dans leur salle. Témoins, les commis du petit Saint-Antoine, dont un seul m’est resté son nom dans la mémoire M. Bernardotte, et aussi M. Bernard, marchand de meubles, et aussi M. Perret, qui est venu avec une patrouille pour assurer de contenir l’ordre. Je suis parti avec quatre citoyens dans les quartiers Saint-Denis, Mauconseil et à la rue Mandar nous avons fait le coup de fusil avec les Suisses, où il en est resté trois sur le pavé, les autres se sont sauvés. Le 28, j’ai arboré à ma porte rue Saint-Louis n° 8 le drapeau tricolore et j’ai organisé, le soir, des postes rue Saint-Louis et les 29 et 30. Je courais, je partais pour aider et servir et je suis resté sept nuits aux divers postes. Un des premiers jours d’août, le citoyen Bertitat, marchand de vins, me fit dire de venir à son aide, que les citoyens du régiment de la Charte étaient rassemblés à la barrière de la Chopinette et allaient venir tuer les gendarmes qui étaient rentrés et étaient sous les armes à la caserne des Minimes. Sur les 11 heures, un des citoyens de la Charte vint et me dit Il va arriver des malheurs aux gendarmes et la caserne sera brûlée. Je cours à l’Hôtel de ville, il était minuit, avec une lettre faite entre nous, voisins, adressée au général Lafayette. Je trouve les grenadiers du 2e bataillon, mes voisins, de garde. On ordonne de les faire partir. On demande l’officier et d’une seule voix les grenadiers s’écrient Muidebled. Commandez-nous vous êtes notre officier. Je reçus cet honneur. Je fis porter les armes au pas de course aux Minimes. Je fis en arrivant former mon poste en bataille et une demi-heure après arrivent les citoyens du régiment de la Charte en criant Mort aux gendarmes ! illisible ouvrir les portes et apprêter les armes et cette bonne illisible épargna des malheurs. Après avoir parlé avec leurs illisible il fut convenu qu’il leur serait délivré de la paille et iraient coucher sous les arceaux de la place Royale, où la nuit se passa calme. Combien d’autres faits dont je ne puis donner des preuves. J’ai publié du 1er au 15 août la théorie de la garde nationale avec un service de place, sous le titre de Théorie de la garde nationale par l’ex-sergent-major Muidebled, instructeur au 24e régiment de ligne. Cette théorie éditée par M. Urbain Canel (il s’agit en fait de Manuel complet du garde national, suivi de l’exercice de l’officier, du sous-officier et du garde national, jusqu’à l’école de peloton inclusivement, paru en 1830 chez Urbain Canel, 200 pages, N.D.A.), tirée à sept éditions. J’était officier à la 2e compagnie du 2e bataillon de la VIIIe légion, quand à la revue du Champ-de-Mars, je fus appelé à former la compagnie de voltigeurs et je fus nommé lieutenant en premier ; ci-joint mon brevet. J’ai été porté deux fois pour la croix mais l’élection a donné le choix à un homme plus riche que moi. J’ai exercé pendant un an deux fois par jour les gardes nationaux au maniement des armes, les écoles de peloton et de bataillon au cordeau par les officiers et sous-officiers. Ce patriotisme m’a perdu mes intérêts et je dus demander à rentrer dans le 24e régiment. A cet effet, les officiers de toujours me signèrent une demande ci-jointe qui atteste si j’étais apte. Enfin, après avoir pétitionné au ministre de la Guerre, on m’envoya en Belgique auprès du général Belliart, qui me fit sous-lieutenant adjudant-major mais l’accueil que nous firent les Belges nous força de quitter. Je revins continuer mon commerce rue Saint-Louis et suis resté officier pendant onze à douze ans. Pour les renseignements, s’adresser aux citoyens de la 2e compagnie de voltigeurs du 2e bataillon de la VIIIe légion et aux illisible Bertetot, marchand de vins, Vallette Casimir, Vicofer, décoré, Alphonse Coan... décoré, Labadie décoré et beaucoup d’autres. J’ai toujours assisté aux illisibles préparatoires sous la présidence du citoyen Recurt illisible mon ami Quantin pharmacien rue Saint-Louis 23 [lire Quentin pharmacien 21, rue Saint-Louis, N.D.A.] 21 et j’ai illisible lutté contre ceux qui nous traitaient de sans-culottes. Enfin illisible par cette maudite aristocratie. Je illisible d’aller chercher le bonheur à l’étranger, où je suis plus heureux mais illisible de ne pas avoir partagé vos dangers mais avec l’espoir de revenir dans ma chère patrie. J’étais aussi au convoi du général Lamarque, où j’ai essuyé le feu des dragons mais le lendemain je fus demandé à l’état-major, où j’ai été maltraité et reçu des reproches comme républicain. » Il était porteur d’un certificat délivré, en date du 24 janvier 1831, par des officiers du 24e régiment d’infanterie de ligne, qui attestait qu’il s’était « conduit d’une manière distinguée, qu’il a toujours par sa bonne conduite et son service mérité l’estime de ses chefs et que nous le connaissons capable de l’avancement qu’il réclame ». Il ne se présenta pas aux convocations de la Commission (il n’est pas dans la liste des insurgés de 48 arrêtés ; il était sans doute en Espagne comme il est inscrit sur son dossier). On trouve dans le Bulletin des lois IXe série, n° 890, tome vingt-quatrième, juillet 1842, p. 139 un brevet d’invention de cinq ans délivré le 27 décembre 1841, à Muidebled, Simon, Charles, Prosper et à Rebulet, Julien, Edouard, tous deux fabricants d’ornements, demeurant a Paris, 8, rue du Foin, au Marais, pour des coulants en porcelaine, propres au tirage des rideaux, et qu’ils nommaient thyrses à coulants. Il était aussi sans doute l’auteur d’un Vademecum du tapissier, deux pages, paru en 1835, chez l’auteur (à consulter). Il demeurait 8, rue Saint-Louis au Marais, mais actuellement à Madrid, en 1830-1848. Archives de la préfecture de police AA 404 ; Relevés d’actes d’état civil et de registres paroissiaux en Pays basque et Béarn, AD64, 5 MI 102/34.