Opigez, Pierre, Joseph
Biographie
Né le 16 décembre 1802 à Amiens (Somme). Commerçant (mais journaliste in Archives nationales F/1dIII/39 et homme de lettres in Archives nationales F/1dIII/34). Il adressa la lettre suivante à la Commission des récompenses nationales : « Comme tout bon Français, son cœur s’est indigné des criminelles ordonnances du 26 juillet et il combattit pour la liberté. Le 27 au matin, avec quelques personnes, il travaillait à élever des barricades rue Saint-Honoré et ensuite sur des boulevards, en face même de la garde royale. Le 28, il fut assez heureux pour arborer le premier le drapeau national sur le Théâtre des variétés, il était seulement accompagné du sieur Catelin (voir Catelin, Etienne, Adolphe ?) : là, il rallia une centaine d’individus qui le nommèrent leur chef ; ils se dirigèrent vers la Bourse, où le plus grand désordre existait. Grâce au bon esprit de sa troupe, la tranquillité se rétablit. Il se porta à l’Hôtel de ville, où le combat était si meurtrier ; après en avoir été maître, il fallut l’abandonner et céder au nombre. Ils se retirèrent derrière les parapets et tinrent toute la nuit contre les Suisses qui occupaient la Grève. La nuit, ils les chassèrent et reprirent une position qu’ils ne cédèrent plus qu’au gouvernement provisoire, qui s’y installa définitivement. Dans la journée du 29, on le vit à la caserne Poissonnière avec le colonel Braut (voir sans doute Bro, Louis ?), aux Petits-Pères, au Théâtre-Français et enfin à la prise des Tuileries. La même nuit du 29, il commandait le poste de la porte Montmartre et conduisit les malles postes pour sortir des barricades. Le 30, il fut chargé avec l’élève de l’Ecole polytechnique Goy (voir Goy, Joseph) de se porter sur les Invalides. Ils avaient été précédés par le colonel Fabvier, qui lui remit ses dépêches pour l’état-major du général en chef. Le 31, le général Lafayette le chargea avec M. Ad. Black, d’aller afficher et lire des proclamations aux soldats de la garde royale occupant le pont de Saint-Cloud. Plus tard, ils les repoussèrent à la tête de quelques centaines d’hommes et s’emparèrent du château. La mission la plus difficile commença alors ; la foule se répandait par torrents dans les galeries et appartements du château. Elle voulait user du droit du vainqueur et déjà on pillait. C’est à ses efforts et à ceux de M. Black que l’on doit la conservation intacte de ce magnifique domaine. L’inventaire de l’argenterie fut dressé et envoyé par ses soins au général en chef, et son autorité ne cessa que quelques heures après, quand M. le major Devillers (illisible) vint prendre le commandement provisoire du château. Il resta cependant attaché à l’état-major jusqu’au 12 août, sous les ordres du colonel Parchappe (voir Parchappe, Charles, Jean-Baptiste). Depuis il a été employé à l’Hôtel de ville dans plusieurs missions importantes et c’est le 16 seulement qu’il rentra dans la vie privée. Il lui est difficile, messieurs, de donner des détails plus circonstanciés sur ce qu’il a fait. MM. les élèves de l’Ecole polytechnique Goy, Martha (voir ce nom), Lefrançois (voir ce nom), Brognart et Bergeret l’ont vu avec eux, ils pourraient témoigner. Il se recommande à vous, Messieurs, pour obtenir protection et justice. Il désire servir civilement un gouvernement qui lui est cher et trouver un appui dans celui qu’il a défendu. » Lafayette apostilla ainsi la demande : « Je certifie avoir confié diverses missions au pétitionnaire. » Plus tard, il sollicita la décoration et précisa ses préférences d’emploi : dans la maison civile du roi ou une inspection dans le département de la Seine, ou une place de commis d’ordre. Il joignait plusieurs certificats à sa demande. Les quatre premiers signés de Zimmer, colonel, chef d’état-major : « M. Opigez nous a remis une missive du colonel Fabvier, annonçant la reddition de l’Hôtel des Invalides. » Signé, le 30 juillet 1830. « Ordre. M. Opigez, lieutenant d’état-major, se rendra à la barrière de La Villette, à celle Saint-Martin et où il jugera convenable, à l’effet de prendre des renseignements sur ce qui s’y passe et m’en rendre compte immédiatement. Les autorités civiles et militaires sont invitées à lui prêter main forte ; cet officier est également mis à leur disposition dans le cas où elles réclameraient des dispositions d’urgence. » « M. les lieutenants Black et Opigez se rendront à Boulogne pour prendre le commandement des hommes qui sont postés près le pont de Saint-Cloud. » Signé, le 30 juillet 1830. « Le sieur Opigez est chargé de faire afficher et lire la proclamation du général Lafayette aux troupes et habitants de Saint-Cloud. » Signé, le 31 juillet 1830. Le cinquième : « Moi, major Devilleneuve, je déclare avoir trouvé, occupant le château de Saint-Cloud, MM. Black et Opigez. Ils venaient de le prendre aux gardes royaux. Ils m’ont parfaitement secondé dans la mission pénible qu’ils avaient reçue, ainsi que moi, du gouvernement provisoire. » Signé, le 12 août 1830 : major Devilleneuve. Le sixième : « Monsieur, je n’ai point oublié que vous étiez, avec le titre d’officier d’état-major, présent au château de Saint-Cloud le 31 juillet dernier, lorsque je suis venu en prendre le gouvernement provisoire. C’est un devoir pour moi de certifier que pendant cette journée et les suivantes vous avez, concurremment avec MM. les élèves de l’Ecole polytechnique, puissamment contribué au maintien de l’ordre. Vous étant par suite trouvé sous les ordres du colonel Parchappe, envoyé par l’état-major général pour l’organisation de la garde nationale dans les communes adjacentes, c’est à lui seul qu’il appartiendra de certifier votre conduite jusqu’au 12 août, époque à laquelle vous avez quitté Saint-Cloud. » Signé, le 20 septembre 1830 : Maréchal, inspecteur général des divers services de l’ancienne liste civile. Le septième : « Les soussignés déclarent avoir vu pendant les mémorables journées des 27, 28, 29, 30 et 31 juillet, le sieur Opigez, commandant des corps improvisés de gardes nationales et se porter à leur tête dans les endroits les plus dangereux pour conquérir la liberté. Il a bien mérité de la patrie. » Signé, le 12 août 1830 : Bacheville (voir Bacheville, Barthélemy), demeurant à Belleville ; Black, Ad., officier d’ordonnance, demeurant 24 bis, rue Montholon ; Barbey, attaché à l’état-major, demeurant 8, rue de l’Echiquier ; Willemant, A., demeurant 55, rue Rochechouart ; Lauveney ou Lauvenoy illisible, artiste ; Carnin, ex-sous-lieutenant ; Bigé, C., demeurant 8, barrière Poissonnière ; Delarue, Théodule, imprimeur, demeurant rue Notre-Dame-des-Victoires ; Barrois, J., aide de camp à l’état-major ; Chassagne, T., demeurant rue de la Harpe ; Lureau, Eugène, demeurant rue Neuve-Saint-Augustin ; Mirès, Ad., gouverneur provisoire du Louvre, demeurant 12, passage Saulnier ; Tasles de Saint-Léger, chevalier, demeurant à Belleville ; Ozou de Monfron, C., ex-officier, demeurant 24, rue Neuve-Saint-Augustin ; Molesini (voir Molesini, Sautel, Valentin ?), ex-sous-officier, demeurant 19, rue Lévêque ; Mammer illisible, étudiant en droit, demeurant rue de la Harpe. Le septième : « Certifie que M. J. Opigez s’est rendu à Saint-Cloud le 31 juillet, par ordre du général Lafayette à l’effet de prendre possession du château et de le protéger ; qu’il a rempli sa mission avec zèle et courage et qu’il a contribué pour beaucoup à la conservation de cette belle résidence. » Signé le 3 septembre 1830 : Fournel, maire de Saint-Cloud. Il joignait aussi cette lettre adressée à Black et à lui-même par Parchappe (voir Parchappe, Charles, Jean-Baptiste) : « Mes jeunes compagnons d’armes, c’est avec le plus vif regret que je vous quitte, mais, appelé au commandement du 15e régiment d’infanterie légère, le devoir m’impose l’obligation de m’y rendre sur-le-champ. Je remets provisoirement le commandement au capitaine Fouchaux et je vous prie d’accepter les éloges que je donne ici au zèle, à la capacité, à l’ardeur que vous avez mis constamment à me seconder dans les différents missions qui m’ont été confiées pendant les glorieuses circonstances qui viennent d’immortaliser la France. » Signé, le 12 août 1830. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IIe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IIe arrondissement. En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut (sous le nom d’Opiget, Joseph), auprès de la mairie du (ancien) IIe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Il demeurait 14, rue du Helder en 1830-1831 c’est bien l’adresse qu’il inscrit dans son courrier mais donc par erreur 6, rue Neuve-Saint-Augustin en 1831 in Archives nationales F/1dIII/34. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VD6 173 n° 1 ; Archives nationales F/1dIII/33 dossier indemnités et récompenses, envoi du 13 novembre 1830 du ministre de l’Intérieur à la Commission des récompenses nationales ; Archives nationales F/1dIII/34, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) IIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) IIe arrondissement. Consulter internet : AN MC/ET/XLI/958 Inventaire après décès : Gaffet, (Amable-Reine) Madeleine. Opigez, Pierre-Joseph (veuve). Négociant (ancien). Marais-du-Temple (rue des), n° 14 ; Pierre Joseph Opigez (fils), homme de lettres, rue de Richelieu, n° 93, est présent. Sources complémentaires : Mariage de Pauline, Marie, Stéphanie Opigez demeurant chez son père, ancien négociant, 19, rue Notre-Dame-de-Recouvrance le 21 novembre 1832, consentement à mariage (brevet) le 21 juin 1833, RE/XLIV/17.