Nouillier, Claude

Biographie


Né vers 1794. Ancien militaire, ayant huit années de service, établi maçon et portier 9, rue du Colisée. Il s’arma d’un fusil participa à la prise de la caserne de la rue Verte, à la prise des écuries d’Artois dans le faubourg du Roule et combattit sur les Champs-Elysées avec Lavalette. Sur les Champs-Elysées et au coin des rues Montaigne et du Colisée, il se trouvait à distribuer des cartouches aux bourgeois qui combattaient comme lui. Les circonstances de sa mort furent controversées. Soit, le 29 juillet vers 14 heures, alors qu’il regagnait son domicile, il fut atteint par un coup de feu tiré depuis les rangs de la garde royale qui, battant en retraite, quittait l’avenue de Marigny ; le coup l’atteignant à la gorge, le renversa par terre et le tua immédiatement. Soit, selon un rapport du commissaire de police du quartier des Champs-Elysées, il fut assassiné dans les circonstances suivantes : « Nouillier était ancien militaire, il avait servi huit ans, il exerçait l’état de maçon, il jouissait d’une assez bonne réputation. Dès qu’il eut connaissance des mouvements qui avaient lieu dans Paris, il se rendit vers les lieux et il n’a cessé de combattre pendant les trois journées. Le 29 juillet, il rentra chez lui à 4 heures, couvert de sueur et de poussière. Il s’apprêtait à changer de vêtements, lorsqu’il fut atteint dans sa loge d’un coup de feu, qui le tua sur-le-champ. Celui qui a commis ce crime n’est nullement connu, on ne sait qui il est ; cependant on a appris qu’il demeure à Chaillot, qu’il est maçon ou manœuvre. J’espère avoir incessamment son nom et sa demeure. On ne conçoit pas ce qui a pu déterminer cet homme à commettre cette action, puisqu’il n’en résultait rien d’avantageux pour lui. Est-ce la suite d’une haine particulière ? Ou bien des difficultés survenues entre eux pendant les journées, car il est constant qu’ils ont toujours marché ensemble. Ce qui est certain c’est que Nouillier a été tué chez lui dans sa loge ; qu’il l’a été par un individu qui n’est pas encore connu et qui ne faisait pas partie de l’ex-garde royale comme on le dit et que cette mort ne peut être attribuée qu’à quelque querelle de cabaret. » Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) Ier arrondissement. Le 13 avril 1831, devant le juge de paix du (ancien) Ier arrondissement, comparurent : Pihan, né vers 1785, entrepreneur de peintures, demeurant 12, rue de Ponthieu ; Rachinel, Charles, Louis, né vers 1797, marchand épicier, demeurant 22, rue du Faubourg-Saint-Honoré ; Lefevre, Jean-François, né vers 1786, poêlier-fumiste, demeurant 117, rue du Faubourg-Saint-Honoré. Ils attestèrent avoir parfaitement connu Nouillier, Claude « et savoir qu’en rentrant chez lui vers les 2 heures de l’après-midi le 29 juillet dernier, il a été atteint d’une balle dans la tête, qui l’a renversé sur le pavé et qui a causé sa mort à l’instant même ; qu’ils l’ont vu dans cet état et qu’ils savent qu’il a été tué par l’ex-garde royale qui battait en retraite en quittant l’avenue de Marigny ». « Nous, soussignés, certifions que le sieur Claude Nouillier, ancien militaire, portier dans la maison rue du Colisée n° 9, a pris les armes pour la défense de ses concitoyens, la cause de l’ordre et de la liberté pendant les journées des 28 et 29 juillet et qu’il fut tué en rentrant chez lui le 29 par un coup de feu reçu à la gorge au moment de la retraite de la garde royale. Nous attestons en outre que le sieur Nouillier a coopéré activement à la prise de la caserne de la rue Verte et à la prise des écuries d’Artois, faubourg du Roule. » Signé, le 7 mai 1831 : Lefevre ; Pihan, propriétaire ; Thiret ; Lavalette (voir ce nom), qui ajoutait : « J’atteste l’avoir vu avec moi, combattant dans les Champs-Elysées, combattant les gardes royaux. » Prissette (voir Prissette, Charles), chasseur de la garde nationale, qui ajoutait : « J’atteste l’avoir vu à la caserne de la rue Verte et au coin de la rue du Colisée, armé et combattant. » De Lau..., officier de la Ire légion de la garde nationale, qui ajoutait : « Je, soussigné, certifie avoir vu à plusieurs reprises le sieur Nouillier, armé d’un fusil et distribuant des cartouches à des bourgeois qui combattaient comme lui, le 29 juillet dans les Champs-Elysées et au coin des rues Montaigne et du Colisée. » Lag..., chasseur de la garde nationale, qui ajoutait : « Je certifie avoir vu le sieur Nouillier coopérant à la prise de la caserne de la rue Verte le 29 juillet. » Siry (voir Siry, Jean-Baptiste), médecin, qui ajoutait : « Je certifie avoir vu M. Nouillier combattant la garde royale dans les Champs-Elysées et avoir été appelé le 29 juillet pour constater sa mort, occasionnée par un coup de feu qui l’avait frappé à la gorge. » Jouy, « chargé par le maire du (ancien) Ier arrondissement de distribuer des secours aux blessés », demeurant 414, rue du Faubourg-Saint-Honoré, qui ajoutait : « Je certifie avoir vu combattre le sieur Claude Nouillier le 29 juillet avec un courage digne d’éloge et donner des ordres à quelques hommes qui paraissaient l’avoir élu pour les commander, rue Verte et au bout de celle Marigny. » Il laissait une veuve, Testard, Victoire, née le 1er avril 1781 à Pommeuse (Seine-et-Marne), fille de Testard, Jean-Baptiste, vigneron et sabotier, et de Lefort, Marguerite, Françoise, dont une note de la mairie disait qu’elle était « vieille et très pauvre » et qui reçut (sous le nom de veuve Nouillère, P., C.) un secours de deux cent cinquante francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel, un secours de vingt francs le 27 août (mais un secours de vingt francs le 31 juillet, un secours de trente francs le 16 août [ces deux premiers secours sont aussi in Archives de Paris VD6 121 n° 2, liasse 3 ; le secours du 31 juillet est aussi in Archives de Paris VD6 121 n° 2, mairie du (ancien) 1er arrondissement, liasse 4], un secours de cent francs le 28 août, un secours de cinquante francs le 15 septembre, un secours de vingt-cinq francs le 27 septembre in Archives de Paris VK3 28 un récapitulatif alphabétique des secours donnés aux combattants avec indication précise des dates) auprès de la mairie du (ancien) Ier arrondissement, sans doute plusieurs autres pour un total de deux cent soixante-quinze francs, qui fut pensionnée de cinq cents francs et à qui fut accordée par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes de soixante-quinze francs. Nouillier demeurait 9, rue du Colisée, en 1830 ; sa veuve, même adresse en 1831 (comme Cuizan veuve Gallois donc ?). Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Liste n° 4, des veuves de victimes de Juillet, pensionnées annuellement de cinq cents francs, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Veuves de victimes de Juillet, qui ont obtenu une pension annuelle et viagère de cinq cents francs, Le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du Ier arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 93 ; Archives de Paris VD6 92, idem une feuille volante, idem liste des veuves, compte établi du 1er août 1830 au 31 août 1831, idem Etat nominatif des sommes payées depuis le 1er septembre jusqu’au 31 octobre 1831 aux veuves des victimes de Juillet, idem Etat des secours accordés pour les mois de septembre et octobre 1831 aux blessés, veuves, orphelins, ascendants sur le fonds de 3 000 francs mis à la disposition de M. le maire du (ancien) Ier arrondissement le 31 août 1831, idem Bordereau des sommes payées à titre de secours pendant le mois d’août aux veuves, aux blessés et aux orphelins de Juillet domiciliés sur le (ancien) Ier arrondissement sur le fond de 5 000 francs mis à la disposition de M. le maire du (ancien) Ier arrondissement le 29 juin 1831, idem Bordereau des sommes payées à titre de secours pendant le mois de juillet aux veuves, aux blessés et aux orphelins de Juillet domiciliés sur le (ancien) Ier arrondissement sur le fond de 4 500 francs mis à la disposition de M. le maire du (ancien) Ier arrondissement le 11 juin 1831, idem Etat nominatif des paiements faits à la mairie du (ancien) Ier arrondissement aux ascendants, veuves, blessés, orphelins, sous-lieutenants depuis le 1er juin jusqu’au 31 août 1831 ; Archives de Paris VD6 121 n° 2, liasse 1, (ancien) Ier arrondissement, état des morts et des blessés dans les journées de juillet 1830 (liste des tués et morts à la suite de blessures) (on retrouve une liste similaire aussi dans Archives de Paris VD6 121 n° 2 liasse 4, état des individus domiciliés dans le [ancien] Ier arrondissement tués ou morts des suites de blessures), idem liasse 3, état des sommes données aux blessés (non soldés), idem liasse 4 une liste de deux pages en date du 31 juillet 1830 et signée Laroche, idem liasse 7, veuves ; Archives de Paris VK3 18, Bordereau nominatif des ascendants, veuves, orphelins et blessés qui ont reçu à la mairie dudit arrondissement sur les fonds de la Commission de la souscription nationale, le paiement du semestre de rente 5% échu le 22 septembre 1831 ; Archives de Paris VK3 26, (ancien) Ier arrondissement de Paris, état des habitants qui ont été blessés dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, état des personnes domiciliés dans le premier arrondissement tuées ou mortes des suites de blessure (sous le nom de Noulier), état des habitants du (ancien) Ier arrondissement qui ont été blessés dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830 (sous le nom de veuve Noutier) ; Archives de Paris VK3 28 un récapitulatif alphabétique des secours donnés aux combattants avec indication précise des dates, idem même référence un registre de pensionnés (veuves) ; Archives de Paris VK3 56 ; Archives nationales F/1dIII/34, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux veuves pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831, par la mairie du (ancien) Ier arrondissement à partir du 1er août 1830 ; Archives nationales F/1dIII/38 B, Commission des récompenses nationales, état des veuves des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet (dossier de cinq états et 260 veuves) ; Archives nationales F/1dIII/69 ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) Ier arrondissement, veuves.

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