Noël, Nicolas, Vincent
Biographie
Né vers 1798 à Troyes (Aube). Ouvrier bonnetier. Il sollicita la Croix de Juillet, le 18 juillet 1831, n’ayant pu le faire à temps, obligé qu’il avait été de rentrer à Troyes pour affaires de famille. Il écrivit dans ces termes au roi : « Le 28 juillet, l’exposant s’empressa de quitter son travail, muni d’un fusil et d’un sabre, il courut se mêler aux braves défenseurs de la liberté. A la tête d’environ cent hommes, il a désarmé quatre-vingts soldats du 50e de ligne à la caserne de l’Ave-Maria et il reçut une balle dans la cuisse droite, ce qui ne l’empêcha pas, malgré la douleur de cette blessure, d’aller combattre à la place de Grève, où il a été présent aux diverses actions qui ont eu lieu pour prendre l’hôtel de ville et a passé la nuit en bivouaquant sur la place de Grève. Avant de se rendre à la grève, il s’est battu dans la rue des Prêtres-Saint-Paul contre un escadron de cuirassiers et avec la petite troupe les a mis en fuite. Le 29, de grand matin, il s’est porté vers le pont Royal où il s’est battu contre les Suisses et gardes royaux qui faisaient feu sur le peuple par les croisées du Louvre. Enfin, en entrant dans ce palais, après les efforts de courage les plus inouïs, il a reçu des Suisses deux coups de crosse de fusil sur la poitrine et tomba comme mort. Il fut ramassé et porté chez un médecin place Baudoyer, n° 2, qui lui fit le premier pansement de ses blessures. Il resta huit jours chez ce médecin philanthrope et patriote et acheva sa guérison chez lui. Lorsqu’il put marcher, il porta un certificat du médecin au bureau du Constitutionnel, où il reçut quarante francs. Ayant alors été forcé d’aller à Troyes, il n’a pu recevoir davantage ni réclamer ni récompense ni décoration nationale. Tous ces faits, où le suppliant a montré le plus grand courage et le plus grand patriotisme, sont attestés par des témoins dignes de toute confiance ainsi que par un certificat du médecin qui l’a traité de ses blessures, dont celle à la cuisse et est encore très apparente. Le suppliant, désintéressé, quoique pauvre ouvrier, ne demande point d’argent pour avoir servi la patrie mais il supplie Votre Majesté de lui faire obtenir la décoration de la Croix de Juillet, seule et digne récompense pour avoir exposé sa vie pour sauver la liberté ; il ose espérer que sa demande sera prise en considération et a l’honneur, etc. » Sa lettre était ainsi apostillée : « Nous, soussignés, propriétaires et principaux locataires patentés, certifions et attestons que les faits exposés ci-contre sont véritables et que nous rendons audit Noël un témoignage de haute estime pour le dévouement et le courage dont il a fait preuve dans les principales affaires de juillet 1830. » Signé : Brice, marchand fruitier, demeurant 167, rue du Faubourg-Saint-Denis ; Droulard illisible ; Lesage, Bruneau, maître maçon, demeurant 165, rue du Faubourg-Saint-Denis ; Roussel, demeurant 171, rue du Faubourg-Saint-Denis. Il est inscrit, sur les listes du Constitutionnel, comme ayant reçu un secours de quarante-cinq francs en septembre 1830. Noël demeurait 5, rue Renaud-Lefèvre en septembre 1830 ; 167, rue du Faubourg-Saint-Denis en 1831. Deuxième état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Archives nationales F/1dIII/69.