Passenaud dit l’Enfant rouge, Antoine
Biographie
Né le 16 octobre 1792 à Chaudes-Aigues (Cantal). Charbonnier. Il fut tué d’un coup de feu reçu dans le ventre, le 28 juillet rue du Faubourg-Saint-Antoine au coin de la rue de Charonne. Le Constitutionnel du 14 août 1830 relatait ainsi son décès : « Le nommé Passenaud, dit l’Enfant-Rouge, charbonnier et ancien militaire blessé à Leipzig, a été tué mercredi 28 juillet, en combattant contre les troupes royales. Il laisse une veuve avec deux enfants, dont l’un est âgé de deux ans et l’autre de quatre mois. La veuve Passenaud demeure rue de Charonne, n° 14. » Il fut enterré au cimetière du Père-Lachaise. Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement. Le 3 mars 1831, devant le juge de paix du (ancien) VIIIe arrondissement, comparurent : Pinel, Pierre, Louis, Marie, marchand épicier, demeurant 14, rue de Charonne ; Mercier, Louis, Julien, ébéniste, demeurant 14, rue de Charonne ; Paillard, Alexandre, menuisier, demeurant 14, rue de Charonne. Ils attestèrent savoir que Passenaud, Antoine « a été tué d’un coup de feu qu’il a reçu au ventre le 28 juillet 1830, rue du Faubourg-Saint-Antoine au coin de la rue de Charonne ». Il laissait des parents âgés, Passenaud, Jean (parfois comme dans une copie de l’acte de mariage de Passenaud, Antoine, Passenaud, François), né le 3 août 1762 à Chaudes-Aigues, tisserand, et Passenaud, Jeanne, née le 10 décembre 1755 (fille « naturelle et légitime » sic de Vigouroux, Jean et de Pouget, Marie, son épouse sic) à Sarrus ou Sarras (Cantal). En date du 11 mars 1831, le maire de Chaudes-Aigues leur délivra un certificat attestant qu’ils avaient « toujours été de bonnes vie et mœurs, qu’ils ont élevé un grand nombre d’enfants, qui ont entièrement épuisé leur modique fortune et qu’ils se trouvent aujourd’hui réduits à la mendicité. Leur position et l’état d’infirmité où ils se trouvent méritent la bienveillance du gouvernement ». Ils furent pensionnés de trois cents francs et il leur fut accordée par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Les parents s’étaient mariés le 15 juin 1779 à Sarras (Cantal) ; sur l’acte de mariage, Passenaud, Jean est indiqué comme fils de Passenaud, Antoine et de Gastat, Antoinette ; Passenaud, Jeanne est indiquée comme fille de Passenaud, Jean (sic), laboureur, et de Pouget, Marie. Il laissait une veuve, Ralite, Marie, Jeanne, née le 28 vendémiaire an VII à Sainte-Eulalie (Cantal), qu’il avait épousée le 9 janvier 1828 à Paris, qui reçut un secours de deux cent cinquante francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel, un secours de vingt francs le 2 août 1830, un secours de trente francs le 24 août 1830, un secours de quarante francs le 11 septembre 1830, un secours de quarante francs le 22 septembre 1830, un secours de trente francs le 27 septembre 1830, un secours de quarante francs le 9 octobre 1830, un secours de cinquante-cinq francs le 15 octobre 1830, un secours de cent cinquante francs le 27 octobre 1830, un secours de quarante francs le 5 janvier 1831, un secours de cinquante francs le 4 février 1831, un secours de cinquante francs le 4 mars 1831, un secours de cinquante francs le 2 avril 1831 auprès de la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement. Elle fut pensionnée et il lui fut accordée par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Il laissait deux enfants, François, Marie, né le 12 avril 1828, et Julie, Antoinette, née le 17 avril 1830, qui furent aussi pensionnés et à qui fut aussi accordé par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Le conseil de famille des orphelins était composé de la mère et de Passenaud, Jean, Antoine, charbonnier, subrogé-tuteur, demeurant 70, rue du Faubourg-Saint-Antoine en 1831. Julie, Antoinette était destinée à l’état de couturière. François, Marie reçut trois cents francs pour ses frais de trousseau en 1835 ; en 1835, il était élève dans la pension de Laurent Duchesne à Belleville ; en 1836, il était élève externe dans une pension (peut-être toujours la même). Julie, Antoinette reçut la même somme pour les mêmes raisons en 1837 ; en 1838, elle était élève dans la pension de Mme Ribes. La veuve se remaria à Delépine, marchand charcutier à Nogent-sur-Seine (Aube). Le 24 juillet 1840, les restes de Passenaud (sous le nom de Passenot dans le procès-verbal d’exhumation in Archives de la préfecture de police AA 420) furent exhumés du terrain situé au cimetière du Père-Lachaise, où ils avaient été placés, puis renfermés avec ceux de quatre-vingt-sept autres victimes dans quatre sarcophages, afin d’être transférés dans le caveau prévu à cet effet sous la colonne de Juillet, construite place de la Bastille, pour honorer la mémoire de tous ceux qui moururent en combattant pour les libertés publiques. Passenaud demeurait 14, rue de Charonne, au rez-de-chaussée ; sa veuve, même adresse en 1831 (mais 46, rue de Lappe in Archives de Paris VD3 1-2) ; rue du Lion-d’Or à Nogent-sur-Seine, en 1837 ; ses parents, à Chaudes-Aigues en 1830-1831. Le nom de Passenaud (A. Passenaud) est inscrit sur la colonne de Juillet, place de la Bastille, et sur les tables du Panthéon. Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Liste n° 4, des veuves de victimes de Juillet, pensionnées annuellement de cinq cents francs, Liste n° 5, des orphelins de Juillet, ou considérés comme tels, pensionnés de deux cent cinquante francs jusqu’à l’âge de sept ans puis élevés aux frais de l’Etat jusqu’à dix-huit ans, Liste n° 6, des ascendants de victimes de Juillet pensionnés, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Veuves de victimes de Juillet, qui ont obtenu une pension annuelle et viagère de cinq cents francs, Orphelins de Juillet, ou considérés comme tels, pensionnés de deux cent cinquante francs jusqu’à l’âge de sept ans puis élevés aux frais de l’Etat jusqu’à dix-huit ans, Ascendants de citoyens qui ont succombé pendant ou à la suite des trois journées et qui ont obtenu une pension, Le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 108 pour les parents et les enfants ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des veuves, des orphelins et des ascendants auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du VIIIe arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 104-105 ; Archives de Paris DM13 1, préfecture de la Seine, tableau des décès qui ont eu lieu pendant les mois de juillet, août et septembre 1830, (ancien) VIIIe arrondissement ; Archives de Paris VD3 1-2, (ancien) VIIIe arrondissement (1830-1849), cahier contenant les noms de personnes tuées, idem paiements faits aux victimes de Juillet sur les fonds de la Souscription nationale (liste de veuves), idem paiements faits aux victimes de Juillet sur les fonds de la Souscription nationale (liste d’orphelins), idem paiements faits aux victimes de Juillet sur les fonds de la Souscription nationale (liste d’ascendants) ; Archives de Paris VD 4 13 pièce 3671, Etat, par arrondissement et par âge, des orphelins et orphelines de Juillet, Etat général des tuteurs et subrogés-tuteurs des orphelins et orphelines de Juillet ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux veuves pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831, par la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 et état des sommes payées aux orphelins pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre comprenant les arrérages à partir du 1er août 1831 ; Archives nationales F/1dIII/38 B, orphelines du (ancien) VIIIe arrondissement, orphelins du (ancien) VIIIe arrondissement, Commission des récompenses nationales, état des veuves des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet (dossier de cinq états et 260 veuves) et Commission des récompenses nationales, Ascendants des citoyens tués dans les journées de Juillet (35 ascendants) ; Archives nationales F/1dIII/40 (année 1838 VIIIe arrondissement ; année 1839 VIIIe arrondissement) ; Archives nationales F/1dIII/51 in dossier Couturier ; Archives nationales F/1dIII/70 ; Archives nationales F/1dIII/74 in dossier Rousselet ; Archives nationales F/1dIII/82, Comité des pensions, liste de présence, liste des orphelins aussi état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet, aussi liste des victimes de Juillet 1830, colonne de Juillet et aussi liste générale des citoyens morts dans les journées de juillet 1830, en combattant pour les libertés publiques et dont les noms sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet et aussi Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) VIIIe arrondissement, veuves, orphelins et ascendants ; Archives nationales F/15/2557-2559 dossier (ancien) VIIIe arrondissement et aussi un état officiel des orphelins (ancien VIIIe arrondissement) et aussi même référence, un cahier intitulé Noms des tuteurs et subrogés-tuteurs des orphelins pensionnés ; Bulletin des lois, IXe série, tome 21, n° 746, Paris, imprimerie royale, février 1841, p. 86, liste générale des citoyens morts ou blessés mortellement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, en combattant pour la défense des lois et des libertés publiques, les noms de ces citoyens sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (et aussi Archives de Paris D1K1 138, qui contient les mêmes informations puisqu’il s’agit de ce même numéro du Bulletin des lois) ; Colonne de Juillet, liste officielle et par ordre alphabétique des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de juillet 1830, Paris, chez Vve Demoraine et Boucquin, 1841 ; Archives de la préfecture de police AA 420.