Parageau, Perrine, femme Martin

Biographie


Née vers 1763. Tricoteuse. Elle fut blessée d’un coup de feu au talon, qui lui fractura le talon et la laissa estropiée. Nous empruntons à l’ouvrage Nantes en 1830 et les journées de Juillet de Giraud-Mangin, la relation des circonstances probables dans lesquelles elle fut blessée : « Mais, l’après-midi [du 30 juillet], le tumulte reprend de plus belle : 600 mauvais fusils de traite ont été enlevés chez l’armurier Chesnard ; des bandes en armes commencent à parcourir les rues, en vociférant. Une troupe d’environ 150 hommes se dirige vers le château, trouve le pont-levis fermé, la grille solidement assujettie, et se rendant compte de l’inutilité de la tentative, reflue en partie vers la place Louis XVI. Deux hommes dévoués, M. Bosset, propriétaire, et M. Kitchen-Vic, commis-négociant, les avait précédés, dans l’espoir d’être reçus par le général Despinois et d’obtenir de lui, en mesure d’apaisement, la libération immédiate des détenus. Il est entre 5 et 6 heures du soir. Au même moment, arrive par la rue de l’Evêché et la rue Chauvin un autre groupe de manifestants en armes, dont l’intention est aussi d’entamer des pourparlers avec le général. Ils crient, sans doute, mais ils pensent si peu à une collision avec les soldats que beaucoup ont mis leurs chapeaux au bout des baïonnettes. En tout ils sont là 150 à 160. Sur la place, 120 hommes du 10e léger sont rangés devant l’hôtel de la division, où sont réunis les autorités, le préfet, le maire, le général Despinois ; la gendarmerie montée, des carabiniers, des fantassins sont massés en réserve au fond de la place, dans la cour de la caserne de la Visitation. En quelques minutes le drame se joue. Un coup de fusil part, on ne sait d’où, vraisemblablement par mégarde. La fusillade devient générale. Dix manifestants sont tués ou mortellement atteints : Chauvet, commis-négociant ; Dolbeau, marinier ; Lasnier, épicier ; Pottin, relieur ; Racineux, tisserand ; Réseau, cordonnier ; Rigaud, commis quincaillier ; Camin, docteur-médecin, qui décède le 7 août ; Pierre, Samuel Voruz, fondeur, meurt le 19 août ; Robert, ouvrier raffineur, le 22 août. Tous jeunes gens de 17 à 36 ans. A ces victimes, il faut ajouter 39 blessés, dont 8 resteront estropiés pour la vie. Deux femmes furent atteintes par ricochets : la veuve Pavageau (sic), tricoteuse, 67 ans, blessée d’un coup de feu au talon, et la femme Deberge, journalière, blessée à la joue, sur le pas de sa porte, à l’entrée de la rue Saint-Clément. » Elle ne se présenta pas devant la Commission afin de faire valoir ses droits à une récompense nationale. Elle avait sollicité son admission à l’hospice du Sanitat. Considérant qu’elle était sans famille et n’avait d’autre charge qu’elle-même, la Commission des récompenses nationales de la ville de Nantes la fit admettre à l’hospice des vieillards. Elle demeurait 2, port Communeau à Nantes en 1830. Archives nationales F/1dIII/80, Loire-Inférieure, Travail de la commission d’enquête pour les récompenses nationales à décerner aux victimes des événements de juillet 1830 et à ceux qui y ont pris part ; Nantes en 1830 et les journées de Juillet, Giraud-Mangin, in Revue d’histoire moderne et contemporaine, année 1931, p. 463.

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