Pascon, Jean, Auguste
Biographie
Né le 25 septembre 1808 (le 25 septembre 1806 in Archives de Paris VD6 3 et surtout in Archives nationales F/1dIII/39) à Brioude (Haute-Loire). Etudiant en droit, ex-sous officier au 65e régiment de ligne. Les journaux de l’époque relatèrent ainsi sa participation aux combats de Juillet : « Parmi les traits d’héroïsme qui chaque jour parviennent à notre connaissance, nous signalons celui d’un étudiant en droit, M. Auguste Pascon. Ce jeune brave, à la prise de la caserne des Suisses de la rue de Babylone, au moment où ses camarades, effrayés par les premières fusillades, commençaient à se disperser, est monté sur une batterie où il est resté tout le temps de l’attaque à les exciter par son courageux exemple et ses paroles, quoique atteint de deux coups de feu ; il a été remarqué, quelques instants plus tard, à la prise des Tuileries. » Le Constitutionnel du 12 août 1830 ajoutait qu’il avait été atteint de deux coups de feu (une à la tête et l’autre sous l’œil gauche, dans son dossier). Le 4 octobre 1830, il adressait la lettre suivante au général Fabvier: « Je viens faire un appel à votre justice et à votre patriotisme, bien certain qu’il sera entendu par votre âme généreuse. Veuillez me permettre quelques détails, ils seront courts. Quelques jours après les glorieux événements de Juillet, mon nom ayant reçu dans les journaux une mention honorable, pour parer aux calomnies et démontrer que les diverses insertions n’étaient point mon fait, je me vis obligé d’obtenir des certificats dont la date fut postérieure, constatant ma conduite et mes blessures par ceux-là mêmes qui les avaient pansées ou les avaient vues, médecin, pharmacien, professeur au Collège Louis-le-Grand, chapelier, gardes nationaux… C’est dans cet état de choses que, pour me donner une existence honorable autant que conforme à mes goûts et à mon caractère, j’ai demandé à la Commission une récompense une sous-lieutenance. J’aurais dû ajouter que le fait seul de ma conduite dans les trois journées m’avait fait abandonner de mon oncle, qui me refuse aujourd’hui les moyens de terminer mon droit et m’oblige à devenir soldat. Mais sans continuer plus longtemps ces inutiles moyens, je vous rappellerai que la Commission a rejeté ma demande. J’ignore sur quels motifs. M. Lavocat m’a déclaré qu’aucun fait n’avait été articulé contre moi et qu’il n’avait été fait qu’un rejet pur et simple et non motivé. Dans cette position, général, j’ai l’honneur de vous demander deux choses, je vous demande justice, en un mot. Je demande à établir par une enquête qui déposera devant des membres de la Commission et sous la foi du serment, que ce qui est contenu dans mes certificats est conforme à la vérité. Outre les témoins signataires de mes certificats, je ferai entendre un élève de l’Ecole polytechnique, M. Charras (voir Charras, Jean-Baptiste, Adolphe), qui m’a vu blessé à Babylone et m’a reconduit de là aux Tuileries, ainsi que plusieurs autres témoins. Si après avoir acquis la conviction que j’ai affronté tous les dangers, il s’élève une autre question, celle de savoir si je suis digne de la récompense que je demande, je désire que cette question soit agitée. Ma position m’impose la nécessité de ne point renoncer à une récompense que j’ai gagnée et que j’aurais pu payer de ma vie. Justice me sera faite ou le roi le saura. Je n’ai plus d’existence possible conforme à mon éducation, c’est à mon dévouement que je le dois, mon dévouement ne doit pas être méconnu. Le gouvernement ne voudrait point me faire essuyer une ingratitude de cette nature. Mon général, je vous demande appui. Je suis peut-être coupable de quelques étourderies mais je ne mérite point un pareil châtiment. Si je suis mis à l’oubli, j’irai m’offrir à Mina (général opposé au roi d’Espagne Ferdinand VII, N.D.A.) et prouver que je sais me présenter aux dangers. » Il joignait à sa lettre le certificat suivant : « Nous, soussignés, certifions que le sieur Auguste Pascon, étudiant en droit, était à notre tête à la prise du poste de la place Maubert, d’où il nous a conduits, au nombre de quarante, sur les tours Notre-Dame, y arborer le premier drapeau tricolore, dont il s’est imposé la garde, pendant tout le temps que les boulets de l’Hôtel de ville y ont été dirigés. Il a, de là, distribué dans diverses églises, pour aller y sonner les cloches, ceux d’entre nous qui n’avaient point d’armes à feu. » Signé, le 24 août 1830 : Pelegri… illisible ; Denolle ; Javois illisible ; Schablette illisible. Et cet autre certificat : « Paris, le 5 août 1830. Les soussignés déclarent et attestent par ces présentes qu’il est à leur connaissance que le sieur Auguste Pascon, étudiant en droit, a reçu deux blessures dans la journée du 29 juillet à l’attaque de la caserne des Suisses de la rue Babylone. On a remarqué près d’une heure ce jeune citoyen, monté sur une batterie, le visage ensanglanté, excitant par son exemple et ses paroles tous ses jeunes camarades à redoubler d’ardeur et de courage. Sa belle conduite mérite récompense. » Signé : Allemanx, professeur au collège Louis-le-Grand ; Lefèbvre, coiffeur et garde national ; Vignaux, pharmacien ; Guisard, médecin ; Mallitte, confiseur et garde national ; Lyon…, sergent-major de la garde nationale. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) Ier arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) Ier arrondissement. Il fut nommé sous-officier, sur proposition de la Commission des récompenses nationales et affecté comme maréchal des logis au 1er escadron du 4e régiment (par erreur 6e régiment in Archives de Paris VD6 3 et deux fois in Archives nationales F/1dIII/33) de hussards à Vendôme. En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, en tant que décoré, auprès de la mairie du (ancien) Ier arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Sa médaille et son brevet furent envoyés le 10 novembre 1831 au préfet de la Seine pour les lui faire parvenir. Il demeurait 2, place Cambrai en 1830 ; 10, rue Valois-Batave en 1831. Le Temps, 6 août 1830 ; Le Constitutionnel du 12 août 1830 ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des médaillés de Juillet ; Archives de Paris VD6 91 ; Archives de Paris VD6 92 son dossier individuel, et aussi même cote Mairie du (ancien) Ier arrondissement, Bordereau des croix, médailles, brevets et mandats de vingt-cinq francs transmis le 10 novembre 1831 à M. le préfet de la Seine, idem Bordereau supplémentaire des sommes payées aux décorés de Juillet, non blessés, pour l’indemnité qui leur a été accordée à l’occasion de l’anniversaire des trois jours, par décision de la Commission des récompenses nationales en date du 23 juillet 1831 et de la lettre de M. le préfet de la Seine du 22 août dernier ; Archives de Paris VK3 24, département de la Seine, (ancien) Ier arrondissement, contrôle nominatif des citoyens décorés de la médaille de Juillet ; Archives nationales F/1dIII/33, Commission des récompenses nationales, liste générale de présentation et de nomination de sous-officiers et aussi Commission des récompenses nationales, deuxième état de sous-officiers ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) Ier arrondissement.