Mullois, Louis, Constant

Biographie


Né à Alençon (Orne). Sous-officier de l’Empire, le 10 juillet 1815, il arracha des flammes le drapeau tricolore que les habitants de Mortagne (Orne) avaient pris à l’hôtel de ville et jeté au milieu d’un bûcher de cinquante fagots. Il se refusa pendant toute la Restauration à répondre à toute espèce de service militaire. En juillet 1830, ancien commis de forges, il fut un des premiers à planter le drapeau tricolore sur la porte Saint-Martin, fit des barricades, creusa des tranchées, participa à des patrouilles, combattit à l’Hôtel de ville et à la prise des Tuileries. En 1831, il était ancien régisseur des forges de fer, père de famille et sollicita, mais trop tardivement, la décoration de Juillet. Il joignait à sa demande deux certificats. Le premier, ainsi rédigé à en-tête de la garde nationale active de la place de Mortagne, département de l’Orne, 14e division militaire : « Nous, commandant de l’arrondissement, certifions à tous à qui il appartiendra que le nommé Louis, Constant Mullois, natif d’Alençon, caporal fourrier (volontaire) au 2e bataillon de l’Orne, est resté avec nous d’après la permission de son commandant en qualité de secrétaire, que je n’ai eu qu’à me louer de son service, que sa conduite est irréprochable et ses mœurs pures. Nous certifions en outre qu’il a arraché des flammes le drapeau tricolore que le habitants de Mortagne avaient pris à l’hôtel de ville et jeté au milieu d’un bûcher de cinquante fagots et qu’il en a apporté le bâton avec lui à Alençon et que ce dernier s’est refusé à prendre tout espèce de service militaire depuis la Restauration des Bourbons. » Signé, le 10 juillet 1815 : chevalier de Beruel. Le second, ainsi rédigé : « Nous, habitants de la ville de Paris, certifions à qui il appartiendra que nous avons bien vu le citoyen Mullois d’Alençon combattre dans les jours mémorables des 27, 28 et 29 juillet dernier pour la défense de la liberté et de l’indépendance. Il fut un des premiers à la plantation du drapeau national de la porte Saint-Martin, il a combattu à l’Hôtel de ville et à la prise des Tuileries, a fait des barricades et des patrouilles pour la défense de la capitale. » Signé, le 30 novembre 1830 : Leger (voir ce nom), limonadier, demeurant 115, rue de Charonne ; Mabille (voir Mabille, Auguste, Pierre), pensionné, demeurant 113, rue de Charonne ; Marcellot (voir Marcellot, Hugues), (« nommé sergent par M. Lefrançois, élève de l’Ecole polytechnique » dans la légalisation de la copie mas n’apparaît pourtant pas dans l’original), demeurant 4, rue Saint-Antoine. Aussi les signatures de : Mabille, Dominique, demeurant 113, rue de Charonne ; Joneaux ; Guerrier, menuisier, demeurant rue de Charonne ; Langlais. Le maire de la ville d’Alençon, en date du 18 juillet 1831, lui délivra un certificat pour attester qu’il était de « bonnes vie et mœurs, que dans plusieurs circonstances il a donné des preuves de son patriotisme et de son attachement au gouvernement constitutionnel, qu’il est père de famille, sans fortune et que sa position est digne d’intérêt ». Il demeurait rue des Tisons à Alençon en 1831. Archives nationales F/1dIII/68.

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