Opigez, Edouard
Biographie
Né le 19 octobre 1809 à Amiens (Somme). Ancien négociant en 1848, il déposa un dossier devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février, et qui nous donne quelques indications sur sa participation à la révolution de Juillet. Il adressa, en effet, la lettre suivante à cette Commission : « J’avais vingt ans, je combattis en juillet 1830 mais pour la république. Vous savez ce qu’il advint. Trahis dans nos espérances, les bons patriotes attendaient impatiemment quand le convoi du général Lamarque nous rappela aux armes et aux barricades. J’étais avec mon ami le brave Kersausie, cependant je ne puis le suivre à Saint-Merri, mais à la suite de cette malheureuse affaire, je le cachais chez moi, rue Notre-Dame-de-Recouvrance n° 19, où, pendant deux ans, je pus le soustraire aux recherches des limiers de police et où il a pu sans crainte se voir condamner à mort par contumace. J’ai été attaché comme aide de camp au comité de la Société des droits de l’homme, où déjà comme chef de section j’avais pu rendre quelques services. Vous comprendrez, citoyens, qu’il est toujours fort difficile de donner une appréciation de ses faits et gestes ; la modestie souvent ou l’amour-propre retient. En avril 1834, nous étions en permanence à nos poste désignés quand nos projets furent déjoués par l’arrestation de plusieurs de nos chefs. Mai 1839 me trouve aux barricades Montorgueil comme 1848 au Palais-Royal mais cette dernière fois en garde national. Voilà citoyens mes titres. J’ai compromis au service de mes opinions la position et la fortune de ma famille, j’espère en vous pour utiliser mon dévouement et ma capacité afin de m’aider à soutenir femme, enfants et belle-mère, qui n’ont que moi. » Il joignait à sa demande le certificat suivant : « Les soussignés déclarent avoir vu le citoyen Edouard Ogipez, le 24 février dernier, combattant pour la cause de la liberté, rue Saint-Honoré et au château d’eau. » Signé, le 19 juin 1848 : Fourrier illisible, décoré de Juillet, demeurant 5, rue Saint-Etienne ; Brousse, J.-B., grenadier au 4e bataillon de la IIe légion, demeurant 84, rue de Richelieu ; Ybert, grenadier, demeurant 80, rue de Richelieu ; Debbelet illisible, sous-lieutenant à la 8e compagnie du 4e bataillon de la IIe légion. Ogipez fut recommandé à l’unanimité par la Commission pour une place de percepteur en province ou un emploi dans le service actif du chemin de fer et proposé pour recevoir le signe honorifique qui devait perpétuer la mémoire de la Révolution de Février mais qui ne fut jamais institué. Il était marié et père d’un enfant en 1848. Il demeurait 19, rue Notre-Dame-de-Recouvrance en 1832 ; 3, rue Neuve-Saint-Eustache puis 14, rue de la Pompe à Passy en 1848. Archives de la préfecture de police AA 405. Sans doute parent avec Opigez, Pierre, Joseph ?