Oriol, Laurent

Biographie


Ayant été obligé de quitter Paris pour Lyon sitôt après la révolution, il ne put faire aucune démarche et ne fut pas compris dans les listes de décorés. En 1831, conscient que la Commission avait terminé ses travaux, il entreprit de solliciter auprès du roi l’obtention de cette décoration. Il rappelait ainsi sa participation aux journées de Juillet : « Le 28 juillet 1830, je descendais la rue du Faubourg-Poissonnière, armé de mon fusil de garde national de 1814. Je n’avais que du gros plomb et pas de poudre. J’aperçois plusieurs personnes armées de pistolets et de sabres. Je leur demande de la poudre. Trois d’entre eux s’approchent de moi et, n’en ayant eux-mêmes que très peu, ils me donnent seulement de quoi charger mon fusil trois fois. Alors nous descendons. Arrivés sur le boulevard nous voyons la garde royale qui tirait momentanément quelques coups de fusil. Au même instant, un des trois avec lesquels j’étais tombe à mes pieds, blessé d’une balle au sein gauche. Nous nous plaçons contre une porte cochère n° 1 du faubourg et là nous voyons se diriger la troupe sur la porte Saint-Denis. Une compagnie seulement reste en observation avec un officier. De l’endroit où j’étais, je saisis l’instant où l’officier se trouve bien à découvert, je lui tire mon coup de fusil et les deux personnes avec lesquelles j’étais resté – l’un s’appelant Barbier (voir Barbier, Louis, Vinard, Nicolas) maître parqueteur demeurant rue Saint-Lazare n° 126 et l’autre Poindrel (voir ce nom) maître lampiste demeurant même rue Saint-Lazare n° 126 bis – me disent Il est tombé. Je leur réponds Je l’ai bien vu. Nous restons dans cette position environ un quart d’heure. Nous attendons que les bourgeois qui chargeaient la troupe passassent vis-à-vis de nous. Alors nous nous mêlons avec la foule et nous fûmes repoussés par leurs feux de peloton. N’ayant plus de munition, je remonte le faubourg Poissonnière et, à la barrière, je fais rencontre d’un nommé Poulain, architecte, que je connaissais. Je lui dis Si vous aviez de la poudre à me donner, je suis bien disposé à retourner me battre sur le boulevard. Il me conduisit chez monsieur le maire, parce qu’il croyait qu’il y en avait. Nous y trouvâmes beaucoup de monde qui venait pour la même cause mais il n’y avait rien. On nous fit rester pour établir un corps de garde pour tâcher d’empêcher les troupes de venir s’emparer de Montmartre si elle en avait l’intention. Nous y sommes restés pendant trois jours, pendant lesquels nous avons fait le service et de fréquentes patrouilles. » Sa lettre était apostillée par Barbier, qui attestait « la vérité des faits qui sont dans cette lettre, comme témoin oculaire » ; par Legros (voir Legros, Pierre, Hippolyte), demeurant 11, rue Saint-Sauveur, qui donnait la même attestation que Barbier ; par Chaillat, L., maréchal de camp, qui précisait : « Je certifie que M. Oriol a combattu dans les mémorables journées de Juillet, que tous les faits énoncés dans sa demande sont de toute vérité. Je certifie en outre que c’est un très brave homme, bon patriote, qui a toujours mérité l’estime publique (l’apostille est signée du 25 novembre 1830...). » Par Barginet, de Grenoble (voir Barginet, Alexandre), qui précisait (l’apostille est signée à Montmartre en date du 3 octobre 1830...) : « Le commandant du second bataillon de Montmartre atteste la vérité des faits contenus dans cette note, connaissant parfaitement les opinions patriotiques de M. Oriol. J’atteste en outre que depuis le 29 juillet jusqu’au 2 août il a fait partie du poste placé sous mes ordres au village d’Orsel et qu’il a, nuit et jour, déployé le zèle le plus louables dans les moments difficiles où l’on craignait que l’ennemi ne se portât sur les hauteurs de cette commune. » De la même manière, il déposa un dossier à la Commission des Réclamants ([ancien] IIe arrondissement), sise 10, rue Bourg-Labbé puis 6, rue Dalayrac. Il fournit à cette Commission la copie des mêmes courriers et certificats que ceux qu’il avait fournis à la Commission des récompenses nationales. Il retira les pièces qu’il avait confiées à la Commission, le 19 juillet ...(manque l’année). Il était garde national à la 1re compagnie de grenadiers du 6e bataillon de la IIe légion. Oriol demeurait place du Théâtre-des-Elèves (sur la couverture de son dossier à la Commission des réclamants ; c’est pas la place du Tertre plutôt ?) en juillet 1830 ; 18, rue de Breda, maison de M. Robbès en 1831. Archives nationales F/1dIII/69 (sous le seul nom d’Oriol) ; Archives de la préfecture de police AA 405.

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