Nourrit, Adolphe fils
Biographie
Né le 3 mars 1802 à Montpellier (Hérault), fils de Nourrit, Louis (voir ce nom). Chanteur lyrique. « Toutes les classes de la société ont rivalisé de zèle et de courage pour la défense des intérêts nationaux. La classe des comédiens n’a pas été la dernière dans ce noble élan. Aujourd’hui partout on les aperçoit dans les rangs de la gare nationale. Parmi ceux qui se sont le plus distingués, on nous a désigné MM. Nourrit père et fils, et Paul de l’Opéra ; Boulard et Belnie de l’Opéra-Comique, et Astruc des Variétés. Madame Astruc et plusieurs autres actrices ont été constamment occupées à faire de la charpie pour les défenseurs de nos libertés, blessés dans les différentes attaques. » On peut lire, dans les Souvenirs d’Alexandre Dumas, le témoignage suivant qu’il laisse sur Nourrit : « Je portais une grande amitié à Nourrit, et, de son côté, Nourrit m’aimait beaucoup. C’était non seulement un artiste éminent que Nourrit, mais encore un charmant homme ; il n’avait qu’un défaut : lorsque vous lui faisiez compliment sur son jeu ou sur sa voix, il vous écoutait mélancoliquement, et vous répondait en vous posant la main sur l’épaule : – Ah ! mon ami, je n’étais pas né pour être un chanteur ou un comédien ! – Bon ! et pourquoi donc étiez-vous né ? J’étais né pour monter, non pas sur un théâtre, mais dans une chaire. – Dans une chaire ? – Oui. – Et que diable auriez-vpus fait dans une chaire ? – J’eusse dirigé l’humanité dans le sentier du progrès… Oh ! vous me jugez mal ; vous ne me connaissez pas sous ma véritable face. Pauvre Nourrit ! il avait bien tort de vouloir être ou paraître autre chose que ce qu’il était : il était si charmant comme artiste ! si digne, si noble, si aimant comme homme privé ! Il avait pris la révolution de 1830 au plus grand sérieux, et, pendant trois mois, il avait paru, tous les deux jours, sur le théâtre de l’Opéra, en garde national, chantant la Marseillaise, un drapeau à la main. » Révolution mémorable des journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, Cousin d’Avalon, Paris, Stahl, imprimeur-libraire, quai des Augustins, n° 9, p. 52 ; Histoire de la révolution de 1830 et des nouvelles barricades, par F. Rossignol et J. Pharaon, Paris, chez Vimont, Levavasseur et Urbain-Canel, 1830, Nom des personnes qui se sont distinguées dans les mémorables journées p. 275 ; Souvenirs de 1830 à 1842, Alexandre Dumas, Paris, chez Cadot, 1854, p. 149-150.