Neuilly, Louis, François, Victor

Biographie


Né le 31 janvier 1787 (mais le 29 janvier 1787 in Archives de Paris VK3 49 selon un certificat du maire et sur internet source geneanet) à Issy (Hauts-de-Seine). Ancien maréchal des logis au 11e bataillon du train d’artillerie, comptant onze années de service et deux blessures, « il fut non seulement désigné pour la croix de la Légion d’honneur mais qu’elle lui fut placée par les mains de S. M. l’Empereur, lors de la revue qui eut lieu au Champ-de-Mai pendant les Cents-Jours. Honoré d’une telle faveur, l’exposant ne prétendit pas à d’autres faveurs et crut que nulle puissance ne pouvait lui arracher une récompense qu’il croit avoir méritée, quand, au changement de gouvernement, il fut arrêté et a subi une détention de quarante et un jours pour avoir persisté à se décorer de cette marque distinctive qui flattait à si juste titre l’amour-propre d’un soldat français, qui avait passé la fleur de sa jeunesse sous les étendards de la patrie ». En juillet 1830, il était débitant de tabac à Vanves et garde champêtre à Issy. Il était porteur de plusieurs certificats. Le premier : « Nous, soussignés, habitants des communes d’Issy, Vanves, Vaugirard et de la ville de Paris, certifions comme témoins oculaires que le sieur Neuilly, garde champêtre de la commune d’Issy et débitant de tabac de celle de Vanves, a, le 29 juillet, fait partie des bons citoyens qui se sont portés à la défense de la ville de Paris, qu’à la tête d’un peloton de vingt-cinq hommes et sous les ordres de M. Vincent (voir Vincent, Pierre, Chéri), commandant, il a déployé la plus grande bravoure partout où il s’est trouvé, encourageant par son exemple les braves qui étaient sous ses ordres, les conduisant où les dangers étaient les plus grands. Enfin, nous attestons, pour l’honneur de la vérité, qu’il est impossible de montrer plus de zèle et de patriotisme pour le soutien de notre indépendance et que le sieur Neuilly a bien mérité de la patrie, d’autant plus qu’il a abandonné son commerce et sa place pour voler au secours de nos libertés. » Signé, à Vanves le 12 novembre 1830 (pour les noms à peu près lisibles) : Huret, Léopold ; Chaire ou Chaize ; Content, adjudant ; Vincent, garde national ; Haulard ; Joly ; Chevalier ; Leblanc, membre de la Légion d’honneur ; Saumattes ; Mary, Jean ; Mignerot ; Guignard ; Levé, demeurant 133, rue de Sèvres ; Pernelle, charcutier, demeurant 121, rue de Sèvres ; Delaplanche, grenadier, marchand de vin, demeurant 88, rue de Sèvres ; Weishaar, demeurant 90, rue de Sèvres ; Jullien, marchand de vin, demeurant 129, rue de Sèvres ; Poulet, épicier, demeurant 92, rue de Sèvres ; Capotier ou Capter, épicier, demeurant 119, rue de Sèvres ; Mergé aînée, propriétaire, demeurant 101, rue de Sèvres ; Defrère ; Gonnan ; Brière ; Maillet, sergent des sapeurs-pompiers de l’arrondissement ; Benoist ; Marq, adjudant sous-officier ; Ador, manufacturier ; Denison, grenadier ; Maussiere, ancien capitaine d’artillerie de marine ; Naudin ; Nicolas, sergent des sapeurs (voir sans doute le même qui signe un certificat pour Couillard, Pierre, Thomas ?) ; Thibault, lieutenant ; Alban, sergent des grenadiers ; Passot (voir Passot, Jean-Marie), ancien officier de l’ancienne armée ; Soulanoi. Le deuxième, signé, le 29 janvier 1831, par le maire de la commune d’Issy : « […] Exerce depuis deux ans dans cette commune les fonctions de garde champêtre, avec une probité et une conduite qui lui ont mérité l’estime de tous les habitants de ce pays. Sa conduite privée, depuis qu’il est rentré dans ses foyers ainsi que depuis qu’il est en fonctions est irréprochable. De plus, son dévouement au roi des Français, son attachement à faire respecter les lois méritent de fixer l’attention du gouvernement sur lui. » Le troisième : « Nous, soussignés, Bétis, ex-soldat au 76e régiment de ligne, demeurant commune d’Issy, et Milet, chevalier de la Légion d’honneur, ex-adjudant sous-officier au 4e régiment d’infanterie légère, certifions que le sieur Neuilly, Louis, François, Victor, ex-maréchal des logis au 11e bataillon du train d’artillerie, était au blocus de la place de Settin, en novembre 1812, et que dans une sortie exécutée par le général Grando, gouverneur de Settin, au mois de mars suivant, ledit sieur Neuilly a fait la prise d’une pièce de canon au village de Ferkenval et est rentré dans la place, la traînant après lui. Cette action, faite en présence du colonel d’artillerie, Berthier s’en fit faire le rapport par le commandant pour être présenté à S. M. l’Empereur. Comme témoins oculaires, pour l’honneur de la vérité et pour rendre hommage à la bravoure de l’auteur, nous attestons le fait ci-dessus, sincère et véritable. » Labillois, Charme, Jean-Baptiste (voir ce nom), qui avait dirigé la colonne dite de Vaugirard qui s’était dirigé sur Paris pour venir en aide aux Parisiens, donnait son nom quand il adressa à la Commission des récompenses nationales « l’état des habitants des communes de Vaugirard, Issy et Vanves, qui d’après les renseignements que j’ai pris n’ont rien sollicité de la Commission des récompenses. Tous ont fait partie de la colonne dite de Vaugirard sous mes ordres. Tous aussi sont établis et considérés dans leurs communes. A ces motifs, joints à leur conduite dans les mémorables journées m’engagent à mettre leurs noms sous les yeux de la Commission, ainsi que vous avez bien voulu m’y inviter […] ». Labillois ajoutait l’observation suivante : « A soulevé le premier les habitants de la commune de Vanves. S’est réuni avec son peloton à la colonne de Vaugirard et a combattu avec la plus grande intrépidité toute la journée du 29 (ancien militaire). » Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIVe arrondissement, sous-préfecture de Sceaux. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la sous-préfecture de Sceaux. Il signa, le 8 septembre 1830, le certificat suivant en faveur de Labillois, Charme, Jean-Baptiste : « Je certifie que la colonne de Vanves s’est jointe à celle de M. Labillois dite de Vaugirard, le 29 juillet et attestons les faits ci-dessus. » En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la sous-préfecture de Sceaux, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Il signa, le 3 juillet 1831, le certificat suivant en faveur de Launay, Pierre, Jacques, quand ce dernier tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants : « Les soussignés, habitant la commune de Vanves, certifient que le nommé Launay, Pierre, Jacques était du nombre des braves qui ont quitté leur foyer pour voler à la défense de la capitale dans les journées mémorables de juillet, qu’il s’y est battu courageusement et avec intrépidité et qu’à différentes reprises il a eu à lutter contre les ennemis de notre liberté, d’où il est sorti glorieusement, qu’il a enfin montré un zèle rare et infatigable. » Il signa, le 7 juillet 1831, le certificat suivant en faveur de Lambert, Joseph, quand ce dernier tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants : « Nous, habitants de la commune de Vanves, certifions que le sieur Lambert, Joseph, tambour de la garde nationale, a, le 29 juillet, battu la générale pour exciter les braves à voler au secours de Paris ; qu’il a fait partie de ceux qui se sont distingués par leur courage à la prise de la caserne Babylone et qu’il n’est rentré qu’après avoir vu fuit les ennemis de la liberté. Nous attestons aussi que ledit Lambert a, le même jour 29, arraché l’emblème de la tyrannie pour y substituer les couleurs nationales malgré les représentations de quelques hommes timides. » Il signa, le 3 juillet 1831, le certificat suivant en faveur de Lami, Pierre, Marie, quand ce dernier tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants : « Nous, soussignés, certifions que le nommé Lami, Pierre, Marie, demeurant et domicilié commune de Vanves, était parmi nous aux affaires de Paris, à l’époque des mémorables journées de Juillet ; qu’il s’est battu avec un courage digne d’exemple et qui mérite tous les éloges, qu’il n’a point quitté son rang et est constamment resté au poste d’honneur, bravant tous les dangers pour assurer notre indépendance nationale et l’affermissement de notre charte constitutionnelle. En foi de quoi, nous avons délivré le présent comme un juste témoignage dû au mérite et à la bravoure dudit Lami. » En 1831, il était garde champêtre. Il mourut le 30 mars 1847, à Vanves ; il était alors marchand de vin et charcutier (source geneanet) ; il avait épousé Tournemine, Reine (1790-1875) (source geneanet). Il demeurait à Vanves en 1830 ; Issy en 1831. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris DM13 1, sous-préfecture de Sceaux, état des sommes payées aux citoyens décorés de la croix ou de la médaille de Juillet, en vertu de la décision du 23 juillet 1831 ; Archives de Paris VK3 47 in dossier Labillois, Charme, Jean-Baptiste ; Archives de Paris VK3 49 ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, (ancien) XIVe arrondissement, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la sous-préfecture de Sceaux ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille, arrondissement de Sceaux ; Archives de la préfecture de police AA 396 in dossiers Lambert, Joseph, Lami, Pierre, Marie ; Archives de la préfecture de police AA 397 in dossier Launay, Pierre, Jacques.

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