Panouillot, Jean-François

Biographie


Né vers 1791 à Grandbois (Jura). Maréchal des logis dans l’artillerie de la garde pendant huit ans, totalisant seize années de service, rentré dans la vie civile en 1825. Il adressa à la Commission des récompenses nationales le récapitulatif suivant de la conduite qu’il avait tenue pendant les trois journées de Juillet : « Le 27, rue de la Tabletterie à 4 heures. Rue Saint-Honoré à 5 heures. Le 28, quai de l’Archevêché jusqu’à 7 heures du soir. Le 29, rue Saint-Antoine à 5 heures du matin, idem rue de la Tabletterie à 6 heures, où je pris des armes chez un de mes beaux-frères. Au Louvre de 8 heures à 1 heure l’après-midi. Nommé chef d’un fort peloton de bourgeois à 3 heures, que je conduisis aux barricades de Saint-Jacques et à toutes celles qui conduisent jusqu’aux Deux-Moulins, les faisant toutes fermer par les employés de l’octroi. Découverte d’une certaine quantité de poudre à la barrière des Deux-Moulins, que des hommes des environs avaient cachée. Distribution d’une livre de cette même poudre à chaque homme de mon détachement. Formation de mon poste dans la rue de la Clef, au coin de celle d’Orléans, dans la maison de M. Magny, où nous fîmes un service régulier pendant trois jours et trois nuits. Avis à la mairie, dans la soirée, de la poudre que j’avais découverte. Envoi du nommé Royer, caporal de mon poste pour accompagner les hommes de la mairie jusqu’où était cette poudre. Licenciement de ma troupe le 1er août à 2 heures de l’après-midi. A Rambouillet le 2 depuis 11 heures du matin jusqu’au lendemain vers le midi. » Il sollicita un grade dans l’armée ou dans la garde municipale. Il est répertorié (sous le numéro 935) dans la liste des demandes concernant le ministère de la Guerre (sous-lieutenant) posées auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement, après la révolution. Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Le registre des délibérations du jury de la Commission des récompenses nationales, en date du 17 janvier 1831, contient les indications suivantes sur sa participation aux combats : « Le 27, a fait partie des rassemblements de la rue Saint-Honoré. Le 28, de midi à 7 heures au quai de la Cité. Le 29 au Louvre à 8 heures du matin, jusqu’à la prise du Louvre, n’est pas entré des premiers. A 4 heures, prit le commandement d’un peloton d’environ vingt hommes à la rue d’Orléans-Saint-Marcel, fut à Sainte-Pélagie, aux barrières pour s’opposer à l’arrivée des troupes royales. Sur l’avis de la révolte des prisonniers de Sainte-Pélagie, y retourna à la tête de son peloton et trouva le calme rétabli. Il monta la garde aux environs avec son peloton. Rambouillet, sans armes. N’a pas vu de barricades aux environs de Saint-Germain-l’Auxerrois. Raconte les faits de travers. » Le jury de la Commission des récompenses nationales, chargé d’examiner les droits de chacun à une récompense, se prononça, dans sa séance du 17 janvier 1831, à aucune voix pour la croix, aucune voix pour la médaille, quatre voix pour une mention et quatre voix pour rien. Son nom est sur une liste alphabétique du (ancien) XIIe arrondissement de blessés qui comparurent devant le jury médical. Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants ([ancien] XIIe arrondissement), sise 10, rue Bourg-Labbé puis 6, rue Dalayrac, afin d’obtenir la Croix de Juillet et une sous-lieutenance dans le train d’artillerie. Dans une lettre adressée par la Commission des réclamations de Juillet, présidée par Benard de Courtigis (voir ce nom) et établie 10, rue Neuve-Bourg-Labbé, au ministre de l’Intérieur et président du Conseil, son cas était cité en exemple comme quelqu’un dont les droits avaient été méconnus, précisant ainsi sa participation aux combats et les preuves qui avaient été fournies : « Panouillot, Jean-François est porteur de plusieurs certificats attestant qu’il s’est battu dans les trois journées de Juillet, notamment à la Grève le 28 et le 29 à la barrière des Deux-Moulins : les renseignements que nous avons pris les confirment. Nous avons sous les yeux une pétition au ministre de la Guerre et apostillée par M. le général Fabvier, président de la Commission des récompenses nationales, MM. Lavocat, Truelle, Payen, Crosnier, Audry de Puyraveau, membres, ainsi conçue : “M. Panouillet (sic) est l’un de ceux qui se sont distingués dans les journées de Juillet et, à ce titre, il mérite l’attention du gouvernement. Les soussignés, membres de la Commission, croient devoir en conséquence appuyer sa demande.” Signé : Lavocat, Truelle, Payen. “Déjà, à plusieurs reprises, M. Panouillot a été proposé par la Commission pour des emplois tant civils que militaires. N’ayant pas reçu de décision à cet égard, nous réitérons nos recommandations avec instances pour le porter à une sous-lieutenance dans le train des équipages ou celui d’artillerie.” Signé : Fabvier, Crosnier, Audry de Puyraveau. Lettre du général Fabvier : “Ce n’est qu’à la pointe de l’épée que nous arrachons des nominations. Cela nous vaut, à moi surtout, quelques bonnes grimaces. On m’en a fait au sujet de Panouillet (sic). Dans ce moment je cherche à le faire entrer dans les équipages militaires et aurai l’honneur de vous dire quel succès aura ma démarche.” N’a rien obtenu. » Garçon au théâtre Molière, il fut arrêté avec Collot et Bonneau et compromis dans le complot de la rue des Prouvaires. Détenu à la Conciergerie, il pria la Commission des Réclamants, le 15 février 1832, de lui faire parvenir les pièces qu’il avait déposées, afin de préparer sa défense et de justifier ses opinions auprès du procureur. Il fut acquitté à l’issue du procès. Ses pièces ayant été retirées de la Commission des Réclamants, reste seule cette information (mais qui reprend l’appréciation déjà citée plus haut) : « […] Du reste ses droits sont reconnus par les membres de l’ancienne Commission et l’on remarquera sans surprise que cinq membres qui reconnaissent ses droits ne lui ont pas rendu la justice qu’il réclamait en sa faveur. » Il était indiqué sur les fiches de la Commission des Réclamants comme étant dans une position sociale médiocre. Il demeurait 14, rue du Pot-de-Fer au 1er étage en 1830. Archives de Paris VD6 639 n° 5, liste générale alphabétique (cité trois fois dont la deuxième sous le numéro 935, la troisième sous le numéro 1198) ; Archives de Paris VD6 682 n° 3, liste des demandes concernant le ministère de la Guerre ; Archives de Paris VK3 33 Commission des récompenses nationales, mairie du (ancien) XIIe arrondissement, le 17 janvier 1831, jury pour l’examen des demandes de récompenses honorifiques, idem états nominatifs et listes de noms soumis à la Commission des récompenses nationales (1830-1831) (XIIe arrondissement ancien), en date du 17 janvier 1831 ; Archives de Paris VK3 34, liste de 829 noms, accompagnés d’observations sur les exploits des impétrants ; Archives de Paris VK3 50 ; Archives nationales F/1dIII/82 Commission des réclamations de Juillet, extrait de quelques dossiers pris sur le travail général de la Commission des réclamations ; Archives de la préfecture de police AA 406 ; Cour dassises de la Seine, Conspiration dite de la rue des Prouvaires, 2 février 1832, Paris, 1832, chez Ledentu.

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