Nogaret de Prayssac, Jean

Biographie


Il adressa la lettre suivante au général Fabvier, président de la Commission des récompenses nationales et commandant de la place de Paris : « Mon ami, monsieur le commandant Bilfeldt (voir Bilfeldt, Frédéric, Xavier, Pierre) [qui avait servi en qualité de sous-officier dans sa compagnie, N.D.A.], vous a remis, mon général, une lettre que j’ai eu l’honneur de vous adresser afin que, dans ce grand conflit de demandes, le rapport qu’il pourrait vous faire de moi, vous engageât, mon général, à me protéger auprès de M. le ministre de la Guerre ; mais puisque vous êtes président de la Commission qui doit statuer sur chaque mérite en particulier, je crois me devoir à moi-même de vous expliquer ma position, bien certain qu’un si grand caractère et si hautement connu appréciera mes bons mais trop courts services. Je fus reçu à l’Ecole polytechnique en 1806. M. Biot me passa l’examen. J’avais étudié chez M. Garnier au Gros Caillou. Mon père mourut le même mois ; une maladie grave de ma mère m’appela auprès d’elle ; elle était seule, mes deux frères aînés étant déjà au service. Elle ne voulut plus se séparer de moi. Je perdis ma place à l’école, et, en 1807, cette vie tranquille me déplaisant, je partis, malgré elle, simple soldat dans la garde. J’ai vingt-quatre ans de service. J’ai fait toutes les campagnes depuis Eylau, assisté à seize ou dix-huit batailles. J’ai six blessures et reçu une septième dans la rue de Richelieu le 28 juillet au soir, de glorieuse mémoire. J’ai dix-huit ans de même grade, dix-huit ans d’officier dans la Légion d’honneur et vingt-trois ans de légionnaire. Nommé, mais trop tard, en 1814, chef de bataillon et commandeur de la Légion d’honneur, j’en fus dépouillé successivement par le retour des Bourbons, après avoir porté ces insignes en 1814 et 1815. J’ai servi en 1815, employé à Bayonne sous les ordres de M. le général Touvenot. Je n’ai plus servi depuis. Père de quatre garçons, l’aîné me suivra au service. Ma conduite a été obscure et sans reproche. Sous le règne passé, je n’ai ni n’ai jamais eu de dettes. Agé de quarante-trois ans, dispos et bien portant, voilà mes titres à vos bontés. Dans la pétition, suivie de mes états de services, que j’ai adressée au roi, par l’intermédiaire de M. le ministre et dont la Commission doit être nantie, vous y verrez, mon général, la même demande que j’ai l’honneur de vous faire : rentrer dans mes dépouilles et de l’activité. Je laisse à votre juste impartialité l’appréciation de mes faibles services et de quelque façon qu’ils soient accueillis, vous n’en serez pas moins etc. » Dans un autre courrier, il se dit « propre au service actif, à la comptabilité et à l’organisation des corps et doué d’une forte santé » et demandait « le grade de lieutenant-colonel et de commandeur de la Légion d’honneur, insignes que j’ai eus en 1814 et 1815 et dont la Restauration m’a dépouillés deux fois ». Son dossier est annoté de l’observation suivante : « M. de Nogaret pourra être recommandé à M. le ministre de la Guerre mais il paraît singulier à la Commission que cet officier supérieur se réclame du commandant Bilefeldt (sic) pour faire connaître ses services. » Il demeurait 6, bd Monceau, puis 12, bd Monceau, barrière de Clichy en 1830. Archives de Paris VK3 50.

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