Nogué, Clément
Biographie
Né le 31 mars 1804 à Pau (Pyrénées-Atlantiques). Menuisier. Souffrant de plusieurs blessures graves, marié et père d’un enfant, il reçut un secours de quatre-vingt-dix francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Il reçut, après la révolution, un total de deux cent vingt francs de secours auprès de la mairie du (ancien) Ve arrondissement. Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) Ve arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) Ve arrondissement. Il fut admis dans la catégorie des blessés de la 1re classe auprès de la mairie du (ancien) Ve arrondissement et reçut, à ce titre, une indemnité définitive de trois cents francs versée sur un an. Il reçut, à titre de blessé de la 1re classe, une indemnité définitive de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. Il déposa un dossier devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février, et qui nous donne quelques indications biographiques supplémentaires. Il adressa en effet, le 18 mars 1848, la lettre suivante à cette dernière Commission : « Nogué, Clément, décoré de Juillet, né à Pau (Basses-Pyrénées), a l’honneur de soumettre à votre comité les détails suivants. Le 28 juillet 1830, à l’attaque de la porte Saint-Denis, il reçut cinq blessures et plus tard au convoi du général Lamarque, le 5 juin, une autre à l’arme blanche par le 8e léger, sur la place de la Bastille, après avoir entré le premier dans l’atelier d’armes de Groscœur et avoir distribué les armes qui s’y trouvaient à tous les citoyens qui se présentèrent. Après cette circonstance, le hasard me fit connaître les citoyens Desjardin, Vignerte et Lebon, membres du comité des Droits de l’homme. Je les vis pour la première fois à Pantin. Je m’offris de former les sections de la banlieue, qui de ce moment se formèrent comme par enchantement. Avec plusieurs de mes camarades, nous nous réunîmes chez le citoyen Longepied dans la rue Saint-Laurent à Belleville. A cette époque, le citoyen Longepied revenait de son expatriation. Plus tard, quand notre section fut en nombre, elle fut doublée, le citoyen Longepied fut nommé commissaire d’arrondissement et Lamieussens président de notre section. Avec le citoyen Lamieussens, nous propageâmes rapidement les sections dont j’étais quinturion, donc par conséquent chargé de la propagande et des renseignements, à Belleville, à Ménilmontant, au Pré-Saint-Gervais, Pantin, La Villette, Saint-Denis et Clichy-la-Garenne, et dans toutes circonstances elles marchèrent, chaque fois qu’elles en reçurent l’ordre du comité. Je travaillais à cette époque à la fabrication des armes. Un jour, de permanence à Paris, je mis à la disposition de notre section dix fusils, que j’avais transportés de Belleville à Paris. Enfin, j’ai toujours fait partie de la Société jusqu’à sa dissolution. Mes principes démocratiques furent cause que je ne trouvais plus à travailler et j’eus à essuyer bien des vexations, soit des habitants de la commune de Belleville soit de la police en venant faire des perquisitions chez moi. Enfin, j’ai concouru, aux journées de Février, à l’établissement de la république, où je faisais partie de la première colonne qui se forma sur la place du Carrousel après avoir désarmé les postes des chasseurs à cheval à côté de l’état-major de la garde nationale. Notre colonne n’était à peu près que de deux cent à deux cent cinquante. Lors de notre entrée dans la cour du château, l’artillerie, cuirassiers, dragons, infanterie étaient rangés en bataille dans ladite cour. Tambour en tête, nous avançâmes fièrement, bien décidés à nous emparer du château, de vive force ; mais ils évacuèrent la cour, en défilant devant nous par le guichet donnant sur le quai. Les premiers, nous prîmes possession du château. En traversant les grandes salles, du côté du pavillon de Flore, presque à l’extrémité, nous trouvâmes un détachement de quarante ou cinquante gardes municipaux qui y étaient embusqués ; ces hommes nous rendirent les armes sans résistance et en enfilant toute cette enfilade de galeries au milieu d’une population armée nous eûmes mille peines à leur sauver la vie. » Sa lettre était apostillée ainsi, le 18 mars 1848, par Longepied, « ancien secrétaire de la Société des amis du peuple 1832 », demeurant 8, rue du Petit-Carreau : « Je, soussigné, certifie que les faits énoncés ci-dessus par le citoyen Noguet (sic) dont de la plus grande exactitude ; qu’il s’est constamment montré dévoué aux principes démocratiques et à travaillé avec zèle à leur propagation. » Nogué était en mars 1848 sans travail depuis deux mois et demi. Il fut proposé par la Commission pour une place de concierge ou de garde du parc au château de Pau et pour recevoir le signe honorifique qui devait perpétuer la mémoire de la Révolution de Février mais qui ne fut jamais institué. Il était marié et père de quatre enfants en 1848. Il reçut un secours de cinquante francs en 1849 et en 1850, un secours de soixante francs en 1851 et en 1852, à titre de médaillé de Juillet. Il demeurait 5 bis, rue des Récollets en septembre 1830 ; 5, rue des Récollets en 1831 in Archives nationales F/1dIII/39 et à Belleville sur les listes de la Commission des récompenses nationales in Archives nationales F/1dIII/35 B ; 16 ou 36, rue Basse-Saint-Pierre à Chaillot en 1848 ; 21, rue de Chaillot en 1850-1852. Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la Ire classe du Ve arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 74 ; Archives de Paris VD6 334, liste des médaillés de Juillet du (ancien) Ve arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/35 B, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux combattants blessés ou non blessés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) Ve arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) Ve arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) Ve arrondissement, blessés de 1re classe ; Archives de la préfecture de police AA 369, Avis du prochain ordonnancement d’une somme de 10.545 francs pour être répartie entre 210 décorés, combattants et veuves de Juillet 1830, domiciliés dans le département de la Seine, ladite somme imputable sur le budget du ministère de l’Intérieur, exercice 1849, minute 44 et minute 47, idem Etat nominatif des décorés, blessés, combattants de Juillet 1830 et des veuves de décorés ou combattants qui ont formé des demandes de secours et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, minute 74, idem rapport du 3 septembre 1850, Allocation de secours s’élevant ensemble à 12.610 francs à 218 décorés ou blessés de juillet, 25 veuves de décorés et 1 ascendant de blessé de Juillet, minutes 129-134, idem Proposition, en date du 6 septembre 1851, d’accorder à 286 décorés, médaillés, blessés, combattants, ascendants et veuves de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à la somme de 15.600 francs, ladite somme imputable sur le chapitre 26 du budget de l’Intérieur, exercice 1851, minutes 194-199, idem Proposition d’accorder à 91 décorés et veuves de blessés de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à 4.970 francs minutes 243-246, en date du 20 novembre 1852 ; Archives de la préfecture de police AA 405.